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Veil - chronique d'une BD démoniaque !

Publié le 06 septembre 2016 par 7bd @7BD
Couverture de Veil de Fejzula et Rucka chez Delcourt Titre: veil Auteurs : Greg Rucka (scénario), Toni Fejzula (Dessin et couleur) et Aljosa Tomic (couleur) Editeur : Delcourt collection : Comics Année : 2016 Pages : 144 Résumé : Une femme se réveille nue, entourée de rats, dans les couloirs du métro d'une métropole moderne. Et comme si ça ne suffisait pas, elle ne se rappelle pas grand-chose et marmonne des phrases, ou plutôt enchaîne des mots, dépourvus de sens. Heureusement pour elle, Dante, un jeune homme qui la voit errer dans l'habit d'Eve, décide de lui donner un coup de main. Mais le brave Dante ne sait pas dans quelle machination infernale il vient de mettre la main... Mon avis : Une histoire qui démarre comme un polar urbain pour basculer rapidement dans le fantastique. L'avantage de ce récit, c'est qu'il se développe en un tome. Bien que la fin reste ouverte et laisse supposer qu'il serait possible de partir sur une suite. Mais rien n'est moins – ou plus – sûr ! Les personnages croisés sont assez archétypaux. Veil, l'héroïne, n'a pas vraiment une caractérisation forte, à part une soif de liberté. Bon, d'un autre côté, elle est quand même amnésique et peine à savoir qui elle est vraiment. Dante, le jeune sauveur, est caractérisé par son trait de gentillesse et son attitude de preux chevalier. Mais pourquoi ce personnage est-il ainsi, on n'en saura rien. Et quels sont ces autres traits de caractère. Ben... on n'en saura rien non plus. Mac Cormack, troisième larron ayant un rôle clé dans l'histoire, est assoiffé de pouvoir. Bon, voilà. Et ainsi de suite. La part intéressante de l'histoire est le désir que suscite Veil chez ceux qui l'entourent. Car on peut se demander si ce désir est lié à une capacité magique intrinsèque de la jeune femme où si cette métropole est peuplé de pervers en puissance. Bon, j'opte pour la réponse de normand. Un peu des deux mon caporal !
Malheureusement, tous ces personnages archétypaux servent une intrigue classique et vous ne serez surpris ni par les rebondissements de l'histoire ni même par sa fin. Ce qui est bien dommage car l'ambiance graphique est très belle. Alors oui, ce récit en cinq chapitres laisse peu de places pour poser des personnages, ou créer une intrigue complexe, c'est vrai. Mais on aurait aimé un peu de plus d'originalité – enfin, surtout moi en fait – dans ce thème éternel dont je tairais le nom pour ne pas trop vous en dévoiler. Le récit se termine par un cahier de dessin avec les maquettes de couvertures et des recherches graphiques comportant quelques commentaires de Scott Allie. On admire avec plaisir le travail et la patte particulière de Toni Fejzula.
Page extraite de Veil de Fejzula et Rucka chez Delcourt
En effet, les dessins sont intrigants et même envoutants. Je commencerai par un regret. La couverture qui vous situe tout de suite qui est vraiment Veil. Je mentionnais déjà l'intrigue classique, mais avec le choix de la couverture, le peu de surprises potentielles s'évente définitivement. Mais revenons à la patte du dessinateur. Ces personnages mélangent à la fois un trait tremblant, hésitant, faisant ressortissant l'humanité et une assurance qui ne fait aucun doute sur le talent du dessinateur. Si les personnages, ainsi travaillés, ne tirent pas vers le réalisme, ils sont très agréables à suivre. Les décors étranges, à la limite de l'organique, s'imposent dans chaque case en même temps qu'ils savent rester en retrait. Cet effet curieux permet aux personnages de ressortir. Un bel emploi des zones de noirceur ajoute l'effet inquiétant nécessaire à ce type d'histoire. Le souci viendrait plutôt de certaines couleurs, qui, du coup, ne permettent pas toujours aux personnages de trancher vraiment sur le décor, le tout accompagnant un dessin un peu figé. Mais devant les choix osés, je ne ferai pas la fine bouche. Notons que chaque chapitre démarre par un beau gaufrier présentant des petites cases, autant de gros plans que l'on ne comprend pas toujours. Mais en lisant le chapitre, tout s'éclaire. Cette idée est très bien utilisée et ça vaut le coup de méditer sur cette première page lançant chaque chapitre. On pourrait résumer en disant que Toni Fejzula a un style de dessin très organique. Et pour une histoire oscillant entre fantastique et horreur, c'est le bienvenu ! Alors si vous n'êtes pas effrayé par les histoires sentant le déjà-vu et que vous êtes attiré par les beaux graphiques flirtant magiquement avec l'originalité, vous pourrez vous laisser tenter par Veil. Si vous êtes amateur d'histoire sortant de l'ordinaire, de scénario à surprises, vous risquez d'être – fortement - déçus. Zéda rencontre Veil ! Veil - chronique d'une BD démoniaque ! David
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