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Yoko Ono offre une œuvre au Mac : sa générosité va bon train

Publié le 22 mai 2016 par Ludovic Danteny @yellowsubnet
Yoko Ono offre une œuvre au Mac : sa générosité va bon train

En 2014, l’artiste islandais Erró avait créé la surprise en offrant Le Surfeur d’argent au Musée d’Art contemporain. Yoko Ono a, elle aussi, donné une œuvre, plus discrètement, lors de l’installation de la rétrospective qui lui est consacrée.

Vous vous attendiez à ce cadeau ? 

Thierry Raspail, directeur du musée. « Cela a été une vraie surprise. Je sais par son entourage que Yoko Ono est quelqu’un de généreux, mais elle n’y avait jamais fait allusion. »

Qu’est ce qui l’a motivée, à votre avis ? 

« Je pense qu’elle était contente d’avoir une exposition en France. Il n’y en a pas eu tant que cela, dans un musée dont elle connaît les collections et avec une rétrospective originale : des œuvres pas figées que l’on peut modifier. Je pense aussi que les événements de Paris l’ont marquée. »

Quelle est la particularité de Freight train ? 

« Il a été inspiré par un fait-divers tragique : la mort en 1987 de plusieurs Mexicains qui essayaient de traverser la frontière des États-Unis dans un train de marchandises. Elle le transforme en symbole, c’est un monument, un hommage à ces phénomènes de résistance, de façon positive. J’avais attiré son attention sur cette œuvre. Souvent, les commissaires d’exposition s’attachent à montrer les premières œuvres, des années 59 à 62. Après la mort de John Lennon, elle a développé des œuvres de type social autour des femmes, de la paix, des agressions du monde… »

Peut-on évaluer sa cote ?

« Même si elle n’est pas dans le top 20, les œuvres de Yoko Ono sont rares et chères. Mais quand une œuvre rentre dans un musée de France, on ne peut plus la revendre (comme dans les pays anglo saxons). »

Où allez-vous l’installer ?

« Pour l’instant, on la laisse en place. L’association qui gère la Cité internationale est favorable à la constitution d’un jardin de sculptures. Il faut voir comment elle cohabite avec le voisinage (de bureaux) : on a baissé le son et la lumière s’arrête à 22 heures. Il y a une réflexion large sur ce secteur : avec la montée en puissance de la Confluence, on a perdu un peu d’audience. »

Yoko Ono viendra- t-elle comme annoncé initialement autour de la mi-mai ? 

« Je n’ai aucune information directe. Je sais qu’elle avait envie de venir. Je me demande si elle est rétablie. » (1)

Mis a part Erro et son geste spectaculaire, quel est le don qui vous a le plus marqué ?

« Dans les années 80, l’artiste américain Dan Flavin, un des premiers à travailler autour du néon, qui exposait dans le monde entier, m’avait envoyé une lettre pour « coopérer » avec le musée, en raison de son « exceptionnelle exposition et de […] sa lumière ». À l’époque, nous étions encore installés dans le palais Saint-Pierre (actuel musée des Beaux-Arts de Lyon). Il avait réalisé deux installations, dont une Sans titre, aux citoyens de Lyon , qu’il nous a donnée. Je crois que Sylvie Ramond (sa directrice) a l’intention de la réinstaller prochainement. »

Publié le: Dimanche 22 Mai 2016 - 03:00Source: leprogres

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