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Le voyage exotique oui, mais avec Chronosquad.

Par Hectorvadair @hectorvadair
Le voyage exotique oui, mais avec Chronosquad.Chronosquad 1 : l'une de miel à l'âge de bronze
Giorgio Albertini/Gregory Panaccione
Delcourt 2016

Nous sommes dans un futur qui a maitrisé le voyage dans le temps. Telonius Bloch est un trentenaire spécialisé en histoire du moyen âge. Il vit en colocation avec un copain et une superbe rousse, et a tout du parfait loser. Un matin, il est contacté par la Chronosquad, une agence qui assure la sécurité des voyages de tourisme dans le passé. La fille d'un banquier a en effet disparu avec son petit ami alors qu'elle était en vacances dans l'Égypte antique. Un équipe est montée en urgence à leur rescousse, et Telonious en fait partie.
L'ambiance de ce premier tome, d'une histoire qui en comptera quatre au total, pourra bien sûr faire penser aux Brigades du temps, de Kris et Duhamel (trois tomes parus depuis 2012 chez Dupuis), mais aussi, époque et lieu oblige, un peu Papyrus. La comparaison s'arrêtera là, car cette nouvelle série, plutôt adulte, au ton moderne et science-fictionnel revendiqué, explore davantage les "bas-fonds" et les dures réalités historiques des sociétés qu'elle visite, qu'elle ne donne à en rire.

Le voyage exotique oui, mais avec Chronosquad.

Trop facile le voyage dans le temps !
©Albertini/Panaccione/Delcourt


Giorgio Panacini est d'ailleurs un professionnel du moyen âge et d'archéologie, ce qui explique le souci du détail des époques mises en scène. Si l'on navigue entre au moins deux continuum spatio- temporels différents : celui de notre présent avec l'équipe centrée autour de notre Mr Bloch au gros nez un peu gauche et le décor du lieu d'enlèvement des deux tourtereaux, le scénariste a aussi la malice d'incorporer un troisième élément (l'histoire d'amour de l'agent Chronosquad Penn avec Léonard de Vinci), ce qui rajoute un peu de piment à un déroulé pourtant déjà assez touffu.

Le voyage exotique oui, mais avec Chronosquad.

Une touriste en fâcheuse position...
©Albertini/Panaccione/Delcourt

L'aventure est l'élément clef de ces voyages, et le Dinosaure blanc d'Henri Vernes (Bob Morane) n'est pas loin lorsque l'auteur nous transporte dans le paléolithique, même si l'époque n'a rien à voir. On est embarqué dans ce récit dès les premières pages, et on se demande si le ton faussement naïf employé par le dessinateur (cf le gros nez et le côté Pierre Richard de l'anti héros) n'est justement pas là pour faire passer la pilule d'un récit improbable. La couverture de l'album à cet égard, pourrait en rebuter un certain nombre.

Cependant, et au final, on est conquis par l'originalité du scénario, le charisme des personnages, et la profondeur des éléments dispatchés, notamment comment la violence, voire l'esclavagisme, liés à la notion de tourisme à outrance sont traités, apportant au passage une belle critique à peine voilée sur le voyage contemporainen "zones sensibles". Et on en redemande.
Ça tombe bien, trois suites sont annoncées.
Recommandé, et tous publics, quoi que certaines scènes peuvent heurter les plus jeunes.

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