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Le storytelling d’Anthony Ervin

Publié le 18 août 2016 par Dangelsteph
storytelling Anthony Ervin

Voici une histoire à pouvoir utiliser à chaque fois que le contexte s’y prêtera. Si j’en avais eu vent plus tôt, je l’aurais très certainement publiée dans mon livre Storytelling minute (éditons Eyrolles).

C’est, actualité oblige, une histoire de JO de Rio.

C’est l’histoire d’Anthony Ervin, nageur américain, spécialiste du crawl (nage libre pour les initiés), champion olympique sur 50m, devant notre star française Florent Manaudou, après avoir remporté le 4x100m avec l’équipe des USA.

Une histoire de médaille, c’est bien, mais ce n’est pas celle-là qui est mémorable et utilisable.

Ce n’est pas la première médaille olympique d’Anthony Ervin : il en a déjà remporté une aux JO de… Sydney en 2000. A Rio, il est le plus âgé des nageurs américains, à 35 ans. A dire vrai, aucun nageur US de cet âge n’avait participé aux JO depuis 1904.

L’histoire s’arrête-t-elle là ? Une belle histoire de vétéran ? Non : il y a plus encore.

Oui, car Anthony Ervin est aussi un miraculé. A plusieurs titres.

Adolescent, il a développé un syndrome de Tourette, avec son lot de tics handicapants. Les médicaments en viendront à bout. Et peu à peu, il deviendra l’homme le plus rapide, battant le record du monde alors qu’il était encore étudiant.

Deux ans après son titre olympique, il prend sa retraite sportive, à 22 ans. Peut-être avait-il déjà tout vu, tout gagné dans son sport ? Pas que ça… Il sera tour à tour viré d’un emploi dans une boutique de tatouage, sera guitariste dans un groupe baptisé Les Armes de Destruction Massive, brièvement vendeur dans un magasin d’instruments de musique… Et puis aussi la drogue, les nuits de folie en boîte… Il ne parle plus à personne de son passé de nageur et de champion olympique. D’ailleurs, il a déjà vendu sa médaille, pour une bonne cause toutefois.

Il n’a pas de domicile fixe, est hébergé chez des amis et son seul contact avec une piscine est quelques cours de natation qu’il donne à un enfant à un moment donné. Il s’enfonce au point de passer des journées entières sur un canapé.

Et puis, il décide de (re)donner un sens à sa vie. Il retourne à l’université, se découvre une passion pour la littérature du Moyen-Age, et… à nouveau un intérêt pour la compétition… Le revoilà aux JO, à Londres. Il finit 5ème. Puis Rio.

Avec une médaille à nouveau, mais ce n’est plus le même homme, plus la même histoire.

Voici donc une histoire à pouvoir utilisé dans de nombreux contextes : comeback de l’enfer, donner/redonner du sens…


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