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Journée internationale de la Terre

Publié le 16 juin 2008 par Raymond Viger

Journée internationale de la Terre Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) - Irremplaçable maison de l’humanité, la Terre sera célébrée le 22 avril prochain par la Journée internationale de la Terre. Cette journée particulière s’inscrit au sein d’une Année internationale qui lui est dévouée.

Pour souligner cette journée, l’Agence Science-Presse a rejoint : Michel Jébrak, professeur au département des Sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’UQAM et représentant du Québec au comité canadien pour l’Année Internationale de la planète Terre proclamée en 2008 par l’UNESCO.

ASP — Pourquoi avez-vous accepté d’être le représentant du Québec pour l’Année internationale de la planète Terre ?
Michel Jébrak — Tout simplement parce que je souhaite sensibiliser tout le monde aux grands enjeux de notre planète… on n’en a pas de rechange ! Pour la journée du 22 avril, le Canada s’est choisi cinq thèmes qui dessinent la Terre: environnement, eau, énergie, ressources et risques naturels.

ASP — Les sciences de la Terre sont un vaste chapeau qui regroupe plusieurs disciplines, comment nous touchent-elles dans notre quotidien?

MJ — Le logo de l’Année internationale représente les différentes zones de notre planète:

- Rouge pour la planète profonde, qui nous affecte par ses mouvements (séismes, tsunamis, volcans) et nous fournit ses ressources non renouvelables. C’est le domaine de la géologie, de la géodynamique;

- Bleu pour l’océan et ses richesses, ses courants qui gouvernement les pêches; c’est le domaine de l’océanographie;

- Bleu clair pour l’atmosphère, avec les changements climatiques, la météo;

- Vert pour la vie.

Nous sommes les enfants de la Terre, et cela nous touche tous les jours.

ASP — Dans quels domaines scientifiques le Canada et le Québec possèdent-ils de l’expertise?

MJ — Le Canada a une très bonne expertise dans plusieurs grands domaines, tels que :

— Les ressources minérales. Nous sommes un grand pays producteur de quantité de métaux de base (nickel, cuivre, etc.) et précieux (or et platine), de produits minéraux, de pétrole, d’uranium et même de diamants — le 3e producteur mondial!

— L’environnement, en particulier dans le domaine des l’étude des lacs, aussi bien naturels que des barrages. Le Canada possède le tiers des ressources en eau douce de la planète; nous travaillons beaucoup à les préserver.

— La datation des roches : nous avons les meilleurs laboratoires du monde dont le GEOTOP à l’UQAM.

— Les changements climatiques, avec par exemple le centre Ouranos à Montréal.

ASP — Quelle est la contribution canadienne à l’avancement des sciences de la Terre et ses principales recherches actuelles?

MJ — Il est difficile de résumer en quelques lignes les travaux de toute une communauté. Savez-vous par exemple que les plus vieilles roches du monde ont été découvertes au Québec? Que la connaissance du passé récent, le Quaternaire, y est l’une des plus avancée du monde? Qu’un réseau de senseurs ausculte en permanence le fond du Pacifique au large de Victoria?

ASP — Quels sont les principaux enjeux et défis des sciences de la Terre?

MJ — On manque terriblement de géologues et de personnel à tous les niveaux; on s’arrache les étudiants alors qu’ils ont à peine fini leurs études… et les salaires n’ont jamais été aussi bons. Le problème, c’est que ça prend du temps à former un géologue, au moins trois ans, et l’on en a besoin maintenant.
ASP — On parle souvent d’épuisement des ressources. Quelle est la situation au Canada?

MJ - Le Canada a des ressources immenses, mais il a négligé de les renouveler il y a une dizaine d’années. Ce qui fait que plusieurs mines importantes ont fermé et que la production a parfois baissé. Les découvertes actuelles laissent penser que nous rétablissons la situation. Il faut comprendre que la notion de ressources dépend du prix; quand les prix sont élevés, comme aujourd’hui, on peut exploiter beaucoup plus de ressources et mieux les gérer sur tous les plans.

ASP — Pensons-nous également économie durable en matière d’exploitation? Existe-t-il un virage vert?

MJ — Oui, très net, mais pas encore assez rapide. Les compagnies font des efforts; par exemple, des compagnies québécoises ont créé un fond pour nettoyer le Nord-du-Québec des déchets laissés par d’autres compagnies il y a longtemps. Il faut poursuivre cet effort et l’accélérer. Et il faut aussi responsabiliser l’ensemble du public en terme de gaspillage, de recyclage ainsi que de comportement économe d’énergie et de ressources.

Pour en savoir plus

22 avril, Journée internationale de la Terre :
http://ww2.earthday.net
2008, Année internationale de la planète Terre :
http://www.iypecanada.org

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