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Que deviennent les magazines de jeu vidéo ?

Publié le 31 mai 2008 par Guls
Depuis l'avènement d'Internet comme média roi en terme d'informations et de loisirs, force est de constater que les magazines de jeu ont de plus en plus de mal à sortir la tête de l'eau. En effet, pourquoi dépenser 7€ pour avoir un magazine qui donnera les mêmes informations que des sites Internet, à la différence que ces derniers sont gratuits ?
Les magazines doivent donc changer, évoluer vers un nouveau type d'information. Si les sites de jeu ont la capacité de relayer instantanément les news et communiqués de presse diffusés par les éditeurs, le temps laissé aux rédacteurs des magazines devrait donner plus de place à la réflexion à des dossiers thématiques et à une étude poussée. Force est de constater que ce n'est pas toujours le cas. Petit tour d'horizon d'une partie de la presse vidéoludique francophone:
La chute de Future France
Au rachat des magazines Hachette par la multinationale Future Publishing, de grands débats eurent lieu et une bonne partie des journalistes qui avaient fait la légende de la presse magazine dans les années 90 a déserté. C'est ainsi que les rédactions de magazines comme Joypad ou Joystick ont dû être en vitesse renouvelées, pour le pire. Le lectorat de Joypad s'est à cette occasion effondré et ce n'est que récemment que la direction de Future France a commencé à relever la barre en donnant au magazine une orientation plus professionnelle proche de celle du très prestigieux magazine anglo-saxon Edge. Joystick, pour sa part, s'est doucement effondré dans la facilité et la médiocrité et ne s'en est toujours pas relevé. Tests vides, dossiers sans fonds, les efforts désespérés de la rédaction de ce magazine jadis mythique pour sortir la tête de l'eau restent sans effets tant le contenu rédactionnel reste en grande majorité plein de blagues forcées et, surtout, de vide.
Certains magazines ont semble-t-il été peu touchés par cette hécatombe. Ainsi, JeuxVideo Magazine, fidèle à son créneau extrêmement généraliste, continue de faire le bonheur de ses lecteurs car ils y trouvent ce qu'ils y cherchent: un peu de tout. Trop diversifié pour avoir une réelle identité rédactionnelle, JVM remplit correctement son office, et c'est finalement ce qu'on lui demande. PC Jeux semble également bien s'en sortir. Avec une maquette efficace et dynamique, un contenu plutôt bien choisit, une rédaction professionnelle, l'équipe de Jean-Pierre Abidal tient le bon bout. On a souvent reproché à ce magazine d'être plus "grand public" et de manque de réflexion par rapport à son confrère Joystick, mais la barre a clairement été relevée et le magazine continue son petit bonhomme de chemin avec en plus une certaine ouverture au net par son blog et ses sections interactives.
Canard PC & Gameblog: La résistance
Des départs qui ont suivi le rachat de Hachette par Future sont nés, entre autres, le site web Gameblog.fr et le magazine Canard PC. Si le premier ne rentre pas vraiment dans le cadre de cet article, le second est une trouvaille de choix. Avec une rédaction en partie formée de rescapés de l'âge d'or de Joystick, Canard PC publie toutes les deux semaines un condensé de l'actualité PC. Avec beaucoup d'humour et d'esprit critique, les rédacteurs de CPC ont su créer une véritable communauté qui gravite notamment autour du site web Canardplus.com. Comme à l'époque de Joystick, le ton est parfois difficile à accepter, mais il s'agit indéniablement du magazine présentant la plus haute qualité dans sa catégorie.

Les petits nouveaux
Malgré la difficulté de s'imposer et la baisse du lectorat, on trouve encore une bande de rédacteurs qui tentent l'aventure du magazine de jeu, à tord ou à raison. Ainsi, Virus, diffusé depuis quelques mois, affiche une maquette et une orientation rédactionnelle claire: du sang, du sexe, beaucoup d'images et peu de texte. Dans un style finalement très adolescent, la rédaction de Virus cherche à divertir plutôt qu'à informer. Il faut aimer, mais si on veut s'en prendre plein les yeux, des milliers de sites sur Internet permettent de regarder des trailers bien plus divertissants.
Dans la série des jeunes magazines, on peut également citer GameGeek, un magazine dédié aux MMO et publié par PlayFactory, spécialiste des magazines de trading card games. Avec une maquette efficace et très graphique et un contenu fournit, GameGeek pourrait être un véritable magazine de qualité si seulement il acceptait de faire un peu dans l'originalité et de parler d'autre chose que de World of Warcraft... A voir les deux premiers numéros, autant renommer le magazine "WoW Magazine", au moins on ne nous mentira pas sur la marchandise.

Cet article n'est bien sûr pas exhaustif, et on peut citer en complément WeMove!, un jeune magazine dédié à la Wii et qui ferait bien d'embaucher un graphiste tant la faiblesse de sa maquette empêche de voir les trouvailles qui se cachent à l'intérieur des pages. Restent ensuite les magazines "officiels" PS3, Xbox360 et Nintendo, qui me font toujours hérisser les cheveux sur la tête. Comment des journalistes peuvent-ils se dirent indépendants et appeler leur magazine un magazine "officiel" lié à une marque ?

Comme vous l'aurez remarqué, la presse magazine nage dans une certaine médiocrité qui n'est pas pour arranger ses affaires. En attendant que la transition soit terminée, plusieurs solutions s'offrent à nous. La plus simple serait de rester à l'écoute des sites Internet et blog afin d'aiguiser son sens critique, avec en complément un Canard PC ou un Joypad de temps en temps. Je conseille également fortement certains titres anglo-saxons comme l'indétrônable Edge qui pousse la réflexion un cran au-dessus.
Beaucoup ont accusé le Web d'avoir tué la presse écrite, mais force est de constater que c'est plutôt la presse écrite qui s'est tué elle-même...

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