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Lait : la filière bio échappe à la crise

Publié le 01 septembre 2016 par Blanchemanche
#laitbio #criselaitiere
STANISLAS DU GUERNYLe 31/08/2016
Lait : la filière bio échappe à la crise

La collecte de lait bio s’est établie à 571 millions de litres en 2015 (+8 % sur un an). - ©Stephane LEITENBERGER/REA

Le lait bio représente seulement 2,3 % de la collecte. Mais la production augmente, et le nombre de fermes se renforce.

Les producteurs de lait bio ne connaissent pas la crise. « Mon exploitation de 30 vaches bio est rentable et je me tire un revenu », résume Hubert Audic, éleveur à Locoal-Mandon (Morbihan). « Quand j'étais à la tête d'un cheptel de vaches conventionnelles, je produisais plus et je gagnais moins », continue-t-il. La collecte de lait bio s'est établie à 571 millions de litres en 2015 (+8 % sur un an), mais représente seulement 2,3 % des volumes annuels traités en France.« Les consommateurs en demandent beaucoup plus que ce que les 2.170 producteurs répartis sur le territoire ne peuvent actuellement fournir », insiste Florent Guhl, le directeur de l'Agence Bio, qui fait la promotion de l'agriculture biologique. Depuis le début de l'année, cette plate-forme constate l'arrivée de 600 à 700 nouvelles fermes. « On estime que pour répondre à la demande, la production pourrait doubler », dit encore Florent Guhl. Les agriculteurs sont attirés par les cours du lait bio qui oscillent entre 430 et 450 euros les 1.000 litres, quand Lactalis va désormais payer ses éleveurs 290 euros.

Concertation et transversalité

Selon Théophile Jouve, directeur général de Biolait SAS, société de collecte qui réunit 800 fermes bio réparties entre 60 départements, « les coûts de production de nos élevages sont importants, l'amortissement des bâtiments se fait sur une période longue ». Aucun producteur ne peut se déclarer bio à sa guise. Son parcours de transformation dure deux années. Il a l'obligation de produire ses aliments à la ferme et il doit avoir des espaces de terre suffisants pour faire pâturer ses animaux autant que possible. Les céréales achetées doivent être traçées.Créée en 2013, Lait Bio de France, qui fédère des organisations de producteurs (OP) regroupe plus de 1.000 fermes qui « se concertent et jouent la transversalité », indique Patrice Lefeuvre, son président. Il veut éviter les erreurs commises par les producteurs conventionnels, dont les OP sont souvent concurrentes. « En travaillant en commun, poursuit-il, nous pourrons maîtriser la production ».Reste que le bio n'est pas un eldorado. Toujours d'après Patrice Lefeuvre, « le cours actuel permet à un producteur qui a amorti ses équipements de se verser un maximum mensuel de 2 fois le smic pour un travail de 70 heures par semaine ». Précédemment éleveur conventionnel, Alain Raoux est en cours de transformation de son exploitation de 55 vaches dans la commune de Plougras (Côtes-d'Armor). « Le banquier accompagne mon parcours. Pour sécuriser ma conversion, il a prévu de m'accorder une année blanche en termes de prêts », indique l'éleveur rassuré d'avoir franchi le pas.
Stanislas du Guerny, Les Echos
Correspondant à Rennes

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0211240455393-la-filiere-bio-echappe-a-la-crise-2023755.php?8ySMzOuPZWrcJ4U3.99#xtor=CS1-33

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