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« Les ogres » : et le spectacle finit par triompher de tout

Publié le 24 mars 2016 par Toulouseweb
Dans l’incroyable diversité du cinéma français, il n’y a pas que des comédies de 1h40, formatées pour un passage TV deux ans après, avec un casting supposé « en béton ». Et ce constat n’est pas incompatible avec ce que je soulignais il y a quelques semaines s’il est vrai que certains produits standardisés occupent la majorité des écrans des multiplexes, à Toulouse et ailleurs, on peut aussi dénicher des films singuliers, qui dégagent une énergie folle, et dont on sent qu’ils ont été portés par l’enthousiasme de toute une équipe artistique, du savoir-faire de toute une équipe technique.
« Les ogres » fait partie de ces films-là. Pourtant, Léa Fehner, née à Toulouse en 1981, n’en est qu’à son deuxième long métrage, mais quelle pêche ! D’emblée, nous sommes plongés dans un tourbillon, celui d’une compagnie de théatre itinérante, une sorte de phalanstère qui présente des spectacles qui s’apparentent à la fois au théatre classique, mais aussi à l’univers du cirque. Dans cette communauté d’une vingtaine de personnes qui vivent en caravane, tout est vécu avec intensité, une intensité proche parfois d’une certaine hystérie, et c’est le seul défaut (mineur) que l’on peut relever dans ce film. Les amours sont tumultueuses, les engueulades sont homériques, les brouilles et les réconciliations, les cris et les larmes sont partagés par tous, sont vécus par tous. Et la réalisatrice ose tout : une scène dans laquelle un comédien fait des remarques scabreuses à des enfants d’un centre aéré, ce qui vaut l’expulsion de la troupe du lieu où elle se produit, et une scène d’anthologie dans laquelle une dispute dans un restaurant dégénère en bagarre générale entre une vingtaine de personnes à coup de taboulé ! Mais sa réussite, son talent de metteur en scène éclate aussi dans des scènes très intimistes, sans bruit ni fureur, des scènes d’amour, dans laquelle Adèle Haenel (César en 2014 pour « les combattants ») et Marc Barbé sont absolument remarquables.
Un film, c’est souvent une histoire de famille, de tribu... Une tribu dont le centre est à Toulouse, non loin du métro Roseraie, là où réside la famille de la réalisatrice, famille qui a fait longtemps du théatre itinérant... Les chiens ne font pas des chats ! Léa a demandé à son père, sa sœur et sa mère, qui ont vécu ce métier exigeant, d’interpréter leurs propres rôles, et cela donne au film une cohérence, une évidence aveuglante. On sort de la projection un peu sonné par cette musique parfois tonitruante, ces sentiments exacerbés, et cette si belle lumière diurne et nocturne en bord de mer, près du port de Sète... Mais on sort de la salle avec un grand sentiment de bonheur, d’exhaltation je vous l’annonce : le film se termine bien... a feelgood movie, disent les américains cela fait chaud au cœur,par les temps qui courent.
christian.seveillac@orange.fr

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