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Montreuil s'engage à fond pour l'économie sociale et solidaire

Publié le 05 novembre 2016 par Blanchemanche
#Roms #Montreuil
Le droit au logement est inscrit dans la loi, mais demander à l’État qu'il joue son rôle et fasse respecter les droits des personnes c'est démodé. Le Ministère peut réquisitionner des logements vides pour mettre à l'abri les familles Roms, les sans domiciles fixes, les migrants. Mais non. Les citoyens n'ont qu'à se démerder pour s'occuper des pauvres, des réfugiés et des Roms.vive l'économie solidairevive l'économie solidaire« Prenez-les chez vous ! » Combien de fois les personnes solidaires des treize familles Roms expulsées de la Boissière, qui vivent dans la rue depuis plus de cent jours, ont-elles entendu ceci : prenez-les chez vous ! L'injonction se veut à la fois un défi et une menace. Si elles ne les « prennent » pas chez elles, c'est bien que les personnes solidaires ne sont pas tout à fait sincères, ne sont pas si solidaires que cela finalement puisqu'elles refusent de bouleverser leur petit confort qu'on imagine douillet. La défense des droits des Roms ne peut être qu'un hobby de bobos. On ricane des personnes solidaires qui n'accueillent pas immédiatement chez elles une famille Rom sans abri.Le droit au logement est inscrit dans la loi, mais demander à l’État qu'il joue son rôle et fasse respecter les droits des personnes c'est démodé. Le Ministère peut réquisitionner des logements vides pour mettre à l'abri les familles Roms, les sans domiciles fixes, les migrants. Mais non. L’État n'est plus providence, l’État n'est plus au service des populations, l’État n'est plus que d'urgence : police, armée, et police encore. Police toujours. Alors, abriter les gens ? Les citoyens n'ont qu'à se démerder pour s'occuper des pauvres, des réfugiés et des Roms si ça les intéressent.D'ailleurs, certains citoyens sont très très intéressés. Car le pauvre est un produit comme tout le monde et peut rapporter gros. Aussi naturelle que renouvelable, la culture du pauvre prend bien sous tous les climats. Elle se développe sans engrais partout où le capitalisme casse et broie les travailleurs qu'il utilise un temps puis jette ou bien tout ceux et celles dont il n'a jamais besoin. Les guerres sont de grandes productrices de réfugiés qui s'entassent sur de vieux rafiots, prennent les routes en longues files et viennent se transformer en pauvres sur le bitume glacé de nos villes. C'est pourquoi le pauvre est aujourd'hui une ressource si abondante. Que faire de tous ces stocks de pauvres qui encombrent nos trottoirs de leurs tentes déglinguées et de leurs cartons sales ? Les laisser doucement s'éteindre au gré des mauvaises saisons est une solution qui a ses avantages depuis que nos lois humaines et civilisées ont interdit l'extermination active des pauvres. Mais à l'ère du recyclage, la lente décomposition du pauvre au coin de la rue devient une aberration écologique et un gâchis économique. La valorisation du pauvre est une nécessité qu'impose aussi bien la dignité humaine que le sens des affaires : n'attendez-plus, investissez dans l'économie sociale et solidaire. L’État et le banquier vous diront merci.Pas besoin de gros moyens pour créer sa petite structure de recyclage des pauvres. Nombre de bénévoles, qui sont l'honneur de notre pays, se presseront à travailler pour vous sans compter leurs heures et gratuitement. Les subventions publiques comme les soutiens de généreux mécènes pleuvront sur les projets innovants de votre entreprise répondant à un besoin social déterminé. Et pas besoin non plus d'aller se salir les louboutins dans la boue des caniveaux : rester au propre et au chaud est beaucoup plus confortable pour bien s'occuper des sans abri.Pour en savoir plus sur toutes ces belles dynamiques qui réchauffent le cœur, on peut se rendre aujourd'hui sur la place de la mairie de Montreuil, juste là où vivent et dorment depuis plus de trois mois quarante Roms dont trente enfants, dehors, sous des tentes. On visitera avec badge, vigiles et contrôles de sécurité mais non sans profit le salon « Estploration positive, le rendez-vous des initiatives engagées ». Le citoyen s'inscrira aux ateliers et apprendra comment installer une cabane superécolo dans son jardin pour accueillir « en toute intimité » un demandeur d'asile ou un réfugié. Ça peut aussi aller pour n'importe quel pauvre, mais le clochard c'est moins glamour. Ça peut aussi aller pour une famille Rom. Prenez-les chez vous ! Suffit d'acheter une cabane superécolo à une chouette entreprise de l'économie solidaire et sociale et de se la coller au fond du jardin, entre le bac à compost et les toilettes sèches !https://blogs.mediapart.fr/juliette-keating/blog/051116/montreuil-sengage-fond-pour-leconomie-sociale-et-solidaire?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

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