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Une autre Europe est-elle possible ?

Publié le 15 juin 2008 par Micheljanva

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15 juin 2008

Une autre Europe est-elle possible ?

De Bruno Larebière dans Le Choc du Mois :

"Il faut en finir avec un mythe, tenace, un contresens, une approche erronée qui fausse toutes les analyses sur cette construction européenne : l'Union européenne, telle qu'elle a été conçue et telle qu'elle fonctionne, n'est pas fédérale, elle est jacobine. Elle est centralisatrice, elle est uniformisatrice. Elle reproduit, à l'échelle européenne, le comportement qui n'a cessé d'être celui de l'Etat-nation en France. C'est peut-être ça le pire : cette Europe est française. Elle est française, modèle 1789 et siècles suivants, dans son obstination à éradiquer tout ce qui est particularisme. Elle est française dans son approche de la notion d'égalité. Elle l'est aussi dans la remise, résignée, défaitiste et pour tout dire lâche, du pouvoir décisionnel aux technocrates et aux bureaucrates, une spécificité de notre pays [...]

Un demi-siècle après la signature du traité de Rome, cette Europe-là a pris tellement de mauvaises habitudes qu'elle n'est plus réformable. Alors en refonder une autre ? Oui, car il existe une civilisation européenne, dont l'organisation politique est seule à même de permettre aux peuples européens de conserver leur identité et de faire bloc face au rouleau compresseur de la mondialisation. Oui, car nous vivons dans un monde qui s'apprête à être multipolaire, et qu'apparaît l'impérieuse nécessité de bâtir une Europe-puissance. Oui, mais en s'inspirant du modèle impérial et en s'engageant dans une voie fédérale, soit l'exact opposé du chemin pris par la construction européenne depuis cinquante ans, fonctionnant réellement selon le principe de subsidiarité, souvent évoqué, jamais appliqué, lequel préserverait les autonomies nationales et les particularismes locaux. Il ne s'agit en aucun cas de créer une " nation européenne ", mais une Europe unissant les peuples qui la composent dans le respect de leurs identités et des histoires nationales, avec non seulement le droit mais le devoir, pour chacun, de prendre les décisions qui feraient de cet ensemble non pas une masse uniformisée, mais un corps vivant et diversifié, uni face au reste du monde dans une communauté de destin."

Posté le 15 juin 2008 à 15h34 par Michel Janva | Catégorie(s): Europe : politique

Commentaires

Notre famille de pensée, si tant est qu'on puisse attribuer un dénominateur commun à ceux qui lisent le Salon Beige, s'est toujours méfiée de l'Europe (telle qu'elle se construit) en ce qu'elle privait les Etats de leur souveraineté.

Ainsi, il y a quelques années, c'était l'aspect fédéraliste de l'Union qui effrayait.
Selon l'article cité, c'est maintenant ses caractéristiques jacobines. Les deux visions ne sont pas forcément opposées : Une fédération partage le pouvoir entre les Etats et le pouvoir fédéral au profit majoritairement de ce dernier.

Je me demande si l'article du Choc du Mois ne devrait pas plutôt faire appel au mot Confédération, entité politique qui laisse la souveraineté aux Etats exclusivement en délégant certaines compétences à des organes communs.

Le seule confédération répondant à cette définition est actuellement la CEI.

Rédigé par : Benoît HUSSON | 15 juin 2008 16:18:44

On ne peut mieux dire.

Rédigé par : Jean | 15 juin 2008 16:28:30

Le centralisme n'est pas forcément négatif. Le centralisme a été amorcé dès l'Ancien Régime avant même la Révolution française.
Mais le centralisme n'a lieu d'être qu'au niveau d'une Nation. Pas à l'égard de plusieurs nations, pas au niveau de Bruxelles.

[Le centralisme est mauvais dès qu'il s'oppose au principe de subsidiarité. MJ]

Rédigé par : Pol | 15 juin 2008 17:07:29

Pour une Europe unie ? OUI, c'est possible!
Mais en s'inspirant de la Suisse, cette Confédération qui regroupe 26 Cantons (ou demi-Cantons), qui sont tous des Etats, avec leurs particularités différentes (langues, religion, culture).Ces Cantons ont leur parlement, leur gouvernement, et des compétences dans certains domaines (éducation,police etc)
Et cette Suisse existe depuis 1291! Elle a grandi progressivement de 3 à 26 Etats-cantons dans le respect de chacun.
La Suisse actuelle n'est pas centralisée (jacobine) mais fédérale.
PhB

Rédigé par : Boehler Philippe | 15 juin 2008 18:38:58

Si l'Ancien Régime a initié le centralisme, ce fut néanmoins dans le respect d'un certain nombre de particularismes et coutumes locaux; or, depuis 1789, force est de constater que cet équilibre n'a pas été respecté, loin s'en faut...

