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Mes lectures de l’été (Murakami, Peter Mayle, Miura Kiyohiro)

Par Alittlepieceof @Alittle_piece

Petit retour sur mes lectures de l'été. Trois fabuleux romans, le premier sur la vie en Provence vue par un anglais fraîchement expatrié, le deuxième qui interroge sur la parentalité puis l'autoportrait de l'auteur en coureur de fond de Murakami et enfin un livre coaching sur la reconversion professionnelle.
Bonne lecture !

Installé près de Ménerbes, l'écrivain Peter Mayle a visité les arrière-salles de Provence, à l'heure où le vin semble plus clair ; tracé le portrait d'Amédée, fermier et vigneron pour qui "Vous aimez le lapin ?" signifie généralement : "Puis-je emprunter le pré du bas pour y planter de la luzerne ?" ; écouté avec le sérieux d'un profane et l'ironie d'un Londonien les pourparlers, les mots, les marques d'affection d'un village du Lubéron, et fini par comprendre la formule chantante - mais combien mystérieuse - lâchée au milieu des repas : Encoredupaingue ?.
Cette chronique quotidienne et malicieuse a fait le tour du monde. Elle connaît en France un succès sans précédent.

Mon avis

Ce roman n'est pas récent, il a connu un immense succès il y a déjà plus de 20 ans mais je n'en avais jamais entendu parlé avant un dîner durant lequel plusieurs personnes m'en ont vanté les mérites. Comme ils avaient raison ! Un véritable délice estival, à lire au bord de la piscine, ou sur la plage ou encore dans un jardin les pieds dans l'herbe. Il se lit comme on déguste un bon petit plat, en laissant ses saveurs longtemps présentes après l'avoir savouré.
Un anglais qui s'installe en Provence, rien de bien inhabituel, mais à moins d'en connaître personnellement, que savons-nous de leur ressenti lors de leur arrivée sur cette terre promise ?
Peter Mayle retrace sa première année dans la campagne provençale. Sa femme et lui y ont acheté une vielle bâtisse afin d'y passer leur retraite et d'y vivre, comme les français. C'est une région qu'ils connaissaient en tant que touristes, ils ont du apprendre à y vivre à plein temps. Au delà des différences d'usages ou des quelques difficultés linguistiques, c'est la vie dans tout ce qu'elle a de petits détails que décrit Peter Mayle. Avec énormément d'humour et beaucoup de tendresse ils nous parle aussi bien des paysages que de ses voisins, de la réfection de sa maison que des traditions provençales que des plaisirs de la tables.
Tout dans son récit est drôle et délectable. Le lecteur, qu'il aime la Provence ou non (comment ne pas l'aimer décrite ainsi ?) se laissera charmer par les mois qui s'écoulent chacun avec leurs spécificités. La vie au fil des saisons, sans contraintes ou presque, le bonheur de prendre le temps de faire les choses, de les déguster, de les savourer...
Même lorsqu'il parle des tracas lié aux travaux réalisés chez lui on ne peut que s'attacher à ses ouvriers, à ses chiens, à Rivière le bourru.
Un roman rempli de douceur et de délicatesse qui donne des envies de vacances et de vie au soleil.

Quelques passages que j'ai aimés :

  • " Nous pouvions traiter un lapin comme un animal familier ou éprouver de l'attachement pour une oie : nous venions des villes et des supermarchés où l'hygiène maintenait quelque distance entre la viande et toute ressemblance avec des créatures vivantes. Une côte de porc sous son emballage thermorétractable a un aspect abstrait et stérilisé qui n'a rien à voir avec la masse chaude encroûtée de saleté d'un cochon. Ici, à la campagne, pas moyen d'éviter le lien direct entre mort et dîner. "
  • " On entendait le chuintement régulier des pneus. De temps en temps la brise nous apportait une bouffée de romarin, de lavande ou de thym sauvage. C'était plus grisant que de marcher, plus silencieux et plus sain que de rouler en voiture, sans être pourtant trop éprouvant : bref, c'était délicieux. Pourquoi ne l'avions-nous pas fait plus tôt ? Pourquoi ne pas pédaler ainsi chaque jour ? "
  • " Les coups de téléphone éveillent en nous un certain pessimisme. Ils arrivent toujours au mauvais moment, ils sont trop soudains et vous catapultent dans une conversation à laquelle on n'était pas préparé ".
  • " Il arrive un moment dans la restauration d'une vieille maison où l'envie d'en finir avec les travaux risque de compromettre toute noble intention esthétique de départ "

