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Le bruit, ses conséquences et ses coûts

Publié le 28 juin 2016 par Nicomak @Myriam_Nicomak

Depuis le réveil du matin au coucher dérangé par l’activité de la rue, en passant par les trajets jusqu’au travail, au bruits des bureaux et du voisinage… nous sommes exposés tout au long de la journée à des bruits divers et variés.

Qu’est ce que le bruit ?

Volume sonore
Pour L’Organisation Internationale Normative (ISO), le bruit est définit comme « un phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme gênante et désagréable ». Le volume sonore se mesure en décibels (dB) et devient dangereux pour l’ouïe lorsqu’il atteint les 85 dB, d’une manière prolongée. Le réel danger est définit au seuil de 135 dB même pour une courte durée.

Les transports, les activités, mais aussi la mauvaise isolation des logements participent à l’omniprésence du bruit dans nos vie. On peut citer notamment tous les appareils électriques pour le bricolage ou le jardinage, les bruits de rue et bien sûr les téléphones, la télévision, les consoles de jeux et autres appareils pour écouter de la musique qui sont de plus en plus présents.

L’Ademe annonce que 43 % des Français disent être gênés par le bruit, celui-ci se révélant avoir un impact sur notre bien-être et santé.

Les impacts physiques, physiologiques et psychologiques du bruit

L’effet physique immédiat d’une exposition à un bruit intense est le sifflement d’oreille ou les acouphènes. Dans le cas d’expositions à des niveaux sonores élevés sur des longues périodes, les cellules de l’oreille interne vont être dégradées ce qui provoquera une altération de l’audition, voire une surdité précoce lors de l’exposition répétée à des volumes sonores élevés tels que dans les discothèques, ou à cause d’une utilisation répétée de baladeurs à forte puissance.

Plusieurs études ont été menées et d’après René Gamba, président de la commission technique du CNB (Conseil National du Bruit), ce n’est pas le bruit en lui-même qui provoque des troubles métaboliques, physiques et psychologiques sanitaires mais plutôt le stress qui est généré et qui fatigue. En effet, le stress déclenché par exemple lors d’une activité professionnelle exercée dans un bruit qui semble incontrôlable est source d’insatisfaction au travail, parfois même d’agressivité et surtout de troubles de sommeil. Une étude montre que ces troubles du sommeil sont deux fois plus fréquents chez les hommes dont le domicile est exposé au bruit routier (bruit supérieur à 60 dB). De plus, le stress peut provoquer un dérèglement des cycles du sommeil et ainsi une fatigue chronique. On sait pourtant que le sommeil est primordial pour être au top de nos capacités physiques et mentales !

Autre chiffre inquiétant : la prise de médicaments contre l’hypertension est 5,6 fois plus fréquente chez les hommes de 40 à 69 ans dont le domicile est survolé par des avions. En effet, il est prouvé que le bruit est un facteur de risque pour les maladies cardio-vasculaires, avec notamment une accélération du rythme cardiaque pour les travailleurs constamment exposés.

Dernier effet que nous évoqueront dans cet article : la gêne. La tolérance au bruit varie suivant les personnes mais quand la gêne devient fréquente, elle peut être la source de pathologies telles que la dépression ou des troubles de la concentration.

Les coûts engendrés

La Conseil National du Bruit a publié une étude le 14 juin 2016 sur les différents coûts causés par le bruit en France métropolitaine.

The illustration shows a woman holds her ears as a lorry drives by in busy traffic in Hamburg, Germany, 11 January 2013. Photo: Axel Heimken

Le bruit lié aux transports serait la cause d’un coût de 11,5 milliards sur la santé ! Le transport routier est le principal responsable (89%), devant le trafic ferroviaire (9%) et le trafic aérien (2%). Selon le Conseil National du Bruit, « les troubles du sommeil représentent l’impact le plus fort (54% du coût total sur la santé), suivi par la gêne (40%) et les maladies cardiovasculaires (6%) ».

Le bruit au sein des lieux professionnels gênerait 58% des salariés en France, soit environ 14 millions de personnes qui déclarent pour la plupart exercer un travail fatigant nerveusement et physiquement. Il aurait été intéressant de pouvoir évaluer le coût économique de ces conditions de travail qui affectent les capacités de concentration, de réactivité et la productivité mais aucune étude n’a aboutit. E&Y a cependant estimé que les 58% de salariés affectés perdent cinq jours de travail par an sur les quelque 220 jours travaillés. Cependant l’évaluation du coût des accidents du travail provoqués par le bruit ont été quantifiés : 1,2 milliards d’euros en ce qui concerne la surdité et 1,1 milliards d’euros regardant les masquage des signaux d’alerte, détournement d’attention causés par le bruit.

D’autres coûts ont été estimés, notamment celui lié à la cotation annuelle de l’immobilier français avec une perte de valeur des logements proches de sources de bruit liés aux transports : près de 7,1 milliards d’euros. Le coût sur la scolarité est aussi intéressant et est lié aux troubles de sommeil causés par les transports avec un coût de 300 millions d’euros et la responsabilité des nuisances sonores à la hauteur de 20% des décrochages scolaires. Ainsi, le coût social du bruit en salle de classe serait de l’ordre de 6 milliards d’euros par an.

bruit voisinage

En estimant les coûts sanitaires causés par le bruit du voisinage, aussi dérangeant pour les français que celui des transports, à la même hauteur que ceux provoqués par les transports, soit 11,5 milliards d’euros, les pollutions sonores seraient alors responsables environ 57 milliards d’euros chaque année à la France !!

Responsables de pollution sonore et de pollution de l’air, les transports semblent avoir un grand impact sur notre santé…


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