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Cool Japan is over ? Le pire du Japon ne sera plus diffusé en anglais

Publié le 22 juin 2008 par Thomas Bertrand

Waiwai
Le site en anglais du journal japonais Mainichi a décidé d'arrêter sa colonne appelée «WaiWai». WaiWai était spécialisé dans les infos bas de gamme, les infos perverses, la presse poubelle.
Quelques exemples de titres d'articles publiés sur ce site:
-Fast food sends schoolgirls into sexual feeding frenzy
-The Cook, the Beast, the Vice and its Lover
-Deadly 'iku iku byo' reaches a climax

La majorité des infos tournaient autour du sexe et donc d'une sexualité supposée de Japonais délurés. Mais voilà, c'est fini, vous ne pourrez plus lire WaiWai.
N'étant pas un adepte de ce site, ni des critiques qui tournaient autour, je ne saurais vous dire quand les anti-WaiWai ont commencé à faire parler d'eux. Cela dit, il y a quelques jours, avant la fermeture du site, le blog de Japan.Inc, un site plus sérieux, s'intéressait «au problème» WaiWai:

"Waiwai - an insight into subculture or just for fun?"

The notorious WaiWai section of the Mainichi online English version is often the center of a debate on its legitimacy. Some voice that it enables non-Japanese speakers to understand the subculture of Japan, finding stories that they would be unable to get otherwise. Others say that the WaiWai is nothing more than tabloid tidbits, with no form of legitimacy and not worth reading, other than just for amusement.

On apprend dans cet article que la plupart des articles diffusés sur WaiWai étaient des articles tirés de journaux ou magazines du groupe Mainichi.

However, 9 out of 10 of the articles featured today were all taken from Mainichi affiliated newspapers and magazines,(...)

Dans le blog de Japan.Inc, l'information tourne autour de la responsabilité de Mainichi à propos du contenu de WaiWai. Jusqu'en 2007, le journal affirmait ne pas être responsable de ce contenu tiré d'articles japonais. Le groupe avait alors oublié que ces articles étaient issus de ses propres publications.

Mais ce que les anti-WaiWai reprochent à Mainichi, c'est avant tout la traduction en anglais de ces infos-poubelle et donc de diffuser une mauvaise image du Japon à travers WaiWai. Mais qui sont les anti-WaiWai ?

Certainement des internautes japonais soucieux de l'image de leur pays. On peut comprendre la révolte de certains... Mais il faut bien l'avouer, parler de gros seins de Japonaises et pervers japonais et des écolières en uniformes, cela rapporte du trafic sur son site et donc de l'argent. Avouez, vous voulez cliquer sur le lien «gros seins de Japonaises» ?!

Cela fait vendre et Mainichi le sait bien. Il suffit de comparer la première page du site du journal en anglais et la version japonaise de ce jour pour voir la différence:

Main1 Main2

C'est moins sexy en japonais, n'est-ce pas ? Donc, des internautes japonais sont partis en croisade contre le site anglais de Mainichi. Il existe un wiki pour les anti-Mainichi version anglaise qui s'intitule: 毎日新聞の英語版サイトがひどすぎる まとめ@wiki / La version anglaise du site du journal Mainichi est lamentable. Ce wiki liste toutes les infos relatives au site anglais de Mainichi. Une sorte de veille du pire du Japon, diffusé par le journal. Outre ce wiki, on trouve des critiques de WaiWai sur le forum 2channel, le forum le plus large au monde, qui fait peur aux journalistes japonais. Ce forum se caractérise par l'anonymat des participants, la libre-parole (ce qui sous-entend des dérives répétées, des insultes, etc...) et une influence digne d'un grand média. De là à dire que 2channel a fait plier Mainichi, il n'y a qu'un pas.

Complément à 2channel, le blog Hitai News, un des blog les plus lus au Japon selon Technorati Japan. Ce blog revient sur la fermeture de WaiWai, avec ses commentaires anonymes où se mêlent comme toujours, des nationalistes, au mauvais sens du terme et des internautes chevronnés. J'ai pu y trouver l'image ci-dessous, un fake d'une publicité du journal Mainichi. Le slogan est sans équivoque: «On n'a pas besoin d'un journal qui insulte la mère patrie» (si vous avez une meilleure traduction pour 母国, faites-moi signe). Et le logo du journal n'est plus Mainichi Shinbun (毎日新聞) mais BaiNichi Shinbun (売日新聞) qui devient «Le journal qui vend le Japon».

Vip548155

La fermeture de WaiWai est une info et l'agence J-cast l'a traitée dans une brève dont le titre le 20 au soir était: 毎日新聞英語版サイト 「変態ニュース」を世界発信 / La diffusion au monde des infos perverses sur le site anglais du journal Mainichi.

Je voulais juste revenir sur ce titre en faisant remarquer que le reste du monde (hors Japon), ne parlait pas forcément anglais. Ce titre le suggère, c'est classique: au Japon, on parle japonais. Ailleurs, on parle anglais.

Sekai

Mais J-Cast n'a pas eu besoin de me lire pour changer leur façon de voir les choses ce matin et enlever 世界 Monde de leur titre:

Seakai2

J'ai voulu aborder plusieurs choses et j'ai du mal à conclure ce post. Mais le point essentiel que je voulais signaler, c'est que ces infos reprises par Mainichi dans WaiWai, sont des infos lues tous les jours par des Japonais, dans des magazines ou journaux à sensation. Il n'a pas fallu attendre la soif de news poubelles, ou perverses des gaijin, pour que le marché du sexe soit devenu l'un des plus gros business au Japon. Pas étonnant que les news qui y soient rattachées facent parler d'elles. Elles sont reprises par le Mainichi, comme par des journaux étrangers sérieux comme le Times.

Peut-être que le Japan bashing n'est pas terminé. Peut-être que les problèmes d'un pays aussi puissant qu'un rocher bien dure que le Japon, où la natalité est en berne, nous émoustillent. Peut-être que ce qui nous émoustille, c'est notre culture judo-chrétienne et les tabous qui vont avec, des désirs enfouis que Mainichi prend plaisir à titiller pour gagner de l'argent. Reste que si l'on est bien éduqué au média, avec un sens critique, les infos de WaiWai, c'était pour rire, seulement pour rire. Mais le sens critique semble se perdre.


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