Comment réagir lorsque votre fils âgé de huit ans vous annonce sa décision de devenir moine ?
Si ce n'était son sérieux dès qu'il s'agit de se rendre au temple bouddhiste zen pour suivre les enseignements de l'abbesse, Ryôta est un enfant ordinaire : dissipé en classe, turbulent à la maison, il se gave de séries télévisées et de hamburgers.
Pourtant, à l'âge de quinze ans, il laissera derrière lui sa maison, sa famille et jusqu'à son propre nom pour accomplir sa vocation.
Un livre comme un kôan zen : d'une simplicité désarmante, il raconte avec une allégresse et un humour dévastateurs comment la décision d'un petit garçon va bousculer toutes les certitudes de ses parents, changer leur rapport au monde et les éveiller malgré eux à des vérités qu'ils n'avaient jamais soupçonnées.

Mon avis

C'est le père de Ryôta qui raconte cette histoire largement autobiographique. Ou comment un père se retrouve face à la décision irrévocable de son fils souhaitant devenir moine (zen).
Au départ, ce père, qui emmène chaque dimanche son fils à ses séances de zazen au temple ne prend pas trop au sérieux la vocation de son très jeune fils. Il lui demandera d'attendre d'être plus grand pour être sûr de sa décision. Et quand celui-ci devient adolescent, malgré ses mauvaises notes et son indiscipline lorsque la question lui est posée, il répond par l'affirmative, il veut devenir moine zen.
Mais devenir moine, comme dans toutes religions, demande un certain nombre de sacrifice. Ryôta devra quitter sa famille pour entrer en apprentissage, il devra changer de nom et faire vœu d'ascétisme. Étonnant pour un garçon de 15 ans. Et pourtant, à aucun moment il ne doutera et il suivra cette voie sans jamais sourciller. Ce sont ses parents pour qui cette décision sera lourde de conséquence et c'est là tout le coeur du roman. Comment laisser partir son enfant ? Lui retirer le nom qu'on lui a donné à sa naissance ? Le faire adopter même pour qu'il puisse entrer dans les ordres en faisant table rase totale de son passé...
Je me suis mise à la place de cette famille et j'ai ressenti leur frustration de ne pouvoir voir ou parler à leur fils. C'est pour la maman de Ryôta d'ailleurs que ce sera le plus difficile. Après tout n'est-ce pas elle qui a donné naissance à ce petit homme et qui doit aujourd'hui accepter qu'il devienne un étranger ?
Ce court roman illustre toute la difficulté du rôle de parent, avec en point d'orgue ce moment où l'on doit laisser voler son oisillon de ses propres ailes sans penser à ses propres desseins ou à ce que l'on aspirait pour lui. Être parent n'est-ce pas éduquer pour laisser s'envoler ?
Couronné en 1988 par le prestigieux prix Akutagawa, Je veux devenir un moine zen raconte l'apprentissage de la perte, du sacrifice et de la reconstruction forcée.

Quelques passages que j'ai aimés :

  • " Et puis, au fond, qui est en mesure de décider quelle voie est la bonne ? Après tout, un chemin, ça se trace au fur et à mesure qu'on marche. Seul celui qui avance découvre la route. "
  • " L'homme est capable en toute circonstance de découvrir la joie. La vie est une accumulation de petites joies. Plutôt que la joie, il conviendrait peut-être mieux de parler de reconnaissance. Par comparaison, aimer l'autre sexe ou gagner à la loterie sont des joies infiniment plus aléatoires. Plus la joie est forte, plus elle est de courte durée. Toutes les joies d'ailleurs sont de courte durée et il est impossible de miser dessus. Tôt ou tard, mon fils comprendra à son tour. "
  • " C'était quoi alors les parents et les enfants ? Mais oui enfin, c'était quoi ? Les liens qui unissent les parents et les enfants n'étaient-ils qu'illusion ? S'agissait-il d'une idée toute faite, forgée par l'habitude ? Les gens se contentaient-ils donc de tenir le rôle qui de parent, qui d'enfant ? "
  • " Un rêve ce n'est pas seulement vouloir devenir cosmonaute ou souhaiter faire tourner les tables, qu'est-ce que tu crois, c'est quelque chose qui n'est pas forcément éloigné de la réalité. Un rêve c'est comme une extension de la réalité. C'est se demander si demain on réussira ce qu'on a manqué aujourd'hui. Rêver c'est espérer que l'homme s'améliore petit à petit ! "
De la course à l'écriture, il n'y a qu'une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s'astreindre à une discipline d'écrivain, l'auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.

Mon avis

Bien loin des romans habituels de l'immense auteur japonais qu'est Murakami, ce petit livre est une sorte d'autobiographie rédigée par l'auteur sur les bases de notes prises durant dix années de sa vie. Le point de départ de ce récit : son amour pour la course à pied. Et c'est à travers cette passion que l'on en apprend plus sur l'homme qui se cache derrière l'auteur à succès.
Ce récit m'a permis d'apprendre énormément de cet écrivain que j'aime beaucoup. Je ne savais pas, par exemple, qu'il avait débuté sa vie professionnelle comme patron de club de jazz, ni qu'il collectionnait les vinyles ou qu'il était marié depuis de très longues années et encore moins qu'il était un sportif accompli.
Au premier abord, le roman peut surprendre et même dérouter les allergiques à la course. Comment comprendre cet homme qui nous raconte courir 10 kilomètres tous les jours depuis 37 ans ? Quel intérêt, à moins d'être passionné soi-même, de lire ces pages qui ne parlent (au début du moins) que de l'acte de courir ? Ces questions peuvent effleurer le lecteur dans les premiers instants mais, c'est le grand Murakami qui se livre a l'exercice périlleux à la fois de parler de lui mais aussi de parler de sport... Et ce n'est pas seulement un essai destiné aux amateurs de footing mais bel et bien un autoportrait dans lequel l'auteur s'interroge sur son passé, sur son métier d'écrivain, sur ce qu'a été sa vie, sur ce que le sport lui a apporté. Le lecteur découvre alors un homme passionné et passionnant, un auteur qui, plutôt que de s'autocongratuler, se remet en question en n'hésitant pas à dévoiler ses défauts, avec souvent beaucoup d'ironie. Ses récits de marathons puis de triathlons m'ont littéralement passionné et j'ai dû me freiner pour ne pas tout lire d'une traite (je n'avais emporté que ce roman en vacances et souhaitais le faire " durer "). Il est également très intéressant de voir combien la course à pied est pour lui indissociable de sa qualité d'auteur, combien la discipline doit être la même pour l'une ou l'autre de ses activités pourtant si éloignées. Travail et persévérance sont ses maitres mots. On découvre également qu'il n'est pas un homme facile à vivre, il le dit lui même, ses passions et son métier passent et sont toujours passés avant tout le reste. C'est un homme exigeant, envers les autres et envers lui même. Il repousse ses limites, constamment.
Il désacralise l'image de l'auteur pour en faire un homme tout simplement. Avec ses passions, ses humeurs, ses faiblesses...
Il s'observe et observe en même temps le monde qui l'entoure, avec une grande poésie et d' une écriture à la sagesse toute japonaise.

