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Des violons chinois à 15 euros!

Publié le 16 juin 2008 par Chantal Doumont

15 eurosDes violons chinois à 15 euros: les luthiers français appellent à résister

"Sur internet, vous trouvez des violons à 15 euros: c'est moins cher qu'un jeu de cordes!", soupire Gilles Braem, un luthier bordelais qui mise sur l'excellence et la pédagogie pour résister à la concurrence des violons chinois, moins chers et de plus en plus performants. 

Devant les violons exposés au Grand-Théâtre de Bordeaux, où se tiendra samedi le Congrès annuel du Groupe des luthiers et archetiers d'art français (Glaaf), l'artisan préfère en sourire: "Avec des violons à 15 euros, ce qui coûte le plus cher, c'est l'abat-jour pour pouvoir le mettre sur sa table de nuit... On ne parle plus de violon mais d'objet ressemblant à un violon!". 

"Il s'en vend malheureusement beaucoup, certains acheteurs ayant le sentiment de faire une bonne affaire. Acheter bon marché, ça revient toutefois cher quand c'est du jetable", remarque-t-il. 

"Les prix peuvent créer une incitation pour les débutants, mais si vous jouez sur un instrument de piètre qualité, vous allez vous décourager", note aussi Loïck Soulas, délégué de la Chambre syndicale de la facture instrumentale (CSFI), qui chapeaute les 300 à 350 ateliers français de lutherie. 

Un violon chinois peut toutefois en cacher un autre. Derrière les produits bas de gamme fabriqués à la chaîne arrivent en effet de plus en plus de violons d'étude de bien meilleure qualité. Des instruments pour débutants proposés à partir de 500 euros - après révision par un luthier - contre près de 1.000 euros pour un équivalent français. 

"Sur le créneau des entrées de gamme pour violons d'étude, ils sont devenus quasiment imbattables", reconnaît Gilles Braem, qui vend lui-même parfois des produits chinois à des élèves après avoir changé quelques pièces au passage. 

Une progression globale des violons chinois confirmée par Pascal Camurat, président du Glaaf exerçant à Montpellier: "Sur la quantité, il y a forcément des artisans chinois qui émergent et qui arrivent à des qualités se rapprochant de ce que nous pouvons faire, et à des prix moindres", reconnaît-il. 

Faute d'étude chiffrée, actuellement en cours selon la CSFI, aucune donnée ne permet de mesurer précisément la part occupée par les instruments chinois en France. 

"Pas de pessimisme!", s'exclame le luthier héraultais. "Cette concurrence nous pousse à être meilleurs pour nous démarquer, notamment en nous appuyant sur la tradition et le savoir-faire français comme vecteur d'amélioration. Ce n'est pas gagné, bien sûr, mais je crois vraiment que le niveau moyen des luthiers français ne cesse encore de s'améliorer", estime-t-il. 

Le Girondin Gilles Braem met quant à lui l'accent sur l'importance des "échanges" avec les clients. "C'est en informant les gens qu'on restaurera une bonne consommation, pas en demandant des subventions", explique-t-il. Un contact direct indispensable, selon lui, pour "faire écouter" la différence.

Anthony LUCAS

AFP


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