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L’État prépare le budget 2017

Publié le 26 mai 2016 par Leblogpolitique

Matignon est déjà sur le pied de guerre pour la préparation du budget 2017. Cette semaine, chaque ministre a reçu une lettre de cadrage pour son ministère. Au programme : réduction des dépenses et stabilisation de la masse salariale. Un véritable exercice d’équilibriste pour le gouvernement et François Hollande qui, après les mesures annoncées, doivent tenir pour la France les objectifs annoncés à la Commission Européenne.

Des dépenses à financer et une réduction des dépenses budgétaire à tenir

Depuis le début de l’année, les « cadeaux » et mesures accordés par le gouvernement pour calmer la grogne sociale commencent sérieusement à s’accumuler et les sommes en jeux sont importantes. Le plan emploi coûtera 1,6 milliard d’euros, le plan de soutien aux agriculteurs 900 millions d’euros, l’augmentation du point d’indice pour les fonctionnaires effective en juillet impliquera une dépense de 600 millions pour cette année et 2,4 milliards l’année prochaine. Sans parler de la baisse des prélèvements pour les entreprises de 5 milliards. Au total, des dépenses qui coûtent déjà 4 milliards d’euros pour atteindre 5,8 milliards pour 2017.

En parallèle, un objectif de réduction du déficit public en dessous de 3,3 % du PIB pour cette année et sous les 3 % pour 2017. Cela correspond à une réduction de 50 milliards des dépenses de l’État, une coupe déjà drastique. Alors comment pallier aux augmentations de ces mêmes dépenses accordées par le gouvernement Hollande ? Michel Sapin répond : « S’il y a des dépenses supplémentaires d’un côté, c’est donc qu’il y a des économies de l’autre. Et donc l’ensemble des autres ministères fait aujourd’hui des économies » Simple dans le texte, il fallait y penser.

Les économies à prévoir

Les ministères peuvent d’ores et déjà sortir leur calculatrice : ils doivent trouver un moyen de réduire leurs effectifs de 2 %, stabiliser la masse salariale sans parler des économies de gestions, des baisses de subventions à prévoir, du gel des dépenses sociales, etc. Un casse-tête qui ne devrait pas concerner les ministères de l’Éducation, de l’Intérieur ou de la Justice. Pour les autres, la bataille va être rude. Des économies devront aussi être réalisées au niveau des agences de l’État, des chambres du commerce, bref, tous les opérateurs qui dépendent directement ou indirectement d’un financement public.

Au final, bien plus que des économies, ce sont de véritables coupes budgétaires qui vont être réalisées, avec des contestations à prévoir. Hier déjà, à titre d’exemple, un collectif de 8 prix Nobels a dénoncé le projet de suppression de 256 millions de crédits qui devaient être alloués à la recherche et l’enseignement supérieur. Une annulation qui, selon ces chercheurs, « s’apparente à un suicide scientifique et industriel ». Pour Cédric Villiano, mathématicien « Le budget de la recherche est pris comme variable d’ajustement, quand il y a besoin de parer à d’autres urgences. Et ce n’est pas malin de piocher dans ce qui sert à assurer votre développement sur le long terme, pour parer aux urgences de court terme » a-t-il déclaré sur la radio RTL.

Un exemple parmi d’autres puisque nul doute que les mesures qui vont s’annoncer, comme la stabilisation des prestations sociales, les baisses de subvention – mais aussi à l’inverse la participation à venir de 3 milliards au capital d’EDF – vont faire grincer quelques dents malgré la volonté affichée par le gouvernement de mettre en place une « redistribution » ou de vouloir contenter tout le monde. La gronde sociale en France est déjà bien avancée, et ni Hollande ni Valls, n’ont intérêt à ce qu’une nouvelle contestation se mette en place et cette année préélectorale promet de nous réserver encore quelques surprises….


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