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Roitelets de campagne

Publié le 30 mai 2016 par Félicité Annick Foungbé @fafzimo
Roitelets de campagne

À l'occasion de la Fête-Dieu, il nous semble opportun de porter la réflexion sur le visage de l'Église catholique en Afrique, ou devons-nous dire Église catholique d'Afrique ?

En effet, si pour un réel dynamisme de la foi, il est salutaire que la propagation de l'Évangile se conforme à certains particularismes, un débat malsain s'ouvre, lorsqu'au motif de ladite inculturation, sont greffées çà et là, des pratiques rébarbatives que défendraient becs et ongles certains pseudo-africanistes chevronnés.

La présente réflexion est motivée par l'attitude inconvenante de serviteurs du Christ officiant en Province et dans certaines campagnes.

Qu'est-ce qui justifie le rallongement ou le prolongement excessif de la messe ?

Ils vous répondront à n'en point douter, que la journée du dimanche est exclusivement consacrée au Seigneur. Soit ! Mais ne faut-il pas faire le distinguo entre l'adoration rendue à Dieu ce jour-là, et la résignation passive vis-à-vis des dérives verbales et comportementales de ces prétendus serviteurs du Christ ?

Rappelez-vous qu'il y a dans l'assemblée, des nourrices, des femmes enceintes et des conjoints d'adeptes d'autres religions... l'Église doit surtout être le lieu ou se crée l'unité conjugale, familiale...

Faut-il faire sept ou huit années de formation pour ensuite se donner des allures de despote à la tête d'une république bananière ?

Quelle est la place de la Commission des chants sacrés, lorsque sont exécutés avec le quitus des officiants, des chants païens, populaires, assortis aux mimiques obscènes qui donnent soudain l'image et l'atmosphère d'une gigantesque orgie ? Quand le célébrant s'empare du micro pour un wôyô (chants d'ambiance facile) en bonne et due forme, c'est la totale, et un plongeon dans un maquis (à mi-chemin entre bistrot et restaurant) de quartier.

Quand on sait qu'à l'origine, on n'applaudit pas à l'Église, on est en droit de s'interroger par rapport aux claquements de mains intempestifs propres aux spectacles et aux carnavals. Alors au finish, on a retenu quoi ? Quel aura été l'apport de la célébration ? Se serait-on déplacé pour simplement observer un roseau agité par le vent ? Qu'a-t-on intériorisé ?

En outre, une militarisation sournoise du service d'accueil encore abusivement appelé service d'ordre, dont la conduite discourtoise de certains membres, rappelle les heures sombres de la GESTAPO. Or l'Église est par excellence le lieu de la confraternité et de la bonne éducation.

Enfin et toujours, le culte de l'argent qui prévaut sur l'enseignement de la Parole. Le nombre ahurissant de quêtes spéciales, les discours embrouillés pour soutenir le payement de la dîme ; le clinquant et la vantardise érigés en normes. " Que celui qui ne supporte pas nos manières, reste chez lui ! " Quel contraste avec le bon berger qui part à la recherche d'une brebis égarée, quand il en a déjà quatre-vingt-dix-neuf dans l'enclos !

Oui ! les fidèles ont absolument le droit d'offrir à leur guide, des cadeaux somptueux. Toutefois, le pasteur, du fait même d'une certaine éthique de son ministère, se doit de s'imposer une certaine rigueur pour ne pas apparaître comme la copie frelatée du message qu'il prêche. En outre, ce n'est point le rôle d'un pasteur de refouler les fidèles de l'Église ou dans l'Église.

C'est la Fête-Dieu, et au-delà des processions joyeuses dans les artères de nos cités, il serait intéressant d'approfondir la réflexion sur les valeurs évangéliques et la doctrine de la foi.

Oui aux particularismes ! Oui surtout au respect des normes canoniques pour la dignité de la célébration eucharistique !

Félicité Annick Foungbé Zimo


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