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Actualité : Raouraoua-Hannachi : la guerre froide !

Publié le 27 septembre 2016 par Kabyliesport @KabylieSport

La relation entre le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, et le président de la JS Kabylie, Mohand Cherif Hannachi, est souvent compliqu...


La relation entre le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, et le président de la JS Kabylie, Mohand Cherif Hannachi, est souvent compliquée. Tantôt bonne, empreinte de convivialité, et tantôt froide et glaciale. 


Les deux hommes ont des rapports plutôt complexes souvent inspirés par la trajectoire des intérêts respectifs. Déjà au début de l’année 2001, lors de l’intronisation de Raouraoua à la tête de la fédération de football, Hannachi fut l’un de ses premiers soutiens. Et à chaque élection de la FAF, le boss kabyle est le premier à monter au créneau pour soutenir Raouraoua. Cependant, pendant les mandats, la guerre froide réapparait paradoxalement entre les deux dirigeants. Et ce coup de froid vire parfois même au clash. Ce fut le cas, par exemple, en septembre 2014, avec la mort du défunt Ébossé à l’issue de la rencontre JSK-USMA (1-2). L’affaire avait éclaté sur la place publique quand Hannachi avait accusé nommément Raouraoua de vouloir détruire la JSK. Sanctionnée par la Confédération africaine de football (CAF) pour deux années d'interdiction de compétition, après justement la mort d’Ébossé, la JSK, par la voix de son président, accuse Raouraoua, membre de l’exécutif de la CAF, d’avoir fomenté cette sanction jugée exagérée. Au Caire, lors d’une conférence de presse, en marge de la rencontre amicale contre le Zamalek, Hannachi fustige la FAF et met en avant la solidarité des Égyptiens au moment où, dit-il, “la FAF lâche la JSK”. À Alger, le discours de Hannachi prend des proportions politiques et suscite une réaction musclée. La FAF publie un communiqué dans lequel elle pointe les mensonges énormes et les contrevérités de Hannachi. Même scénario de guerre entre les deux responsables en 2010, lorsque Hannachi tire à boulets rouges sur Raouraoua. Il est suspendu pour deux ans, dans le sillage de ses déclarations tonitruantes. “Raouraoua sanctionne tous ceux qui osent critiquer sa gestion, mais je ne vais pas me taire !”, réagissait-il. Pourtant, en 2009, lors de la réélection de Raouraoua, après l’intermède Hamid Hadadj, Hannachi a été l’un de ses plus fervents supporters. Idem en mars 2013 lors de la troisième élection de Raouraoua à la tête de la FAF. “C’est le seul homme que je vois capable de sauver le football algérien”, disait-il juste avant un scrutin ficelé d’avance. Trois ans plus tard, bis repetitae, samedi dernier, à l’issue de la rencontre JSK-CAB, Hannachi revient de nouveau à la charge et accuse Raouraoua de vouloir détruire le football algérien à travers une gestion dictatoriale des affaires du football.
Droit de critiquer et devoir de réserve
“Les responsables ont cassé le football algérien. Ce n’est pas normal qu’aucun président ne fasse partie du bureau fédéral. Aujourd’hui, on en paie les conséquences”, martèle-t-il. Avant d’accuser carrément la FAF d’avoir envoyé un arbitre pour casser son équipe contre le CAB. “On m’a appelé d’Oran pour dénoncer cet arbitre. Une personne m’a fait savoir qu’il a été choisi spécialement pour faire perdre la JSK.” L’allusion à Raouraoua est claire et limpide. Du coup, il faut s’attendre à une nouvelle levée de boucliers de la FAF cette semaine, surtout lorsqu’on rappelle que le bureau fédéral avait déploré la semaine précédente certaines déclarations intempestives de responsables de club qui s’attaquent aux différentes structures du football national, notamment aux arbitres sans juste raison. “Dorénavant, les responsables de tels dépassements seront traduits devant les organes juridictionnels”, avait menacé la FAF.
Mohand Cherif Hannachi et Omar Ghrib sont les premiers visés. Leurs noms avaient été cités dans les coulisses de cette réunion du BF, affirme une source digne de foi. “Hannachi et Ghrib ne sont pas au-dessus de la loi, ils seront traités comme tous les autres”, avait dit Raouraoua à ses pairs du bureau fédéral, affirme notre source. D’ailleurs, le règlement des championnats professionnels est clair à ce sujet. Dans son article 122, il est stipulé que “tout dirigeant, entraîneur, joueur et/ou employé de club à titre de salarié ou bénévole qui critique publiquement ou porte atteinte à l'honneur et à la considération de la Fédération, de ses Ligues ou à l'un de leurs membres et/ou à un officiel de match (arbitre, commissaire de match, inspecteur des arbitres, chargé de la sécurité…) par quelque moyen que ce soit, est sanctionné conformément aux dispositions prévues par le code disciplinaire en vigueur”. Reste à connaître, aux yeux de la FAF, la limite entre le droit d’émettre une opinion sur un arbitre ou sur la gestion du football en général, et le devoir de réserve. Même s’il est effectivement démesuré dans ses propos, il est aussi libre de donner son avis en tant qu’acteur du football, l’un des plus anciens de surcroît. C’est un débat qui doit avoir lieu, loin de toute velléité dirigiste. Néanmoins, sentant d’ailleurs le coup venir, Hannachi se dit déjà démissionnaire et met la pression sur la FAF qu’il soupçonne de chercher sa tête visiblement. “Je suis démissionnaire. Je n’en peux plus. C’est mon dernier match dans le football algérien. C’est toujours la même chose, il m’est impossible de continuer”, assure-t-il. Mais c’est là, la énième démission de Hannachi en l’espace de quelques années. Au point où personne ne le prend désormais au sérieux.
Dans quelques jours, une fois l’orage passé, les deux hommes vont se réconcilier comme d’habitude. Hannachi est un homme puissant, ses soutiens d’en haut ne vont évidemment pas le lâcher. Ces cercles vont s’arranger pour faire la paix entre les deux “frères ennemis” en attendant la prochaine tourmente.
Source : Liberté 

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