Titre:
Big Man Plans
Auteurs :
Eric Powell (scénario et dessin) Tim Wiesch (scénario)
Editeur :
Delcourt
collection
: Comics
Année :
2016
Pages
: 112
Résumé : Brooklyn 1979. Dans un bar, deux clients se moquent d'un homme de petite taille. Celui-ci reste stoïque, règle son verre et sort dans la rue. Mais un gamin vient l'embêter. Et là, tout pète ! Ce nain, légèrement violent, se rappelle sa vie et partage la course à la vengeance dans laquelle il s'est engagé. Mais de quoi veut-il se venger ? Et surtout, qui veut-il venger ? Mon avis : Tim Wiesch et Eric Powell ont pondu une histoire bien vitaminée où un nain, héros légèrement barré dans une application extrême de la loi du talion, va mener ses plans à terme, et ce quel qu'en soit le prix. La couverture est à l'image de ce qui vous attend à l'intérieur de cette BD. Du sang, de la violence, de la vengeance et pas de discours philosophiques ni de morale bien-pensante. Le nain, dont nous ignorons le nom, va devenir le bras armé d'une vengeance qui finit peut-être même par le dépasser, et surtout qui nous dépasse nous. En effet, en tant que lecteur, le mystère sera conservé jusqu'au bout, même si quelques pistes révélées au hasard de l'histoire nous éclairent de temps en temps. Et la conclusion de l'histoire, à mon avis, serait : « Ne vous mettez pas à dos un nain psychopathe », même si on la pressent, génère quand même une certaine tristesse pour cet homme qui sera passé à côté de sa vie. L'action est très brute, l'enjeu clairement défini, les objectifs assez faibles devant la volonté et la force haineuse de ce héros qui, suite aux retours de bâtons de sa vengeance, va évoluer au fur et à mesure de l'histoire. Pas intellectuellement, mais physiquement. Dans son look, et aussi dans son corps, car mine de rien, il va aussi déguster, le pauvre. En fait, l'absence de vrai challenge à mener cette vengeance nous rappelle que le monde est peut-être rempli d'ordures mais que les fous furieux super costauds, on n'en trouve pas partout. En fait, le pire ennemi du héros est sans doute lui-même. Et on peut se demander s'il parviendra à vaincre cette colère déchaînée qui le hante. Rien n'est moins sûr. Malgré sa folie destructrice, on s'attache à ce personnage anonyme, dont on découvrira peu à peu le passé et les choix de vie qui l'ont entraîné sur cette pente plus que savonneuse. Une histoire en quatre chapitres dont la noirceur et la dureté augmentent page après page. En clair, si vous êtes une âme sensible, oubliez même d'aller feuilleter cette BD. Défonçages de tronches, meurtres et tortures sont au programme de « Big Man Plans » et c'est presque l'unique programme, d'ailleurs !
C'est après que ça tourne mal...
Eric
Powell prend aussi les crayons pour donner vie à ce nain pas
forcément toujours sympathique. Personnages réalistes, dynamiques
et expressifs (surtout dans l'horreur). Les décors sont presque
expressionnistes, étirés, marqués, sombres. Parfois c'est une
partie du décor qui ressort au détriment de toutes les autres.
L'action se resserre sur les personnages et on ne voit plus ce qui
les entoure. Cet effet de contraste violent augmente la dureté du
récit. Les couleurs y contribuent fortement. Le rouge est présent
mais le jaune, le gris se taillent aussi une belle part dans la
palette utilisée. Les ambiances sont ainsi renforcées et la
violence d'autant plus dur à voir, ou plutôt à lire.
La
composition semble totalement éclater par moment. Il n'y a pas
vraiment de composition régulière. Les cases s'étirent,
s'entrechoquent, explosent, se mélangent. Tout sert à faire montrer
la tension de cette haine en marche.
Le
cadrage sert la vision expressionniste de ce projet, plongée,
contre-plongée, plan dynamique du nain en pleine action, balançant
ses mandales, genou broyé en gros plan, visages mutilés en très
gros plan. Enfin, préparez-vous à du pur et dur. Surtout du dur
d'ailleurs !
« Big
Man Plans » est donc une BD à ne pas mettre entre toutes les
mains, mais si vous aimez les histoires de vengeance basculant dans
une violence folle et déjantée renvoyant Tarantino à du gentil
sous-produit Disney, si vous ne cherchez pas les belles histoires de
repentir et de rédemption, cette BD est pour vous !
Zéda
conseille le nain de Eric Powell et Tim Wiesch !
David
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