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L’équipe de France aux portes de l’enfer

Publié le 17 juin 2008 par Journalsudouest
AVANT LE MATCH FRANCE - ITALIE. Pour se qualifier pour les quarts de finale, les Bleus doivent battre les champions du monde. Mais dans le même temps, il ne faut surtout pas que la Roumanie l’emporte face aux Pays-Bas…
Depuis hier matin, la pluie et le brouillard sont de retour sur les rives du lac Léman. En plus, ça pèle. Du haut de leur nid d’aigle, à l’hôtel Mirador, l’horizon des Bleus est obscurci. Ils ne distinguent plus la côte française et les Alpes de Haute-Savoie. À l’image de leur position dans ce groupe C. Ils ont beau regarder devant, emprunter les jumelles des journalistes qui scrutent habituellement les entraînements à huis clos, ils n’aperçoivent toujours rien. Aucun signe, aucun indicateur. C’est le flou le plus total. Ils paraissent livrés à eux-mêmes, au milieu d’une eau dormante, escortés par le doute et l’angoisse d’une proche disparition.
Aux portes de l’enfer. L’équipe de France est sans doute plus proche du terminus que de la poursuite de l’Odyssée. Voilà le destin cruel auquel elle sera confrontée, ce soir à Zurich, lors d’une rencontre cruciale ou inutile à livrer face à l’ennemi intime, l’Italie. En fait, le dénouement dans ce groupe C ne dépend pas des finalistes de la dernière Coupe du monde. Mais de la Roumanie dans l’autre rencontre de la soirée qui l’opposera à l’équipe B des Pays-Bas. Si les protégés de Victor Piturca l’emportent, ils ouvriront les portes de l’enfer aux Français et aux Transalpins. C’est uniquement dans ce cas de figure que le duel des éléphants n’aura aucun enjeu.
Oui, les Bleus sont au bord du précipice. Comme un funambule, mal engagé sur son fil ténu. D’un côté le vide, de l’autre le néant. Et en face, un gaillard des Carpates, égoïne à la main, prêt à sectionner le filin. Pas facile de danser la Carmagnole sur cet air-là ! Alors, toute la France tremble. Et l’espoir n’est pas l’arme psychologique la mieux partagée. On préfère voir la vie en noir pour exploser de joie en cas de miracle. Car une qualification pour les quarts de finale sera considérée autant comme un exploit qu’un petit miracle. Arsène Wenger l’a fort justement reconnu, dimanche matin à Téléfoot : « Si j’étais Néerlandais, je préférerai que la Roumanie se qualifie ».
Penser à son propre match. Logique, en cas de demi-finale entre les deux premiers du groupe C, mieux vaudrait affronter un onze roumain à bout de forces que la France ou l’Italie qui se bonifie toujours en haute altitude.
À l’heure du coup d’envoi, faire abstraction de tous les comptes d’apothicaire sera une nécessité. Se polluer l’esprit par toutes ses considérations, ses interrogations, ses incertitudes serait la pire façon de préparer ce France - Italie de la survie. Les hommes de Raymond Domenech doivent penser avant tout à leur jeu, leur comportement, leur détermination et leur conviction. Et s’ils parviennent à dompter le champion du monde, alors là, il sera temps d’écouter le résultat de l’autre match. L’instant sera à l’explosion de joie ou aux larmes. Champagne pour fêter ça ou Cognac pour l’oublier.
L’équation paraît simple même si les inconnues donnent le vertige. Bien sûr, cette Italie-là est à la portée d’une équipe de France fringante, bien organisée, solide derrière et efficace devant. Soit tout ce qu’elle n’est pas pour le moment. Mais à écouter joueurs et sélectionneur, elle monte en puissance et ce troisième match arrive à point nommé pour en juger. Acceptons en l’augure. D’ailleurs, les Tricolores ont réussi quarante minutes de grande qualité face aux Pays-Bas. Du jeu vers l’avant, du mouvement, de la disponibilité, des libérations de balle rapides, des déviations, des redoublements de passes et des occasions nettes.
D’étranges similitudes. S’ils parviennent à étirer leurs temps forts et à réduire leurs temps faibles, ils auront plus de chances de s’imposer. Mais attention, même affaiblie par l’absence de Cannavaro, la Squadra Azzurra ne se rendra pas les armes à la main. Pour le moment, elle n’a pas été épargnée par les décisions arbitrales défavorables avec le premier but hors-jeu accordé à Van Nistelrooy et le but de Luca Toni refusé pour un hors-jeu inexistant contre la Roumanie. Elle attaque mieux qu’elle ne défend. Voilà une étrange similitude entre deux sélections qui ne se quittent plus d’un pouce depuis le 12 juillet 2006. Engagées dans le même groupe des éliminatoires, elles se sont qualifiées pour l’Euro avec l’Italie, première, et la France, deuxième. Pourtant, Govou a puni les Transalpins à l’aller (3-1) avant qu’un nul ne vienne solder le retour (0-0).
Il s’agira, ce soir, de la quatrième confrontation en deux ans. Du rarement vu sur la scène internationale. L’enjeu ne concernera pas, cette fois, l’attribution du trophée suprême. Dommage ! Seulement, d’une précieuse place en quart de finale pour éviter le fiasco et une rentrée tête basse au pays.
Alain Goujon envoyé spécial


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