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Asthme et bronchite

Publié le 17 juin 2008 par Dunia

Quinte de toux où les affres de la coquetterie

L’Espagne -enfin mes parents surtout- m’a contrariée. N’empêche que dans le sud sec et ensoleillé je respirais bien. J’arrivais même à nager d’innombrable longueurs de piscine sans éprouver la moindre gène. D’ailleurs je me disais ” Allez hop Dunia dans l’eau, tu t’arrêteras de nager quand tu seras épuisée”. Or, ne m’épuisant pas, je finissais par cesser les brasses par ennui. Je ne suis pas une bonne nageuse -je nage comme une mémère- pas plus qu’une bonne joggeuse ou quoi que ce soit de sportif, mais j’ai toujours été une endurante, qualité qui s’est évaporée avec l’arrivée de l’asthme or, durant ces vacances, j’ai eu l’impression de retrouver mes seize ans. Illusion. Depuis mon retour dans le Jura neuchâtelois, entre la pluie, l’humidité, le pollen et la vapeur d’eau qui élève la poussière de semence florale à hauteur de nez, j’étouffe. Cet état n’a cessé d’empirer jusqu’à hier, où je me suis aperçue que non seulement je me coltine des crises d’asthme, mais qu’actuellement je suis de surcroît atteinte d’une bronchite. Cela m’avait complètement échappé. Depuis que j’ai été diagnostiquée asthmatique sévère il y a deux ans et demi, je n’ai jamais plus eu de bronchite. Soigner l’asthme quotidiennement, protège mes poumons des vilains virus et microbes qui l’attaquaient sans arrêt lorsque je m’ignorais asthmatique. En effet, l’irritation permanente dans laquelle ils se trouvaient, favorisait l’implantation de germes en tout genre. L’idée d’une bronchite ne m’a donc pas effleurée. Il a fallu qu’hier soir, malgré les nombreuses inhalations de médicaments contre l’asthme, je vomisse mon souper sur mes genoux lors d’une violente quinte de toux - si si j’adore donner les détails peu ragoûtants, je précise même que c’était acide et puant car j’avais mangé de la rhubarbe du jardin, un vrai bonheur - pour que je réalise que mes chauds-froids, mes nuits agitées de tremblements et le sable qui gratte mes poumons, proviennent davantage d’une bronchite que de l’asthme auquel elle s’ajoute, entraînant des problèmes respiratoires des plus désagréables. J’ai donc pris une grosse cuillère de sirop, me suis mise au lit et Ô Miracle, j’ai presque dormi d’un sommeil apaisé.

En réfléchissant un peu, je me suis souvenue à quel moment j’ai attrapé cette sgreugneugneu de bronchite. La semaine passée, un jour où le soleil jouait avec les nuages tandis que le thermomètre exhibait un torride quinze degrés, j’ai décidé de traverser la ville à pied, avec ma chienne, pour me rendre dans une administration régler l’un des nombreux problèmes qui m’attendaient à mon retour de Benidorm. Le seul avantage que je trouve à avoir augmenté de… euh… vingt-cinq à trente kilos - certes, je dis toujours vingt kilos mais en réalité c’est un tantinet plus- avec mes prises de Prozac et de Prednison -ceux qui regardent à la TV l’irritable mais séduisant Dr.House savent que ce dernier médicament est en fait de la cortisone- c’est qu’au dessus de l’odieux ventre de mamma italienne d’antan*, ayant accouché de onze marmots -je ne critique pas les mamma italiennes, ce qui est beau et touchant chez une mère l’est moins chez une femme dont les entrailles sont restées stériles- j’arbore une superbe poitrine toujours cachée par un sous-pull, un lainage et une grosse veste imposés par le climat de la région. Du coup, à mon grand dam, on ne voit que mon fessier en tambourin, surmonté de vêtements qui me donnent une allure de bonhomme Michelin. Afin de me décomplexer un peu, après avoir regardé le ciel en estimant que s’il n’avait pas plu de la journée, il n’y avait aucune raison pour qu’il pleuve lors ma sortie, j’ai enfilé un t-shirt grandement décolleté afin de mettre en valeur la seule chose valorable* que j’aie en ce moment- hormis mon cerveau bien sûr, mais celui-là je suis pour ainsi dire la seule à le trouver intéressant- et suis partie pimpante, les seins pigeonnants. J’avais à peine parcouru cinquante mètres, qu’un énorme orage a éclaté, déversant avec colère des milliers de litres d’eau. Étant pressée - il était quatre heure moins le quart, et cette administration ferme ses portes à quatre heures et demie- j’ai refusé de rebrousser chemin ou de remettre cette activité au lendemain, espérant qu’il s’agirait d’une pluie de courte durée. Erreur de calcul. J’ai marché durant trois-quart d’heure -je marche vite mais après l’épisode administratif j’avais rendez-vous avec une amie, il m’a donc fallu remarcher un peu- sous une pluie furieuse tandis que le thermomètre plongeait de quelques degrés centigrades pour frôler les douze degrés venteux. J’étais, effectivement, très sexy en t-shirt mouillé, les cheveux dégoulinant sur les épaules découvertes. Resserrée par la chair de poule, ma peau retrouvait la fermeté de ses vingt ans. De fines rivières ruisselaient sur le rebondi de ma poitrine tandis que mon épiderme, huilé par la pluie, brillait la tentation. Tandis que je pelais de froid, les mecs, jeunes et vieux, protégés derrière le pare-brise de leur bagnole, me regardaient telle la Vénus sortant du bain. A moins que ce ne soit comme une tapineuse un jour d’orage. Résultat: ma vanité a été punie d’une bronchite qui brûle ma poitrine non pas de sex-appeal, mais des glaires épais qui la noient.

*Mamma italienne d’antan: je précise d’antan, car de nos jours l’Italie figure parmi les pays d’Europe où la natalité est au plus bas.

*Valorable: oui je sais, ce mot espagnol n’existe pas en français mais, comme il est comprehensible de tous, je l’introduis dans mon dictionnaire perso des mots qui devraient figurer dans la langue française. En français on dirait “évaluable” mais dans ce contexte il me plaît moins que “valorable”.

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Depuis mon retour, il pleut. Cette photo de graminée mouillée, a été prise le 8 juin.


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