De plus, l'Europe n'est pas d'inspiration française, mais maçonnique: la nuance est de taille!

La solution est-elle dans un quelconque fédéralisme? Les directives d'un Bruxelles libéral, fédéraliste, ou même chrétien seront toujours aussi odieux au simple citoyen bourguignon, romagnol ou frison.
Pourquoi ne pas se contenter d'une sorte de Sainte-Alliance des chefs d'Etat, et ne lui confier que certains domaines (politique énergétique ou spatiale, par exemple)?

Rédigé par : lulo | 15 juin 2008 19:03:49

M. Barroso parle lui aussi "d'empire" et "d'Europe fédérale". L'empire n'est en général pas synonyme d'anti-jacobinisme. L'histoire le montre bien.
Il faut sans doute dépasser un pur débat sur les concepts et éviter une nouvelle impasse.

Il est frappant de constater que tout projet d'empire européen à toujours échoué malgré la nostalgie de l'empire romain. Et ses promoteurs de féroces dictateurs. L'UE prend la suite.

On ne peut détacher l'Europe de ce qui la constitue au sens fort du terme, à savoir la pluralité des nations européennes. Car les nations sont la forme politique - et le génie - propre de l'Europe.
Le rêve d'une unité européenne (et le projet d'une certaine droite d'une "unité identitaire") me semble un pur constructivisme, identique, au fond, à celui de la réecriture de l'histoire (racine musulmane de l'Europe de Chirac, France toujours été un pays d'immigration...).

Le projet européen n'est pas de dénationaliser les ambitions, c'est articuler les projets nationaux à un projet commun et surtout d'une communauté de civilisation (point qui est de toute façon problématique comme le dit Benoit XVI).

Rédigé par : Antoine | 15 juin 2008 19:16:47

@ Michel Janva, en réponse à votre commentaire entre crochets,
Dans ce cas les européens béats favorables à une fédération ou une confédérétion vont vous demander pourquoi vous ne voyez pas le principe de subsidiarité dans l'UE actuelle: l'Europe décide à Bruxelles parce qu'ils sont plus compétents que les élus nationaux, les élus nationaux servent de chambre d'enregistrement et tout est pour le mieux. Pourquoi se plaindre de cette si belle Europe pleine de subsidiarité?

J'ai toujours été très surpris de voir des royalistes espérer que l'Europe puisse faire resurgir les provinces. Il n'en sera rien. Et la nation française sera détruite. A croire que ces royalistes (dont peut-être vous êtes?) ne connaissent pas l'histoire de la monarchie française centralisatrice. Le centralisme des rois a souvent évité les excès et abus des petits potentats nobles locaux.

[Le principe de subsidiarité est constitutif de la doctrine sociale de l'Eglise. "Sur la base de ce principe, toutes les sociétés d'ordre supérieur doivent se mettre en attitude d'aide (" subsidium ") - donc de soutien, de promotion, de développement - par rapport aux sociétés d'ordre mineur."
"ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d'une manière très dommageable l'ordre social, que de retirer aux groupements d'ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d'un rang plus élevé, les fonctions qu'ils sont en mesure de remplir eux-mêmes. L'objet naturel de toute intervention en matière sociale est d'aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber "

Or la commission européenne décide à la place des Etats et ainsi l'UE absorbe les Etats. C'est une injustice. Il n'y a pas de susbidiarité dans cette UE. Les affaires de pêche, de TVA, de règlementations outrancières le montrent... De même que les parents sont les premiers édcateurs de leurs enfants et que l'Etat n'a qu'un rôle de suppléance envers ceux-ci.

Comme historien, je constate que vous avez une très mauvaise vision de la monarchise à la française, qui n'a rien de jacobin ni de centralisateur. C'est tout juste si le roi de France avait une armée. L'Ancien Régime a su respecter le principe de subsidiarité. C'est la Révolution jacobine, avec la loi Le Chapelier en 1791 qui a supprimé tout corps intermédiaire, fait de l'Etat-nation une idole pour laquelle aucun sacrifice ne fut suffisant, et permis l'avènement d'un XIXe siècle si peu soucieux de justice et de liberté économique...

Aujourd'hui, l'UE fait avec l'Europe, ce que la Révolution a fait de la France.

