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A qui profite vraiment la fin des sacs plastique ?

Publié le 07 juillet 2016 par Kfjznefzirz

Depuis le 1er juillet dernier, les sacs à usage unique sont censés avoir disparu des magasins, grâce à la loi de transition énergétique votée en aout 2015 (les sacs pour l'emballage de denrées alimentaires - fruits et légumes, viande, poisson... bénéficient d'un sursis jusqu'au 1er janvier 2017). A supposer que les Français se tournent davantage vers le réutilisable, il va quand même falloir trouver des alternatives. Qui seront les gagnants (et les perdants) de cette règlementation ?

1/ Les fabricants de sacs poubelle

" 80% des sacs de caisse finissent comme sacs poubelles ", souligne dans Le Monde Sylvie Bergero, directrice marketing France chez Melitta, la maison mère de la marque Handy Bag. Le fabricant allemand se frotte donc les mains et anticipe une hausse de ses ventes, une fois que les consommateurs auront épuisé leur stock. Entre 2002 et 2013, le nombre de sacs de caisse gratuits distribués dans les grandes surfaces est passé de 10,5 milliards à environ 600 millions d'après Eco-Emballages. Dans le même temps, le marché du sac poubelle en GMS a progressé de 53% en valeur et de 48% en volume, d'après Nielsen. Chez le concurrent français SPhere, on a aussi constaté " une augmentation de 15% des ventes de sacs poubelle de 20 litres ". Le système de vases communicants semble donc parfaitement rôdé. Les MDD, qui pèsent 74,2% du marché, risquent toutefois de rester les grands bénéficiaires du transfert. Pas sûr en effet que les consommateurs soient près à échanger leurs sacs gratuits contre des sacs poubelle qui reviennent environ à 20 centimes pièce.

2/ La filière bioplastique

Depuis des années déjà, les supermarchés proposent des sacs compostables vendus entre 0,4 et 20 centimes. Les fabricants de ces produits vont ainsi certainement profiter de la nouvelle réglementation. " Potentiellement, la production de sacs biosourcés va être multipliée par près de dix, à environ 40 000 tonnes par an ", se réjouit Jean-Marc Nony, responsable développement durable chez SPhere, dans Capital. Un bon point aussi pour réduire leur dépendance au pétrole, même si ce dernier a vu son prix chuter en 2015. Selon le ministère de l'environnement, le développement des plastiques biosourcés a déjà permis la création de 3 000 emplois en France. Sauf que de l'autre côté, l'Association française de fabricants de films et sacs plastique (A3FSP), explique elle que l'interdiction des sacs de moins de 25 litres à usage unique " menace de détruire une grosse partie des 3 000 emplois de cette branche en France [...] principalement au bénéfice de fabricant de sacs papier d'Europe du Sud ". Un jeu à somme nulle ?

3/ Les enseignes de la grande distribution

La distribution de sacs de caisse gratuits coutait chaque année environ 110 millions d'euros aux distributeurs en 2007, d'après le magazine Linéaires. L'économie est substantielle, surtout que de l'autre côté, les enseignes engrangent les bénéfices des sacs payants et de la hausse du chiffre d'affaires des sacs poubelle. Sauf qu'elles ne sont pas gagnantes à tous les coups. Car en 2017, les sacs alimentaires devront eux aussi être remplacés, et là, pas question de facturer le client. " Nous utilisons deux millions de sacs plastique par an au rayon fruits et légumes ", explique le directeur du Leclerc de Lanester à Linéaires. " Cela nous coûte 11 000 euros par an. Si on passe aux sacs en papier, ce sera deux fois plus cher ; dix fois plus cher si on opte pour les sacs en plastique biodégradable" . La Fédération du commerce et de la distribution évoque elle déjà un surcoût de 300 millions d'euros.

En 2020, ce sera au tout de la vaisselle jetable (gobelets, verres et assiettes jetables) d'être bannie des supermarchés. Le rayon représente un chiffre d'affaires de 229 millions d'euros par an, d'après Nielsen. En passant au réutilisable, il risque tout simplement de s'évaporer. Qui en profitera ? Les fabricants chinois de vaisselle mélaminée ?

A qui profite vraiment la fin des sacs plastique ?

Journaliste économique depuis 10 ans, je me suis beaucoup intéressée au secteur de la grande distribution et au digital. Aujourd'hui en recherche d'opportunités, j'écris avec plaisir pour le blog Marketing PGC. Mon péché mignon : les petits-suisses à la banane. Ma Kryptonite : le dentifrice à la menthe.


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