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2000 jours d’horreur en Syrie

Publié le 02 septembre 2016 par Cmasson

En février 2016, les Etats participant à la conférence « Supporting Syria and the Region » ont défini un plan de travail ambitieux afin de répondre aux besoins humanitaires des populations affectées par le conflit. Sept mois plus tard, de nombreuses promesses n’ont pas été tenues, ou les réponses apportées demeurent en-deçà des besoins.

La communauté internationale doit tenir ses promesses

Après 2000 jours de conflit, aucune solution politique n’a été trouvée alors que les parties au conflit sont de plus en plus nombreuses. « Bien que l’accès de l’aide humanitaire à certaines zones se soit légèrement amélioré depuis la conférence de Londres, plus de 5 millions de civils demeurent dans des zones difficiles d’accès et 600 000 vivent dans 18 zones en état de siège. C’est une situation extrêmement préoccupante », explique Manuel Sanchez-Montero, directeur du plaidoyer d’Action contre la Faim à Madrid. Le financement à hauteur de 6 milliards de dollars pour la seule année 2016, n’est que partiellement disponible. « Ces fonds sont nécessaires afin que les pays voisins de la Syrie puissent mettre en œuvre des mesures visant à améliorer les conditions de vie et l’accès au marché du travail des populations. La Jordanie, le Liban et la Turquie accueillent près de 88% des réfugiés syriens, soit plus de 4 millions de personnes, ils ont besoin d’être soutenus, c’est aussi leur stabilité qui en dépend », explique Vincent Stehli Directeur des opérations d’Action contre la Faim à Madrid. Si la Jordanie a délivré plus de 24 000 permis de travail à des Syriens depuis le début de l’année, l’obtention d’une carte de résidence ou d’un permis de travail reste un enjeu majeur, comme le résume Diana Jimenez, responsable du plaidoyer d’ACF au Liban : « près de 70% des réfugiés syriens ne disposent pas de papiers en règle au Liban. Travailler dans ces conditions représente de nombreux risques pour eux : arrestation, détention voire même déportation dans certains cas. Il est nécessaire d’accroître les possibilités d’emploi dans les secteurs de l’économie libanaise ouverts aux réfugiés. Les promesses faites à Londres doivent être tenues ».

Septembre, un mois crucial

La solution à cette crise humanitaire ne se trouve pas uniquement chez les pays voisins de la Syrie et les participants à la Conférence de Londres, en s’engageant à partager les responsabilités, doivent faire des efforts concernant l’accueil des Syriens. Au Liban, une personne sur quatre est réfugiée. Proportionnellement, il faudrait que les Etats-Unis accueillent plus de deux fois la population du Canada pour se retrouver dans une situation similaire. Mais malgré la nécessité, les opportunités faites aux Syriens d’être réinstallés dans un autre pays demeurent limitées. A l’exception du Canada et de l’Allemagne, peu de pays s’engagent dans cette voie. Action contre la Faim, à l’instar des ONG internationales membres du SIRF (Syrian INGO Regional Forum) demande à la communauté internationale qu’au moins 10% des réfugiés syriens, soit un peu moins de 500 000 individus, bénéficient de procédures de réinstallation vers un pays tiers afin de limiter le poids de la crise sur les pays voisins de la Syrie mais aussi de montrer à tous, à commencer par les réfugiés, que la communauté internationale ne leur a pas tourné le dos. Cette dernière aura deux occasions dans les prochains jours pour montrer son implication : le « Sommet des Nations Unis pour les réfugiés et les migrants[2] » le 19/09 et le « Leaders Summit on Refugees[3] » le 20/09.

Près de 500 personnes travaillent pour Action contre la Faim en Irak, en Jordanie, au Liban et en Syrie afin de venir en aide aux réfugiés et aux communautés les plus affectées par le conflit, à travers des programmes en sécurité alimentaire, eau, assainissement et hygiène ainsi qu’en santé mentale.

Contacts :

A Amman : Florian Seriex / fseriex@me.acfspain.org / +962 778 367 673

A Paris : Julia Belusa / jbelusa@actioncontrelafaim.org / + 33 1 43 35 82 22

[1] Basé sur la date du 15 mars 2011 comme début du conflit

[2] https://refugeesmigrants.un.org/fr/summit-refugees-and-migrants

[3] http://www.state.gov/p/io/c71574.htm


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