Magazine Santé

DÉPRESSION: Et si l'on travaillait l'action plutôt que la pensée? – The Lancet

Publié le 24 juillet 2016 par Santelog @santelog

DÉPRESSION: Et si l'on travaillait l'action plutôt que la pensée?  – The LancetCes chercheurs de l’Université d’Exeter démontrent que la thérapie  » d’activation comportementale  » (Behavioural Activation), une psychothérapie simple à mettre en œuvre et peu coûteuse, pourrait permettre une meilleure gestion de la dépression que la plus classique thérapie cognitivo-comportementale. De quoi s’agit-il ? D’une thérapie tournée vers l’apprentissage du bon comportement et non de la bonne pensée, face à une situation donnée. Des conclusions, présentées dans le Lancet, importantes étant donnée la prévalence élevée de la dépression et l’économie possible, soit 20% des dépenses de santé qui lui sont associées.

Il s’agit en pratique d’une thérapie par la parole, orientée vers l’action positive. L’activation comportementale consiste à aider les personnes souffrant de dépression à modifier leur comportement en renforçant le lien entre leur comportement et leur humeur. Les thérapeutes aident les patients à se souvenir de situations positives dans leur vie mais également à faire face aux situations difficiles, en les aidant à identifier les meilleurs comportements, les plus constructifs pour faire face à ces situations. Au contraire de la thérapie cognitivo-comportementale orientée vers une meilleure gestion intérieure de la pensée et des croyances, l’activation comportementale est décrite comme une thérapie tournée vers l’extérieur et vers l’action. Cette thérapie d’activation comportementale peut-être délivrée par des personnels non-spécialisés mais ayant suivi une formation adaptée.

Premier avantage, faire face au besoin croissant de soins liés à la dépression : la dépression est un trouble de santé mentale de plus en plus fréquent, on estime à 350 millions, le nombre de personnes dépressives dans le monde. Les chercheurs estiment son coût à 5 milliards sur la seule économie américaine, de 2011 et 2030. L’alternative aux médicaments, la thérapie cognitivo-comportementale, délivrée par des cliniciens et de thérapeutes spécialisés est coûteuse et n’est pas accessible à tous. Au Royaume-Uni ainsi, seul 1 patient atteint de dépression sur 10, y aura accès. De nombreuses personnes atteintes de dépression restent ainsi sans traitement. La thérapie d’activation comportementale apparaît donc comme une nouvelle option, de nature à répondre à ce besoin croissant, d’autant plus facilement qu’elle peut être délivrée par des personnels de santé  » juniors  » mais formés.

Des preuves de réductions de coût et d’efficacité : l’étude COBRA (pour Cost and Outcome of Behavioural Activation versus Cognitive Behavioural Therapy for Depression) montre, sur un échantillon de 440 adultes souffrant de dépression, répartis au hasard pour recevoir soit 20 séances d’activation comportementale délivrées par de jeunes  » recrues  » en santé mentale soit 20 séances de thérapie cognitivo-comportementale, montre, à 1 an, la  » non-infériorité  » de la nouvelle thérapie. Ainsi, les 2 tiers des participants des 2 groupes déclarent :

·   une réduction d’au moins 50% des symptômes dépressifs,

·   des nombres similaires de jours  » de déprime  » ou de rémission.

ØEnfin, les coûts d’intervention sont confirmés comme significativement plus faibles pour l’activation comportementale.

Une remise en question de la thérapie cognitivo-comportementale comme thérapie psychologique de première intention :  » L’activation comportementale devrait être le traitement de première intention pour la dépression au Royaume-Uni en raison de son potentiel énorme à ouvrir l’accès à tous les patients à une prise en charge psychologique « , écrivent les auteurs. Il reste à lever les obstacles importants à la mise en œuvre de toute nouvelle pratique clinique, commentent les experts. Avec, parmi les obstacles courants, le manque de formation et de soutien pour les personnels, structures et systèmes de santé, le doute ou la faible acceptabilité des patients, la stigmatisation à l’égard du traitement, la culture organisationnelle etc… Ce ne sont que des obstacles surmontables par l’activation comportementale, un traitement prometteur et accessible à tous.

Source: The Lancet July 2016 DOI: 10.1016/S0140-6736(16)31140-0 Cost and Outcome of Behavioural Activation versus Cognitive Behavioural Therapy for Depression (COBRA): a randomised, controlled, non-inferiority trial

DÉPRESSION: Et si l'on travaillait l'action plutôt que la pensée?  – The Lancet
Plus de 100 étudessur la Dépression

Lire aussi : DÉPRESSION: Rien ne vaut les visites des proches pour la conjurer


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Santelog 71170 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine