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Article : où Islam Slimani a commencé à taper dans le ballon

Publié le 03 septembre 2016 par Kabyliesport @KabylieSport

(© TSA) Dans un quartier populaire du centre d’Ain Benian sur la côte ouest d’Alger, nous empruntons une ruelle exigüe à la chaussée mal...

Article : où Islam Slimani a commencé à taper dans le ballon
(© TSA)
Dans un quartier populaire du centre d’Ain Benian sur la côte ouest d’Alger, nous empruntons une ruelle exigüe à la chaussée mal entretenue où s’enchaînent des habitations, qui datent pour la plupart de l’époque coloniale. Au bout de la ruelle, une porte en fer qui donne sur une cour entourée de petites maisonnettes. C’est là où habite Khalti Kheira, la grand-mère maternelle d’Islam Slimani, le joueur maghrébin le plus cher de l’histoire. C’est également ici que le nouvel attaquant de Leicester City a vécu et évolué.Article : où Islam Slimani a commencé à taper dans le ballonLa ruelle où habite la grand-mère de Slimani. Il jouait également au foot ici étant enfant (© TSA)
Une grand-mère fière
Khalti Keira nous invite à entrer dans sa modeste demeure. Cela ne faisait pas longtemps qu’elle est revenue du Portugal où elle était chez son petit fils, qui a disputé, il y a près d’une semaine, son dernier match sous les couleurs du Sporting Lisbonne.
Cette octogénaire se rappelle très bien des premiers pas de son petit fils dans le football. Comme tous les jeunes algériens, il a commencé à taper dans le ballon dès son jeune âge. « Islam c’est mon fils, je l’ai éduquée. Il a toujours adoré jouer au football. Quand il était bébé, on lui achetait des ballons et il courait derrière », raconte-t-elle.Article : où Islam Slimani a commencé à taper dans le ballonLa grand-mère de Slimani (© TSA)
Pour elle, Islam est la fierté de toute la famille ainsi que tout le quartier : « Je suis fière de lui. Vous savez, tout le monde l’aime ici (dans le quartier) pour sa modestie. C’est quelqu’un qui aime beaucoup son pays. Je lui ai demandé une fois pourquoi il se prosternait après chaque but marqué. Il m’a répondu que c’était par amour à sa patrie.», affirme-t-elle avant d’enchaîner «Je lui ai parlé avant qu’il signe pour le Leicester City, il m’a dit prie pour moi mamie’ », révèle-t-elle.
Un Slimani « populaire »
Sur l’avenue principale, deux affiches géantes de Slimani sont placardées sur le complexe sportif de la ville, situé à côté du stade où l’avant-centre de l’équipe nationale a commencé à jouer au Wbab Ain Benian (Widad Baladiyet Ain Benian).
À l’intérieur du complexe, nous rencontrons des gens de la ville qui connaissent au détail près le parcours de l’international algérien. D’ailleurs, Ils se définissent tous comme voisins et amis proches d’Islam. En effet l’international algérien est populaire dans le coin. Tout le monde témoigne de sa générosité et de son amabilité. « Islam fréquente le café en face (en face du complexe sportif). Quand il vient, il paie la tournée à tout le monde », confient-ils.
Zerrouk, 63 ans, dresse un portrait élogieux du joueur le plus cher de l’histoire du foot algérien. « Je le connais depuis qu’il était bébé. Jusqu’à présent, quand il vient à Ain Benian, il passe à la maison. Il est estimé par tout le monde. Il vient chez moi, il rend visite aux enfants et à madame. C’est un gars très respectueux et sensible. Il aime les pauvres, c’est quand même quelqu’un qui a souffert. C’est un type qui aime aussi déconner. Il me taquine souvent en m’appelant Ami Rezki », raconte-t-il
Parlant de son parcours, cet ancien cadre à Naftal révèle comment l’actuelle gâchette des Verts a lutté contre l’adversité et la difficulté pour réussir à devenir le grand joueur qu’il est aujourd’hui. « Il s’entrainait pieds nus avant. Il a commencé à l’école de football d’Ain Benian dans la catégorie Benjamin’. Il a joué jusqu’en cadet. Et comme c’était un type qui voulait réussir, il est parti à Chéraga. Il se débrouillait pour aller aux entraînements en faisant parfois l’auto-stop ou en prenant le car pour arriver à l’heure », ajoute t il.
Quant à Farouk, le gardien du complexe sportif et un des voisins proches de la star des Verts, il se rappelle des matchs disputés étant petits dans la ruelle du quartier : « on confectionnait des ballons de fortune, on mettait des pierres en guise de bois et on jouait », relate-t-il.
