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Momification : une technique encore d’actualité ?

Publié le 29 octobre 2016 par Daniel Leprecheur

La technique initiale pratiquée par les prêtres, mystérieuse,  continue d’interroger les scientifiques et les historiens ainsi que les auteurs de fiction. Il n’empêche que des nouvelles méthodes ont été développées, et qu’il est désormais possible d’être momifié, … à certaines conditions et en toute connaissance de cause.

La momification : un rite funéraire universel

Quand on évoque la momification, on pense immédiatement aux momies des pharaons de l’Égypte antique.

C’est oublier que cette pratique funéraire fut également employée par les tibétains, les incas et les aztèques, toujours avec une finalité religieuse et mystique.

En effet le procédé visait à conserver le corps afin de favoriser le passage du défunt dans l’au-delà : nettoyage du cadavre, retrait des viscères, déshydratation, embaumement, … malgré les variantes propres aux différentes civilisations, le processus demeure sensiblement identique.

Avec les siècles et la disparition des croyances polythéistes au profit du christianisme, de l’islam et de la religion hébraïque, la momification va néanmoins se raréfier, sans pleinement disparaître.

Masque de Werner Strub - série chœur des momies de Palerme (tissu) - ©photo René Funk

Masque de Werner Strub – série chœur des momies de Palerme (tissu) – Photo © René Funk

On pense notamment aux momies de Palerme (voir encadré ci-dessus), entreposées depuis la période baroque dans la crypte attenante au Monastère des Capucins de la ville, devenus des experts dans une technique que la noblesse et la haute bourgeoisie siciliennes affectionnaient comme une marque de prestige, la preuve d’une appartenance sociale privilégiée.

Se faire momifier aujourd’hui

Si l’inhumation et la crémation se sont imposées comme les choix funéraires majeurs, la momification n’a cependant pas tout à fait disparu.

En 2011, un chauffeur de taxi atteint d’un cancer accepte d’être préparé post mortem par une équipe de médecins légistes britanniques selon les codes de la momification à l’égyptienne.

L’objectif de l’opération était de revivre étape par étape et dans une perspective historique et scientifique les différentes phases de l’embaumement d’un pharaon.

Depuis 1975, l’entreprise Summum propose ce type de service, adapté au monde moderne. Fondée par Claude Nowell, la firme installée à Salt Lake City a débuté dans la préparation d’animaux domestiques avant de se diversifier en se tournant vers les humains.

S’appuyant sur les traditions égyptienne et tibétaine, elle propose à ceux qui le désirent d’être préparés  selon une méthode qui remet ces rites ancestraux au goût du jour, sous le nom de « transférence ».

Le traitement du corps

Les étapes de la momification :

1) Le décès constaté, le corps est immédiatement transporté dans les locaux de l’entreprise, afin d’y être pris en charge pour un cycle de préparation long d’un mois et demi.

2) Tout d’abord baignée, la dépouille est vidée de ses viscères qui sont-elles-même rincées puis replacées dans le corps.

3) Ce dernier est ensuite immergé dans une substance en majorité composée de produits chimiques usités dans l’ingénierie génétique, et cela pendant environ 70 jours afin que les chairs s’en imprègnent.

4) Finalement extrait de ce bain, le cadavre est rincé, séché, enduit d’un onguent, avant d’être emmailloté de bandelettes de coton.

5) Le cocon ainsi créé est recouvert d’une membrane de polyuréthane, puis de fibre de verre enduite de résine.

6) Le tout est enclos dans une capsule sarcophage de bronze ou d’acier dont les orifices sont hermétiquement scellés avec de la résine d’ambre.

On arrive alors au terme du processus : la momie peut être placée dans un sanctuaire dédié (Summum travaille à développer un site spécifique à cet usage) ou dans une tombe classique en cimetière.

Conditions et limites

Il faut savoir que le sarcophage doit être placé dans un endroit protégé du gel et des grands froids ; en effet un corps momifié selon ce procédé ne supporte guère les basses températures.

De même la dépouille ne peut être traitée qu’à Salt Lake City, où se trouve l’entreprise. Il se pose donc la question de l’acheminement du corps, qu’il faut conditionner au plus vite après le décès, pour stopper les effets de la décomposition.


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