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Grossesses en milieux scolaires: Grosse intox?

Publié le 31 mai 2016 par Félicité Annick Foungbe épse De Souza @fafzimo
Grossesses en milieux scolaires: Grosse intox?

Suite à la publication de statistiques alarmantes par un quotidien de la place en fin d'année 2015, nous nous sommes intéressés de près au phénomène, en ciblant une région fortement indexée par l'organe de presse en question.

Info ou intox ?

Nos pérégrinations nous ont conduit à interroger des professionnels de l'éducation et plusieurs personnes issues de couches socioprofessionnelles diverses.

Si du côté du personnel enseignant et des parents d'élèves, la thématique est abordée sans faux-fuyant, ce n'est pas forcément le cas du côté de certains responsables du système éducatif qui ont exprimé une gêne visible et une attitude discourtoise, choquante à la limite.

Les parents d'élèves admettent en effet qu'il y a problème, et que le personnel enseignant ne joue pas bien son rôle d'encadreur et d'éducateur. A preuve, dans nombre des cas, les auteurs de ces grossesses qui hypothèquent l'avenir des jeunes filles, sont des professeurs, des éducateurs etc.

Les responsables du système éducatif admettent qu'il y a problème, en renvoyant la balle aux parents d'élèves qui sont accusés d'avoir jeté l'éponge et de laisser livrées à elles-mêmes, des jeunes filles dépourvues de moyens financiers et à la portée des prédateurs sexuels.

Quand nous nous sommes rapprochés de Madame la Responsable de la DREN (Direction Régionale de l'Education Nationale) pour la localité en question, nous avons été traités sans ménagement. L'argument majeur avancé est qu'il y aurait une grosse intox de la part du quotidien en question, dans quel souci inavoué ?

En pareille situation, la publication de chiffres clairs et reflétant une réalité jugée disproportionnée dans l'argumentaire du journaliste, suffirait à rétablir l'ordre des choses. Que nenni ! Il nous est brandi un document non paraphé, jamais publié, qui est censé être la réplique adressée à divers organes de presse pour se dégager de toute velléité de campagne malsaine.

Qu'est-ce qui dérange réellement ? est-on en droit de s'interroger. Est-ce l'identité des auteurs des grossesses sur des personnes mineures et la psychose des suites pénales ? Y-a-t-il besoin de ménager sa propre image et ses compétences dans l'occupation d'un poste dont les critères de nomination relèvent pour la plupart du politique ?

Autant de questions qui méritent réflexion.

Grossesses en milieux scolaires: Grosse intox?

Dans tous les cas, la diffusion des travaux de nos investigations coince. Nous avions même observé des mouvements suspects d'hommes en armes et une surveillance discrète de nos mouvements.

Un responsable de média panafricain nous a en substance rétorqué, après avoir pris connaissance de la fiche technique, qu'il est temps de sortir des clichés habituels de l'Afrique en proie à toutes sortes de maux, de misère, pour présenter l'image d'un continent dynamique. Soit ! Une Afrique dynamique, mais qui n'ira pas bien loin avec une jeunesse livrée à ses propres maux qu'on badigeonne d'une savante couche de maquillage artistique, afin qu'elle affiche un visage avenant. Si à cela se limite nos projets pour le réveil de ce continent bien-aimé, c'est carrément une farce ! C'est entretenir l'illusion ! Or, " la cage dorée ne nourrit pas l'oiseau " dixit un auteur.

En tout état de cause, nul ne pourrait nier l'acuité de la problématique dans un milieu pauvre et forcément vulnérable, toutefois, il convient par respect pour tous les acteurs, les familles et la société elle-même de donner l'exactitude de la situation, afin que les mesures de prévention ou la réplique sur le terrain ne soient pas mal ajustées.

Zéro grossesse en milieu scolaire, parce que zéro politique de l'autruche !

Félicité Annick Foungbé Zimo,

Romancière et Réalisatrice


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