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TWEETER HACHE TA GAIETÉ (hashtag étaie !)

Publié le 06 novembre 2016 par Fabianus
TWEETER HACHE TA GAIETÉ (hashtag étaie !)
Denise, en naze n’avouera pas l’an (en Aznavour à pas lents ?), oui l’an maudit qu’elle a passé sur tweeter.
Denise, des Vosges (contrepet) y a laissé sa santé et l’équilibre familial.
Trop de temps passé, dès le matin, à trouver le petit billet de moins de 140 caractères pour tenter de se faire aimer tandis que, tout près d’elle, dans leur enveloppe charnelle, le cœur de son mari et celui de son enfant  ne battaient que pour elle.
Elle a passé du temps, sans répit, jour et nuit, pour réussir (pensait-elle), pour gravir le sommet. Mais en oubliant ses amis, son amour, ses emmerdes !
Non, Denise n’avouera pas car elle a sa fierté.
Cette fierté qu’elle nourrissait en voyant venir à elle de nouveaux followers (des gens qui vous suivent sur tweeter).
Cet orgueil démesuré qui la poussait à se retweeter (relancer son propre tweet sur la toile) puisqu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même dans ce milieu très narcissique.
Non, Denise n’avouera pas qu’elle se voyait déjà en haut de l’affiche tandis que son mari, au plus profond du dépit, lançait :
Tu t’laisses aller, tu t’laisses aller !
Alors progressivement Denise a pris conscience que le petit oiseau bleu lui gâchait la vie. Elle a pris l’angle des « plaisirs démodés » : Tweeter n’est qu’une fabrique de vieux jeux de mots pourris qu’on recycle à l’infini. Tweeter n’existe que pour combler l’ennui dans un monde qui ne fait plus rêver, sur une planète anxiogène. Pire, Tweeter nous afflige de billets racistes, islamophobes et, comble de malheurs, bourrés de fautes d’orthographe !
Tweeter demeure le royaume de l’instantané compulsif, de la saute d’humeur incontrôlée, de l’information non vérifiée, du « Chirac mort » boutininisé !
-   Désormais, on ne nous verra plus ensemble, a-t-elle lancé un jour à sa Tweet Liste (TL), cette ribambelle de niaiseries, de gazouillis insupportables (et toujours moins bien rédigés que les siens) qu’elle recevait des gens avec qui elle avait cru judicieux de communiquer quand bien même se cachassent-ils sous un pseudonyme agrémenté d’un avatar.
Denise s’est désintoxiquée et a quitté l’oiseau bleu. Elle s’est auto-radicalisée positivement.
Elle revit, respire, ne jalouse plus sa copine Carole qui se « la pétait » en s’enorgueillissant d’atteindre les 10.000 followers en moins d’un an.
La vie n’est pas sur tweeter. La valeur d’un être ne se mesure pas au nombre de followers. Elle en est persuadée :
J’ai gaspillé le temps, en croyant l’arrêter et pour le retenir, même le devancer, je n’ai fait que courir et me suis essoufflée…
Alors elle renoue avec la vraie vie. Elle a des idées de voyage :
Nous irons à Vérone, a-t-elle lancé à son mari enfin soulagé. Avec Amélie, pour ses 6 ans. Et puis on ira plus loin. Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles !
Denise retrouve sa sérénité. Elle redevient cette femme aimable qu’on aimait rencontrer pour engager une conversation responsable lors de réunions de parents d’élèves.
On ne la voit plus absorbée à tapoter son petit clavier, à s’extraire de la communauté des vivants.
Denise revit comme au temps de la bohème, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… Qu’elle est triste Denise Au temps des journées mortes Qu’est triste Denise Quand elle ne tweete plus Elle cherche encore des mots Qui ouvrirait la porte A d’autres followers Mais elle ne les sent plus (les mots)
Qu’elle est triste Denise Lorsqu’au beau bar, Carole Devant un bon café Lui dit : ça va bien mieux Mes abonnés si chers Retweetent : ils se gondolent De mes billets d’humeur Ils en sont fous furieux !
Qu’elle est triste Denise Au temps des lettres mortes Quand se font la valise Les mots, ces malotrus ! Amuser : qu’on la lise ! Y’a que ça qui importe ! Poster l’hilarité Aux abonnés déçus
Qu’elle est triste Denise Devant tant de lacunes Elle a perdu la main Ou elle n’a plus la foi ? L’oiseau bleu agonise Elle ressent l’infortune Car certains l’ont bloquée Elle ne s'en remet pas !
Adieu toutes ces piges, on Sent bien qu’elle s’insupporte Elle est en dessous, pire Toute son âme est perdue ! Elle est triste Denise Elle si gentille, accorte Vient de piquer sa crise En tweetant : plein le C....(censuré)

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