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Critique Ciné : Les Ardennes (2016)

Publié le 18 avril 2016 par Delromainzika @cabreakingnews

Les Ardennes // De Robin Pront. Avec Jeroen Perceval et Kevin Janssens.


Pour un premier film, le moins que l’on puisse dire c’est que Robin Pront a compris ce qu’il fallait faire. Thriller efficace, froid et sanglant, Les Ardennes n’a jamais froid aux yeux. On retrouve un peu des frères Coen là dedans sans leur humour bien évidemment. Parmi les films que j’ai pu voir en 2016 pour le moment, Les Ardennes s’avère être l’une des bonnes surprises. La façon dont le film utilise la violence sort vraiment du lot, parvenant à créer une ambiance pesante dans laquelle tout semble devoir amener à un dénouement terrible et fatal. En effet, on n’a pas l’impression que le but ici est de s’endormir mais au contraire, de montrer que ces personnages n’ont pas d’issue dans la vie. Comme le dit Sylvie à un moment donné à Kenny, si elle n’allait plus le voir en prison c’est uniquement car Kenny lui rappelait toutes les erreurs qu’elle a fait dans sa vie et qui la conduise à être serveuse à moitié à poil dans une boîte de nuit. J’aime bien l’idée que rien ne soit facile et que les personnages doivent découdre avec la difficulté de mettre son passé derrière soi. En effet, ce n’est pas facile de tenter de se reconstruire et de voir que le seul baston dans les roues est celui qui nous a fait prendre des chemins étranges plus jeunes (ici, 4 ans plus tôt).

Un cambriolage tourne mal. Dave arrive à s’enfuir mais laisse son frère Kenneth derrière lui. Quatre ans plus tard, à sa sortie de prison, Kenneth, au tempérament violent, souhaite reprendre sa vie là où il l’avait laissée et est plus que jamais déterminé à reconquérir sa petite amie Sylvie.
Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’entre-temps, Dave et Sylvie sont tombés amoureux et mènent désormais une vie rangée ensemble.
Avouer la vérité à Kenneth pourrait tourner au règlement de compte…

Les Ardennes fait donc partie de ces chocs émotionnels et visuels qui parviennent à sortir du lot et à nous offrir un cinéma intelligent et passionnant. Car c’est clairement ce qui se passe dans ce film, noir et intense, corsé sur certains aspects comme un bon cru. Il nous plonge au fur et à mesure dans une noirceur dont on ne semble pas pouvoir se sortir. La lenteur du récit sert celui-ci et nous permet de nous imprégner de l’atmosphère. Grâce à un magnifique directeur de la photographie et un réalisateur plein de talent, posant toujours sa caméra au bon endroit, Les Ardennes parvient donc à sortir du lot et à nous offrir tout ce que je ne m’attendais pas nécessairement à voir au premier abord. La première demi-heure sert à placer les personnages et à écrire petit à petit l’histoire de celui-ci. Dans un second temps, dès que Kenny reprend de plus belle, les choses vont dans une toute autre direction là aussi intéressante. Surtout car la violence ne semble pas avoir de limite dans ce film. Et la violence ne passe pas forcément par le sang mais aussi parfois par le visuel, le décor qui presse le spectateur à sa façon, etc. Les Ardennes est donc un travail minutieux, soigné jusqu’au bout et permettant de se rendre compte de ce dont les flamands sont eux aussi capables au cinéma.

La fin est peut-être la plus grande des surprises. C’est comme arriver au bout d’un gâteau que l’on adore et que l’on peut alors déguster la cerise. C’est terriblement bon et il n’y a rien de raté là dedans. Bien au contraire, le film trouve une façon assez intelligente de nous conduire à ce twist qui n’a rien à voir avec ce que j’avais imaginé au départ.? Robin Pront a donc su faire quelque chose d’original à sa façon en reprenant les codes de tout un tas de trucs que l’on a pourtant déjà vu ailleurs mais dans un décor qui ici change énormément de ce que l’on avait pour habitude de voir. La Belgique regorge donc de paysages intéressants pour des histoires aussi folles et sombres que celle-ci. A mi chemin entre le film de campagne dangereuse et de cité sans issue, Les Ardennes jongle donc entre tout un tas de choses à sa façon. Et surtout, on ne s’ennuie pas une seule seconde. D’ailleurs, le silence entre les deux frères, souvent plus explicite que les dialogues, apporte là aussi un petit plus.

Note : 9.5/10. En bref, une brillante expérience.


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