MJ]

Rédigé par : Pol | 15 juin 2008 22:00:21

@ Philippe Boehler,
Mais la France n'a pas la même histoire que la Suisse.
La France est "une" depuis Clovis baptisé en même temps que tout son peuple par Saint Rémi. Le centralisme était déjà là! Puisque le peuple se convertissait en même temps que son roi.
La Suisse n'a jamais été une, c'est son histoire. C'est pour cela qu'elle demeure telle qu'elle est.

Rédigé par : Pol | 15 juin 2008 22:04:11

@ Michel Janva,
J'aurais peut-être dû préciser que ma réponse était faite pour tous les lecteurs du Salon. Puisque votre réponse entre crochets l'est.
Je pensais que cela allait de soi.

[Si vous écrivez "@ MJ" c'est que c'est pour moi. Sinon n'écrivez rien, ce sera pour tous. Et comme nous sommes dans un salon, c'est toujours pour tous, y compris pour moi. ;-)
MJ]

Rédigé par : Pol | 15 juin 2008 22:14:24

@ Michel Janva,
Je ne suis pas un ardent défenseur de l'Europe, vous l'avez sûrement compris.

Mais en quoi l'UE (l'ordre supérieur) quand elle établit des quotas de pêche n'aide-t-elle pas les pêcheurs (l'ordre inférieur) à préserver la ressource?

Si vous êtes historien, vous savez par exemple que la justice était royale. Pas locale. Historiquement elle était d'abord locale, certes, mais après le roi l'a unifiée.
Les missi dominici royaux envoyés en province pour s'assurer que les décisions du roi était appliquées ne sont-ils pas la preuve de ce centralisme royal?
Et par exemple, les écoles militaires d'infanterie et de génie étaient royales. Ce n'était pas des écoles qui avaient un programme propre à chaque province, etc.

[Défenseur de l'Europe ou de l'UE ?
En quoi l'UE et les technocrates qui la composent serait-elle plus compétente que l'autorité locale, régionale, littorale... ? De même pour la taille des poulaillers, le nombre de pommiers et de vignes dans telle région ?...

La justice est l'un des pouvoirs régaliens. Il n'empêche que le roi ne dirigeait pas la gestion des paroisses ni des semences agricoles. L'UE si.

Les écoles militaires sont un peu tardives.

MJ]

Rédigé par : Pol | 15 juin 2008 22:31:41

Les écoles militaires d'infanterie et de génie étaient royales pas locales. Ce n'était pas l'Ecole d'Infanterie de tel endroit qui suivait les spécificités de l'Infanterie de l'endroit en question.

La flotte de guerre qui a fait la fierté de la France sur les Mers a été décidée à Paris pas au niveau local.

La justice était royale pas locale. (Certes historiquement d'abord locale mais ensuite royale).

Il y avait des Intendants royaux, ancêtres des Préfets. Et des missi dominici envoyés par le roi pour s'assurer que les Intendants en province suivaient bien les décisions royales.
Les villes étaient bâties ou rénovées par décision royale.

Donc pour tout cela, la monarchie est à mon sens une forme de centralisme.

Enfin, même auparavant, si dès Henri IV, ce dernier a décidé de venir à Paris c'est bien que le pouvoir royal était centralisé.

[Rien à voir : vous confondez le pouvoir monarchique et la liberté du peuple à gérer ses affaires. Ce que ne reconnaît pas l'UE.
A quoi servaient les écoles militaires ? A servir le roi, pas à interférer dans la gestion de la féodalité.
A quoi sert une capitale ? Pas à gérer Bourg-en-bresse ou Lyon...
Ces villes n'ont pas été bâties ou rénovées par décision royale.

Ce que vous ne semblez pas comprendre, c'est que le roi, tout roi qu'il était, ne fixait pas le prix de la restauration ni les règles de la concurrence entre les commerçants... Il faisait son métier de roi. Bref, il gouvernait, lui.
MJ]

Rédigé par : Pol | 15 juin 2008 23:02:51

La poule au pot c'était quoi?
Des ports de l'Atlantique et des villes nouvelles ont été bâtis par décision royale, voyons!
Les plans d'embellissement de Bordeaux, Montpellier etc... ont bien été décidés par Louis XV et mis en oeuvre par les Intendants royaux.

Les villes étaient gérées en certains endroits par des capitouls. Mais il y avait des Intendants pour veiller!

Dès le Moyen Age des villes étaient créées par décision royale, exemptes de droits féodaux!
Si les remparts de places fortes et de villes rebelles étaient rasés au Moyen Age, c'était bien par décision royale par centralisme. Parce que les féodaux locaux s'étaient opposés aux décisions centralisées à Paris.

