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CANNABIS: Et si le cannabidiol se transformait en THC dans l'estomac? – Cannabis and Cannabinoid Research

Publié le 25 juin 2016 par Santelog @santelog

CANNABIS: Et si le cannabidiol se transformait en THC dans l'estomac? – Cannabis and Cannabinoid ResearchL’estomac humain  » capable  » grâce à ses fluides gastriques de convertir le cannabidiol (CDB) en Δ9-tétrahydrocannabinol (THC) ou autres composés psychoactifs du cannabis ? Cette étude, présentée dans la revue Cannabis and Cannabinoid Research, le suggère, in vitro et apporte ainsi une explication possible à certains effets indésirables, comme la somnolence ou la fatigue, associés aux  » nouveaux médicaments  » à base de cannabidiol.

Un petit rappel : les plantes  » du genre Cannabis  » (sativa et indica) utilisées en médecine traditionnelle depuis des millénaires contiennent près de 500 composés différents appartenant à 18 classes de produits chimiques, il reste donc complexe d’attribuer ses différents effets physiologiques à un famille de composés en particulier. Cependant, sur les plus de 100 phytocannabinoïdes identifiés dans le cannabis, les 2 les plus étudiés et les mieux connus sont

·   son principal constituant psychoactif, le Δ9-tétrahydrocannabinol (Δ9-THC),

·   son composant non psychoactif le plus important, le cannabidiol (CBD).

D’autres phytocannabinoïdes ont été isolés dans le cannabis, et documentés pour leur activité biologique (Δ8-THC, cannabinol, Δ9-tetrahydrocannabivarin et cannabidivarin).

Aujourd’hui, on connaît mieux la gamme des effets pharmacologiques du THC et du CBD, y compris en interaction avec un réseau de signalisation endogène appelé système endocannabinoïde, en particulier avec deux récepteurs connus sous le nom de CB1 et CB2. CB1 est exprimés dans le cerveau et dans la moelle épinière, CB2 principalement dans les tissus du système immunitaire (macrophages) et certaines cellules du cerveau autres que les neurones.

Des promesses dans le traitement de multiples pathologies : De nombreuses études ont commencé à documenté les effets, dont thérapeutiques de ces phytocannabinoïdes, avec, pour

·   THC : des données suggérant sa capacité à traiter la douleur, réduire les nausées et les vomissements, et à augmenter l’appétit.

·   ​​CDB : sa capacité antiémétique (anti-nausées), anticonvulsivant, anti-inflammatoire, et certaines propriétés antipsychotiques

·   Les composés ont été testés ans de multiples pathologies : la sclérose en plaques, la schizophrénie, la manie bipolaire, trouble d’anxiété sociale, l’insomnie, la maladie de Huntington, et l’épilepsie. Dans l’ensemble, le CDB présente un profil de sécurité positif, avec des résultats encourageants dans le traitement de l’inflammation, du diabète, cancer, troubles émotionnels, maladies neurodégénératives, et épilepsie.

Mais des effets indésirables dans le traitement de l’épilepsie : si l’usage du cannabis médical et la piste cannabidiol semblent prometteurs dans l’épilepsie, il ressort des études, en particulier sur les sujets pédiatriques recevant du CDB par voie orale, une incidence relativement élevée d’événements indésirables (≤44%), dont la somnolence (≤21%) et la fatigue (≤17%).

La question de la transformation du cannabidiol en milieu acide : les auteurs montrent in vitro qu’en milieu acide, le cannabidiol peut se transformer en Δ9-THC et en d’autres cannabinoïdes psychoactifs. Leur étude in vitro a été réalisée en évaluant la formation de cannabinoïdes psychoactifs au sein des produits de dégradation possibles de la CDB dans des conditions gastriques et physiologiques simulées. Les auteurs concluent qu’in vitro, un fluide proche du fluide gastrique convertit bien le cannabidiol en composants psychoactifs Δ9-THC et Δ8-THC, ce qui pourrait contribuer à expliquer une partie des effets indésirables des médicaments à base de cannabidiol pris par voie orale. En pratique, des patients traités par de tels médicaments pourraient ainsi être exposés à des niveaux de THC et d’autres cannabinoïdes psychoactifs pouvant entraîner une réponse physiologique. S’il reste encore à prouver le même processus en situation réelle ou in vivo, dans l’estomac humain, les chercheurs appellent donc à travailler sur de nouvelles formes galéniques qui réduisent le risque de formation de cannabinoïdes psychoactifs.

Source:Cannabis and Cannabinoid Research 2016 doi:10.1089/can.2015.0004Identification of Psychoactive Degradants of Cannabidiol in Simulated Gastric and Physiological Fluid

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