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Interview de Maxime, expatrié français en Suisse depuis 2014

Publié le 09 août 2016 par David Talerman

J’avais commencé il y a quelques années une série de portraits d’expatriés en Suisse, et l’avais un peu laissé de côté. Je reprends le fil de ces témoignages d’étrangers venus s’expatrier en Suisse, avec le portrait de Maxime qui va nous expliquer comment il est arrivé en Suisse, comment il a été recruté, comment il a vécu son expatriation en Suisse, ses relations avec les locaux, ce qu’il a apprécié… et ce qui lui a moins plu.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 37 ans, j’ai 2 enfants de 12 et 9 ans.

J’ai vécu une grande partie de ma vie à Paris, et l’appel de la Montagne a été le plus fort : j’ai déménagé dans la région Rhône-Alpes au cours de l’été 2014, suite à une opportunité professionnelle qui m’était offerte (la création d’une antenne de ma société à Grenoble).
Je me suis à l’époque installé entre Grenoble et Chambéry. Peu de temps après mon arrivée, la boîte a fermé, car le patron est parti avec l’argent. Je me suis donc retrouvé sans emploi.

Comment es-tu arrivé en Suisse ?

Dans mon job précédent, je travaillais avec la Suisse dans le cadre d’un partenariat qui existait avec une société suisse qui fabrique et commercialise du matériel de protection informatique. C’est cette même société suisse avec qui j’avais travaillé plusieurs années, qui m’a contacté pour me proposer un poste de Manager des ventes, basé à Lausanne.

Ma première réaction a été refuser cette proposition : tout d’abord parce que j’étais très bien installé en France, et aussi parce que j’avais pas mal d’a priori : je pensais que les Suisses n’aimaient pas les Français, qu’on n’était pas particulièrement appréciés là-bas. J’ai donc décliné la proposition. Une semaine plus tard, la société m’a rappelé pour me proposer de nouveau le poste et me disant qu’ils me connaissaient, qu’ils me faisaient confiance, qu’ils savaient ce que j’étais capable de faire et d’apporter à la société.

Comment s’est passé ton recrutement ?

J’ai passé tout le processus de recrutement, avec pas mal d’entretiens à la fois en Suisse et en Italie. Il s’est écoulé plusieurs mois entre le début et la fin du processus de recrutement. Ça a été long. Finalement, le 14 septembre 2014, j’ai reçu un contrat de travail d’une page.
Ça a effacé tout ce que j’imaginais de la Suisse. A partir de ce moment, tout a été simple et facile. J’ai eu affaire dans la société à des personnes très attentionnées. Même chose à l’Office de la population, où on a pris le temps de m’écouter et m’aider lors de mes différentes démarches administratives.

Comment s’est passée ton installation ?

Je suis installé à titre de célibataire à Montreux. J’ai mis du temps à trouver quelque chose car il n’y avait rien d’accessible sur le marché immobilier. Et puis à l’automne, en septembre, les choses se sont débloquées avec pas mal d’annonces immobilières et j’ai finalement trouvé assez facilement. La gérance ne m’a pas demandé de caution, pas de mois d’avance, tout a été facile.

L’ouverture du compte bancaire n’a posé absolument aucun problème.

Avec un peu de recul, que peux-tu dire de ton expérience en Suisse ?

Ce que je peux dire, c’est que j’avais plein d’a priori, et qu’ils se sont tous effondrés les uns après les autres.

Pour moi, la Suisse, c’était pour les riches, pour les privilégiés. Et comme je n’avais pas de diplôme d’ingénieur bien que travaillant dans une société industrielle et technologique, je me disais que je n’étais pas forcément intéressant pour une société étrangère. Au contraire, ce qui les a intéressé, c’est mon expérience terrain, pas mes diplômes.

Ce que j’ai également apprécié, c’est que l’entreprise te fait confiance, elle attend juste que tu lui montres ce que tu sais faire. C’est vraiment très motivant. Je voulais aussi vous remercier, car sur votre site www.travailler-en-suisse.ch, les informations sont les plus simples, les plus claires, et les plus vraies.

As-tu constaté un sentiment anti-français à ton arrivée ?

Quand je suis arrivé, j’ai été plusieurs fois pris à parti à cause de mes plaques françaises. J’ai eu droit à des queues de poisson, des insultes au volant. On sent qu’on n’est pas aimé. C’était dans le canton de Vaud. A Geneve, j’ai été souvent klaxonné. On ressent de l’agressivité parce qu’on est français, uniquement sur l’Arc alémanique (Genève, Lausanne). Ailleurs, il n’y a absolument rien.

Lors des 1er entretiens, on m’a conseillé de vivre en Suisse, et effectivement cela change pas mal de choses. Et effectivement, une fois installé, on est sur une autre planète, on n’est pas des pseudo français, on est dans un endroit bienveillant.

La voiture avec les plaques Suisse, le permis de conduire Suisse et mon statut de résident, aident beaucoup…

Très drôle, aujourd’hui quand je sors de Suisse avec ma voiture, particulièrement entre Genève et Annecy, c’est les Français qui pratiquent les appels de phares et des insultes au volant !

Pourquoi la Suisse et pas un autre pays ?

Si je n’avais pas eu le site www.travailler-en-suisse.ch, je pense que je n’aurai pas fait les démarches. Cette assistance m’a bien servi. J’ai aussi lu quelques blogs d’expatriés. Je me suis aussi inscrit sur le site pour recevoir du conseil pour une assurance maladie. Le 1er contact a été très sympa, et ça m’a permis de régler ce point important de l’expatriation efficacement.

Il y a 3 ou 4 ans, j’ai eu le livre « Travailler et vivre en Suisse » entre les mains à la FNAC de Paris. J’étais parti pour aller au Canada, et je me suis dit « Tiens pourquoi pas la Suisse ? ». Mais ma Femme avait des a priori négatifs, et du coup je n’y suis pas allé.

Vous êtes intéressé pour une interview de ce type et voulez apporter votre témoignage de l’expatriation en Suisse ? Contactez-moi ici.


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