Scandaleuse affaire au Canada : Elle a douze ans et son père estime qu'elle passe trop de temps sur internet. Il l'a punie en la privant de voyage scolaire. Elle rencontre un avocat qu'elle connaît par le divorce de ses parents. L'affaire est jugée : le père a été mis en défaut puisque la juge a estimé que l'enfant soutenu par sa mère avait déjà été privée d'internet et que la sanction portant sur le voyage était superflue.
Hormis l'aspect saugrenu de cette histoire (divorce, donc manque de cohésion des parents dans l'éducation de leur fille, déjà sur internet à 12 ans; la privation d'internet jugée comme une punition forte quand on connaît les dangers du net, etc... ), la question principale à se poser : que fait la justice dans une famille où personne ne court aucun risque vital? Quel est ce droit qui porte préjudice à l'autorité naturelle d'un parent?
La Doctrine sociale de l'Église est claire (CDSE par 214) et interdit tout entrisme de l'Etat dans une famille au nom du principe de subsidiarité qui s'applique dans ce cas-là :
"La priorité de la famille par rapport à la société et à l'État doit être affirmée. En effet, la famille, ne serait-ce que dans sa fonction procréatrice, est la condition même de leur existence. Dans les autres fonctions au bénéfice de chacun de ses membres, elle précède, en importance et en valeur, les fonctions que la société et l'État doivent remplir.471 La famille, sujet titulaire de droits inviolables, trouve sa légitimation dans la nature humaine et non pas dans sa reconnaissance par l'État. Elle n'existe donc pas pour la société et l'État, mais ce sont la société et l'État qui existent pour la famille. Tout modèle de société qui entend servir le bien de l'homme ne peut pas faire abstraction du caractère central et de la responsabilité sociale de la famille.
La société et l'État, dans leurs relations avec la famille, ont en revanche l'obligation de s'en tenir au principe de subsidiarité. En vertu de ce principe, les autorités publiques ne doivent pas soustraire à la famille les tâches qu'elle peut bien remplir toute seule ou librement associée à d'autres familles; par ailleurs, ces mêmes autorités ont le devoir de soutenir la famille en lui assurant toutes les aides dont elle a besoin pour assumer l'ensemble de ses responsabilités de façon adéquate".
Lahire