Au fond, à vous lire, ce que vous souhaitez c'est le retour de la féodalité avec des potentats locaux, féodalité chapeautée par l'Union Européenne. Et un vague Roi pour inaugurer les chrysanthèmes...

Rédigé par : Pol | 15 juin 2008 23:42:23

à Pol:
Cher Monsieur,
Loin de moi l'idée de comparer la Suisse à la France...Mais il s'agit ici de l'Europe(!) et non de la France.
l'UE ne peut pas être "centralisatrice" comme la France...Elle n'a d'avenir politique qu'en devenant une Confédération d'Etats de notre vieux continent.Bruxelles est trop centralisateur dans son fonctionnement.Il est urgent de changer de cap!

Rédigé par : Boehler Philippe | 16 juin 2008 08:17:04

Sur son site, Jean-François Touzé, porte parole de la Nouvelle Droite Populaire, lance le concept "altereuropéen"... A suivre.


LE NON IRLANDAIS...
Communiqué de Jean-François Touzé, conseiller régional d'Ile-de-France et porte-parole de la Nouvelle Droite Populaire :

C'est au nom de tous les peuples européens auxquels on a refusé le droit de se prononcer que l'Irlande vient de refuser le traité de Lisbonne.

Le NON irlandais n'est pas un NON de repli frileux. Il est au contraire un cri d'espoir dans le renouveau de notre continent et de notre civilisation dont l'avenir dépend de la capacité de nos nations et de nos peuples à se défaire du carcan qui les étouffe.

Le processus de ratification doit désormais être abandonné. Il est temps de reconstruire une autre organisation européenne, à partir des réalités populaires et dans une perspective de puissance et d'indépendance.

Le NON irlandais marque bien le début de la reconquête altereuropéenne.

Rédigé par : Paul | 16 juin 2008 10:09:47

Cher Monsieur Janva, je vous remercie pour votre large collaboration sur ce site ô combien riche en informations. Cependant, l'article du Choc du Mois que vous citez me semble révélateur de la confusion qui existe dans les esprits au sujet de l'Europe. La construction politique qui est en train de se terminer a voulu s'édifier sur les ruines du christianisme et la dissolution des peuples, à commencer par le peuple français. Dès lors, comment peut-il venir à l'esprit d'affirmer que cette "Europe est française"? C'est avoir une conception bien détériorée de la France, et cela revient aussi à élever les monstruosités du jacobinisme au rang de qui représente le mieux la France. Or, il est bien évident que les révolutionnaires de 89 et tous leurs successeurs, s'ils se sont plûs à marcher au nom des Français, n'ont jamais écouté la bonne foi et les gémissements du bon peuple. Ils ont souillé la France, ils ont violé son héritage : et l'on continue encore à les qualifier de "Français"! Que des personnes aussi éclairées que celles qui peuvent écrire dans le Choc du Mois, persistent dans cette erreur, nous ne pouvons l'admettre. Quelqu'un a osé confondre l'idée de l'Europe actuelle avec celle de la France : je tiens cette comparaison pour sacrilège!

[Jusqu'à preuve du contraire, c'est la France qui a inventé le jacobinisme, que reproduit aujourd'hui Bruxelles. De même que c'est la France qui a inventé la terreur révolutionnaire, que les Bolchéviks avaient copié. Triste héritage.
N'oubliez pas que la France est "éducatrice des peuples". Quand elle fait le mal, elle entraîne les autres peuples à sa suite. C'est ce qu'indique, à mon sens, le Choc du Mois.
MJ]

Rédigé par : le téméraire | 16 juin 2008 10:45:44

Oui je précise mon propos: la France étant une Nation centralisée depuis Clovis elle n'est pas soluble dans une confédération à la mode suisse.
Une confédération est peut-être acceptable pour des pays comme l'Allemagne, l'Italie qui ont fait leur unité très tardivement. Une confédération est peut-être aussi acceptable pour des pays créés de toutes pièces comme la Belgique.
Une confédération européenne serait peut-être même acceptée en Suisse.
Une confédération n'est pas acceptable pour la France qui est unifiée et une depuis un millénaire.
La France n'a pas la même histoire que tous les autres pays européens qui ne sont, eux, des nations que depuis peu.

Rédigé par : Pol | 16 juin 2008 12:30:17

nous sommes les seul du monde qui a une monarchie sacré et couronné.
la france était la 1 pussance mondial sous louis XIV.
donc elle doit pas perdre sa souveraineraité.

Rédigé par : benoit | 16 juin 2008 19:56:52



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