Quelques passages que j'ai aimés :

  • " Je suis le genre d'homme qui aime faire les choses - quoi que ce soit - tout seul. Et pour être encore plus direct, je dirai que je suis le genre d'homme qui ne trouve pas pénible d'être seul. Je n'estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d'être installé à ma table quatre ou cinq heures durant. J'ai toujours eu cette inclination depuis ma jeunesse : lorsque j'avais le choix, je préférais invariablement lire des livres seul ou bien me concentrer à écouter de la musique plutôt que d'être en compagnie de quelqu'un d'autre. "
  • " Les blessures émotionnelles représentent le prix à payer pour être soi-même. "
  • " Jusqu'où puis-je me pousser? Jusqu'à quel point est-il bon de s'accorder du repos et à partir de quand ce repos devient-il trop important?
    Jusqu'où une chose reste-t-elle pertinente et cohérente et à partir d'où devient-elle étriquée, bornée?
    Jusqu'à quel degré dois-je prendre conscience du monde extérieur et jusqu'à quel degré est-il bon que je me concentre profondément sur mon monde intérieur?
    Jusqu'à quel point dois-je être confiant en mes capacités ou douter de moi-même? "
  • " Je n'ai pas le goût de la compétition. Je considère qu'il est plus ou moins inévitable de perdre. Personne n'a les moyens de vaincre chaque fois. Sur l'autoroute de la vie, vous ne pouvez pas toujours dépasser tout le monde.
    Néanmoins, je ne veux sûrement pas répéter encore et encore les mêmes erreurs. De cet échec, je préfère tirer une leçon que je mettrai en pratique la prochaine fois. "
Mes lectures de l’été (Murakami, Peter Mayle, Miura Kiyohiro)
" Et si ? " C'est ce que vous vous dites parfois en allant au boulot, tout en vous demandant s'il ne serait pas temps de changer de job, de changer de vie... " Et si " Vous décidiez de reprendre les choses en main ? Ce livre est un outil pour vous y aider. À travers 30 principes extraits de tous les ouvrages qui existent sur le sujet, il vous aidera à créer le job de vos rêves - et la vie qui va avec - sans attendre qu'on vous les propose.

Mon avis

Compte tenu de tout ce que je vous disais dans cet article, ce livre me semblait être LA clé à toutes mes interrogations et j'ai vraiment cru que j'allais le refermer en sachant (enfin !) vers quoi me diriger et surtout comment m'y diriger. Que nenni ! Alors, c'est vrai, ce livre est plein de bonnes intentions et il vous aidera très probablement à trouver et garder la motivation pour changer de voie si, et seulement si vous savez déjà vers quoi vous souhaitez aller. Il ne propose pas de recette miracle (si ça existait, ça se saurait !) mais permet de lister, point par point, les étapes à ne pas négliger avant de se reconvertir. Comme par exemple de ne surtout pas quitter son job du jour au lendemain, de tester d'abord, pourquoi pas de manière bénévole ou gratuite, l'activité de vos rêves avant de vous lancer concrètement. En tout, ce sont 7 étapes à suivre pour trouver créer le job dont vous rêvez.
Au final, il ne m'a pas appris grand chose mais reste plutôt cohérent puisqu'il condense la majeure partie des conseils des plus grands coach dans le domaine.
Reste qu'il vous faudra avant tout réfléchir à ce que vous voulez faire, ce que vous aimez vraiment, ce pourquoi vous avez envie de vous lever chaque matin, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, que vous ayez peu ou pas dormi et ça...et ça, aucun bouquin ne pourra vous y aider.
J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de passages très redondants mais c'est certainement là la clé du coaching, à force de lire qu'il ne faut pas baisser les bras, qu'il faut rester mo-ti-vé, peut-être le devenons-nous vraiment ?
Chez moi ça a plutôt l'effet inverse je dois dire.... mon esprit de contradiction très probablement.
Je crois qu'en fait, je suis relativement hermétique au livre sur le développement personnel parce qu'ils impliquent certaines généralités en omettant les disparités de chacun.
Ceci dit, c'est un livre très positif et il aidera certainement bon nombre de lecteurs à se lancer vers un nouveau projet, j'en suis certaine.
Pour vous faire une idée un peu plus précise de ce qu'offre ce livre je vous invite à lire cet article et à découvrir le site qui lui ai consacré.
Merci aux éditions La Martinière pour cette lecture.

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