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Fin de la parenthèse de Joann Sfar

Publié le 09 octobre 2016 par 7bd @7BD
Fin de la parenthèse Rue de Sèvres Titre : Fin de la parenthèse
Tome : One-shot
Scénario et dessins: Joann Sfar

Editions : Rue de sèvres
Année : 2016
Nombre de pages : 112

Résumé de l'éditeur :
Seabearstein met fin à son exil d'artiste maudit pour participer à une expérience artistique hors norme.
L'art étant à ses yeux la seule issue possible pour une société en prise avec un obscurantisme croissant, le peintre est chargé de réveiller le seul prophète non-religieux possible, qui n'est autre que Salvador Dali, maintenu cryogénisé à Paris.
Il devra pour cela invoquer son esprit grâce aux mises en scène de quatre modèles de haute couture qui recomposent des tableaux de Dali.
Coupés de toute communication avec le monde extérieur, ils s'embarquent pour un trip mystique et philosophique totalement inédit.
Sauront-ils faire renaître l'esprit du peintre surréaliste ?
Et s'ils y parviennent, que pourront la culture, la connaissance et l'amour dans un monde chahuté ?
Questions d'autant plus fondamentales que notre héros sera, à l'issue de cette parenthèse, confronté à une réalité violente.

Mon avis :


Oula la !! Je me suis bien tracassé les méninges à la lecture de cet ouvrage, en ne comprenant rien dans un premier temps, mais en me posant aussi beaucoup de question et pour finir à réussir à donner un sens à cette hallucinante histoire presque absurde.
Autant dire que j'ai donc préféré vous mettre le résumé de l'éditeur plutôt que d'essayer de vous en construire un....

Fin de la parenthèse page 19 Rue de Sèvres

Page 19

Le livre, la couverture :
Comme à son habitude, Rue de Sèvres nous a confectionné un livre beau et imposant.
La couverture de Sfar, avec son trait bien à lui, éveille la curiosité : Pourquoi 4 femmes et un homme sont-ils confinés dans cette pièce. La réponse se trouve évidement dans le livre.
Et le titre, peu évocateur, prends finalement tout son sens à la fin de l'ouvrage.
Le quatrième plat est tout aussi bizarroïde avec cette vignette surréaliste et ce résumé presque incompréhensible...
Le doute et la curiosité sont donc bien attisés avec ce procédé complexe, et l'on veut connaître la suite !
Le dessin, le style, le trait, les effets, les mises en scènes, les couleurs :
Le trait de Sfar est toujours aussi incisif, fin et longiligne, presque difforme et bien particulier, mais tellement tranchant, hors du commun et si attachant....
Le style de réalisme transfiguré, un brin surréaliste, se prête ainsi parfaitement à l'hommage rendu à Salvador Dali.
Les effets sont classiques, peu déployés, préférant jouer sur les émotions des personnages, sur les ombres et les mises en scènes parfois chaotiques !
Sfar aime les traits, et il en fait de partout. Ses vignettes sont chargées, détaillées, et chaque case pourrait être considérée comme un tableau.
Et ça tombe bien car l'un des buts de l'aventure est de reproduire, ou plutôt réinterpréter, certains tableaux du grandissime Salvador Dali.
Nous aurons donc ainsi plaisir à essayer d'identifier les différentes vues de Sfar en regard de l'œuvre de Salvador Dali comme l'évident "la Tentation de Saint Antoine" ou le "Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade une seconde avant l'éveil" etc...
Les couleurs sont vibrantes, mordantes et contrastées.
Son dessin ne peut donc pas laisser indifférent, le nu, le sexe et l'art en deviennent obnubilant.

Fin de la parenthèse page 11 Rue de Sèvres

Page 11

Le scénario :
Le scénario, en première lecture, m'a paru plutôt tiré au couteau, totalement absurde et délirant, quasiment torturé, mais à force d'y réfléchir, celui-ci devint tout au contraire puissant, ravageur, provocateur etc... Et faisant le plus beau et le plus catégorique des pieds de nez à tous ces prédicateurs terroristes de l'anti-culture et de l'abolition du plaisir quel qu’il soit.
Et le titre prend ainsi vraiment tout son sens.
En effet, Sfar par son récit fou et supplicié, offre une vraie parenthèse à l'actualité.
Il nous offre ainsi un divertissement, une bulle fortement imagée, pour nous rappeler que la vie doit être prise du bon côté avec tous les plaisirs exploitables, poussant le vice presque jusqu'à la drogue (mais sans incitation !).
C'est en quelque sorte une supplique adressée à toute la population pour ne pas baisser les bras et se révolter contre les méthodes des abrutis
armés et sans cervelle à répandre la peur.
Le choix du surréalisme par la BD est donc parfait pour aborder ce soulèvement, car il touche évidement au dessin, à l'absurde, à la luxure, la drogue, l'art etc...
Bref tout ce que l'on tente de nous enlever par la violence.

Fin de la parenthèse page 46 Rue de Sèvres

Page 46

Donc pour résumé, ma première impression a été complètement faussée, et ce n'est qu'en prenant du recul que j'ai pris une vraie claque.
Ce livre est simplement une ode à la vie, le plus beau (mais aussi peut être le plus tourmenté)  des respects pour les victimes d'attentats.
J’aime.
Ciao
Yann
 
L'auteur:
Joann Sfar est née en 1971. Dès ses premiers pas dans la bande dessinée, il s'est affirmé comme l'un des chefs de file de cette nouvelle génération d'auteurs, apparus dans les années 1990
Auteur d'une centaine d'albums comme dessinateur, scénariste ou les deux à la fois, on lui doit quelques sagas comme le Chat du rabbin, Donjon (qu'il coécrit avec son complice Lewis Trondheim), Pacsin ou Le Petit Vampire.
Histoire de remplir encore plus un quotidien déjà surchargé, il s'est mis en tête de devenir réalisateur de films, avec Gainsbourg (vie héroïque), récompensé par un César, et l'adaptation en dessin animé du Chat du rabbin, récompensé par un autre César.
Mais il n'a pas cessé pour autant de se consacrer à la bande dessinée.
Il continue chaque jour à dessiner sans relâche et à publier des albums, comme Les Lumières de la France, Klezmer ou Chagall en Russie.
D'après ses proches, il paraît qu’il trouve aussi le temps de dormir et de s'occuper de ses enfants.

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