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Primaires de droite: pauvre France...

Publié le 23 novembre 2016 par Jean-Emmanuel Ducoin
Fillon, Juppé? Bonnet blanc, blanc bonnet? Quoi qu’il advienne, c’est bien une contre-révolution conservatrice de choc qu’ils nous préparent tous à plus ou moins brève échéance.  Primaires de droite: pauvre France...Les danses macabres sur le squelette de la République ne nous intéressent pas, d’autant moins que la folie médiacratique – en tant que genre mineur, exécrable – qui accompagne passivement la fameuse «primaire de droite» nous instruit sur la teneur affligeante du débat public actuel. À quoi sont donc conviés les Français, à longueur d’antenne, prisonniers malgré eux d’un abrutissement idéologique à sens unique? À réfléchir comme la droite et ses «champions», à penser à droite toutes, à répondre mécaniquement et uniquement à des questions de droite, bref, à ingurgiter, sans controverses véritables, le pire du pire des projets de la nouvelle droite ultra ou extrême qui s’avance, avec ses armes de destructions massives. «À des nuances près», diront les bonnes âmes, tout étant dans la nuance bien sûr, qu’on s’appelle Fillon ou Juppé, que l’un souhaite aller le plus loin possible dans toutes les régressions en préconisant des piqûres de cheval, ou l’autre, plus présentable, des suppositoires en série. Bonnet blanc, blanc bonnet? Quoi qu’il advienne, c’est bien une contre-révolution conservatrice de choc qu’ils nous préparent tous à plus ou moins brève échéance. Pauvre France… 
 À les entendre tous, il n’y aurait plus rien à faire, juste à mettre la clef sous la porte. La fatalité a toujours été l’argument du système, et le désespoir un piège mortel, qui se retourne toujours contre ceux qui auraient le plus besoin d’un réel changement économique et social. Ne le cachons pas: les colères populaires risquent d’être dévoyées, une fois encore. Sachant que le quinquennat de François Hollande a creusé le sillon contre le monde du travail, le climat n’incite pas à l’optimisme. Mais céder à la résignation, ce serait non seulement rendre possibles les aventures mortifères mais surtout renoncer à l’insurrection des esprits, la vraie, celle qui pourrait nourrir une offensive progressiste vraiment de gauche, capable d’irriguer un projet de justice, d’égalité et de solidarité, qui vise aux rassemblements et à la défragmentation de la société. Nous n’imaginons pas que la France devienne ce qu’on nous prédit.  [EDITORIAL publié dans l’Humanité du 24 novembre 2016.]

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