De son côté Bilal, 28 ans, cousin éloigné d’Islam et aussi joueur de football, se souvient quand ce dernier est revenu en sanglots après avoir échoué aux tests pour intégrer le Wbab. « Islam a fait ses premiers tests en tant que central, mais il n’a pas été retenu. Je me rappelle qu’il était rentré en pleurant. Puis son papa est intervenu auprès de la direction du club, alors on l’a pris comme ailier droit. Lors d’un match contre Chéraga, il a marqué 5 buts qui lui ont valu le surnom de triciti (électricité) », confie-t-il.
Pour le directeur de la salle de sport, le secret de réussite de Slimani se trouve dans son sérieux. « Il aimait vraiment le football et il était sérieux. Il faisait attention à son hygiène de vie », explique-t-il, puis Bilal enchaîne: « Quand il était devenu joueur, on le sollicitait pour jouer des matches avec nous. Il déclinait toujours. C’est quelqu’un qui est organisé et qui voulait réussir».
Une ascension fulgurante
Après avoir quitté Ain Benian, nous arrivons à Chéraga, plus exactement au cercle de la Jeunesse sportive medinet Chéraga (JSMC). C’est dans ce club, créé en 1948, évoluant actuellement en 4e division, qu’Islam Slimani s’est révélé.
Dans le bureau du président du club où le staff dirigeant était réuni, un monsieur, le visage barré par une barbe fine, la cinquantaine passée, casquette vissée sur la tête et une cigarette tenue à la main. C’est l’ancien président des catégories jeunes. Il s’appelle, Abdelkader Laid dit « Kadirou ». Celui qui a repéré le jeune Islam quand il jouait au Wbab.
« Mon rôle à moi était de repérer les jeunes talentueux sans rien divulguer. À l’époque, on disputait beaucoup de matchs contre le Wibab que ce soit des matchs amicaux ou officiels, c’est là que je l’ai remarqué (Slimani). Dans le même temps, son père est venu me voir. Il m’a dit ‘Kader, je voudrais que tu t’occupes de mon fils’. Je lui ai répondu que j’avais déjà en tête », indique-il.
Après s’être occupé personnellement de son recrutement, M. Laid nous raconte comment Islam est monté très vite en puissance au sein de la JSMC. « Quand je lui ai parlé au début, il croyait que c’était pour des tests. Je lui ai répondu qu’il était déjà recruté en première année junior. Alors il est venu et il s’est très vite distingué. Pendant sa deuxième année junior, il a été promu pour la première fois en Senior. C’était durant la saison 2006 / 2007 lorsque la JSMC jouait l’accession pour la deuxième division», se souvient-t-il.Article : où Islam Slimani a commencé à taper dans le ballonLa licence d’islam Slimani à la JSMC (© TSA)
À ce titre, M. Laid explique comment Islam a signé son premier contrat. « Il n’avait pas de contrat. À ce moment le président du club était Boutheldja Noreddine. J’ai insisté auprès de lui pour l’établissement d’un contrat. Ce dernier a convoqué Islam dans ce bureau pour lui faire signer son contrat pour un salaire mensuel de 20 000 DA. Puis J’ai demandé à ce qu’on lui ajoute 5000 DA. Donc il a signé son premier contrat à 25 000 DA le mois. Après il a été repéré par le CRB », ajoute-t-il.
De son côté, Smail Ouites, l’ancien entraîneur d’Islam Slimani durant sa première année junior, loue les qualités technique du jeune prodige de l’époque. « Il est venu à Chéraga durant la saison 2005/2006. Durant cette saison, les jeunes de Chéraga jouaient avec les grandes équipes telles que le MCA, l’USMA et la JSK. Il est venu en tant qu’ailier droit. C’est moi qui lui ai changé de poste. Il avait toutes les qualités pour devenir un bon avant centre. J’ai beaucoup travaillé avec lui en séances individuelles », souligne-t-il
Pour ce technicien, Slimani était prédestiné à ce succès grâce à son acharnement ainsi que sa discipline. « C’est un gagneur. Il était agressif devant les buts. D’ailleurs, durant la saison 2007/2008, il s’est classé meilleur buteur de la deuxième division », explique-t-il avant de conclure « C’était aussi quelqu’un de sociable, les joueurs se battaient pour qu’il passe la nuit avec eux ».
Le JSMC a servi de rampe de lancement de Slimani. Transféré au CRB en 2009, Islam n’a pas tardé à faire ses preuves et à être appelé en Équipe nationale. En 2013, il rejoint le Sporting Portugal, avant d’être recruté par Leicester city pour 35 millions d’euros, le champion d’Angleterre. SOURCE : http://www.tsa-algerie.com/

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