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Où un adolescent pubère, par son action héroïque, évite un meurtre sur une route à grande circulation

Publié le 14 août 2016 par Neutrinou

Où un adolescent pubère, par son action héroïque, évite un meurtre sur une route à grande circulation

Sur la route de la montagne


Hier, je devais passer voir un ami qui habite à plus de cent kilomètres de la maison. Je l’ai appelé un peu avant de partir. Personne. C’est embêtant. Plutôt que de risquer un déplacement pour rien, j’ai décidé de continuer mon exploration des lacs de la région. Nous allons voir deux retenues d’eau situées dans une région montagneuse au sud de Korat : Lam Sam Lai et Lam Phra Phloegn.

Sur la carte, Lam Sam Lai ressemble à un carré d’eau bordé d’une route, alors que Lam Phra Phloegn serpente entre les montagnes - sans doute bien plus beau.Il y a des choses qui nous paraissent évidentes, et qui ne le sont pas. Fon, par exemple, n’a jamais eu de voiture, et s’est bornée à circuler dans son village à moto. Quand elle habitait Bangkok, elle prenait le métro. Elle ne sait donc pas se servir d’une carte. Elle n’en a jamais eu besoin. Alors quand je lui ai mis la pression pour me servir de co-pilote, il n’en est rien sorti de bon.Je dois avouer que j’ai eu un bref moment d’agacement, durant lequel j’ai sérieusement envisagé de l’étrangler. Heureusement, un spectacle courant mais toujours distrayant a dissipé mes envies de meurtre. Nous étions arrêtés au feu, un très grand et très long feu.Les feux en Thaïlande sont plus longs qu’ailleurs parce que chaque voie a son temps de passage, durant lequel toutes les autres voies sont bloquées. Je ne critique pas. Il y a une logique particulière. Qui ne consiste pas seulement à permettre aux vendeurs ambulants de vendre aux automobilistes un maximum de beignets et de colliers de fleurs contre la scoumoune au volant.Sur la route à angle droit, un jeune homme sur sa moto était en train de s’éclater les points noirs dans la glace de son rétroviseur en attendant que le feu passe au vert. On le sentait concentré à l’extrême. Explorant chaque centimètre carré de peau. C’était beau comme un démineur en Irak. Quand on voit quelqu'un d’aussi méticuleux, on reprend confiance en l’humanité. S’il postule pour un emploi, on le recrute sans interview. Sauf s’il s’agit d’un emploi de pâtissier.Dix-huit demi-tours plus tard, nous sommes arrivés à Lam Sam Lai. Conforme à ce qu’on voyait sur la carte. Assez joli. Mais d’un abord difficile, comme toutes les retenues d’eau. Du côté barrage, de grosses pierres brunes, aiguisées, anguleuses. Même avec des chaussures, l’accès à l’eau est très compliqué. Et côté inondations, des herbes, de la boue, des marécages. J’ai quand même trouvé un passage dans un coin charmant, et je me suis baigné. Il y avait une petite île couverte d’herbe avec des canards sauvages très surpris de me voir.Est-ce le signe d’une grande perversion de l’esprit ?Sur la prairie en pente qui allait au lac, je n’ai pas vu un seul kleenex. Il n’y avait pas une crotte de chien (ni d’homme - le vieux trappeur que je suis distingue parfaitement les deux). Il n’y avait pas de sacs en plastique. Il n’y avait pas de boites de cigarettes vides.Il n’y avait pas de capotes anglaises. Il n’y avait pas de vieux cartons. Il n’y avait pas de bouteille en plastique, pas de bouteilles en verre. Il n’y avait pas de canettes de bière. Il n’y avait pas de couches-culotte (ni de tampax usagés - le vieux trappeur que je suis distingue parfaitement les deux).Pourtant, il n’y avait pas de poubelles publiques. Ni d’ailleurs de bancs de la même matière. Ni de filles de la même matière (ni de forces de la même matière - le vieux trappeur que je suis distingue parfaitement les deux).Il n’y avait pas de sentier balisé. Ni de panneaux d’interdiction de manger, de salir, de faire du bruit, de se baigner, de stationner, de faire des feux de camp, d’apporter une radio, d’être indécent (ou d’être nu - le vieux trappeur que je suis distingue parfaitement les deux).Il n'y avait pas de panneaux éducatifs écologiques, décrivant la faune avec des noms d’oiseaux qu’on ne retiendra jamais.Il n’y avait rien.Alors oui, est-ce le signe d’une grande perversion de l’esprit : j’étais heureux. Il y a des jours où j’aime ce que me donne la Thaïlande. Rien.Pourtant, le lac n’avait rien d’exceptionnel. Il n’était même pas naturel, il avait été conçu il y a dix ou vingt ans par des ingénieurs hydrologues - sans doute plus hydrofuges qu’hydrophages étant donnée la rectitude très approximative de la digue. Le fleuve Lao avait débordé dans leurs verres...

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 Lam Phra Phloegn : les nuages étaient jolis...


Nous avons quitté Lam Sam Lai pour aller à Lam Phra Phloegn, à quinze kilomètres de là. Déception. Une eau ocre assez vilaine. Des installations inélégantes pour ouvrir et fermer les vannes. Et une quantité de badauds sur la digue.
Alors nous sommes allés brûler une bougie au temple, au dessus du lac. Et nous sommes rentrés.

Je sens que tu t’inquiètes de ce qui est arrivé à mon ami qui n’a pas répondu au téléphone ? Tu as raison. Le pauvre, il a eu un coup dur. Son neveu a eu l’idée de baigner le chat de la maison dans la piscine gonflable.

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Brûler une bougie...


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