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RÉTENTION, NYCTURIE, DYSURIE : Madame G, post-hystérectomie est déprimée – Cas Patient

Publié le 25 novembre 2016 par Santelog @santelog

Madame G., âgée de 53 ans, qui pèse 75kg pour 1,65m consulte pour une incontinence urinaire post-hystérectomie (chirurgie de l’utérus), une pollakyurie RÉTENTION, NYCTURIE, DYSURIE : Madame G, post-hystérectomie est déprimée – Cas Patientdiurne (ou des mictions trop fréquentes durant la journée), une nycturie (des levers fréquents la nuit pour uriner), une rétention urinaire et une dysurie (une miction difficile). La gêne sociale induite par ces troubles urinaires a entraîné de profondes altérations dans sa vie sociale et familiale, jusqu’à la rupture conjugale.

Antécédents médico-chirurgicaux :  

·   Cure de prolapsus + hystérectomie + pose de bandelette TOT il y a 2 ans, compliquée d’une rétention aiguë des urines, ayant nécessité la mise en œuvre d’auto-sondages

·   Ablation de la bandelette TOT 2 mois plus tard, compliquée d’une incontinence urinaire permanente

·   Syndrome dépressif réactionnel à son divorce

Traitements en cours :

·   Glycérine ou Eductyl® suppositoires, contre la constipation

·   Lexomil® (anxiolythique) ¼ à ½ cp le soir

Antécédents gynéco-obstétricaux :

·   6 accouchements par voie naturelle dont une fausse couche à 6 mois, poids de naissances : 3 kg 550 à 4 kg 180

·   Rééducation pelvi-périnéale après chaque accouchement

Mode de vie :

   Prise de poids : a pris 12 kg en 4 ans

   Activité physique : aucune

   Activité professionnelle : aide à la personne

Recueil clinique :

   Madame G. présente des fuites urinaires permanentes et au moindre effort.

   Les troubles sont quotidiens et surviennent nuit et jour depuis 2001.

   Elle a présenté une rétention complète des urines à la suite de son hystérectomie la contraignant à la pratique d’auto-sondages.

   Madame G. utilise des protections permanentes, identiques le jour et la nuit, de taille médium, qu’elle change 4 fois par jour.

   La gêne sociale exprimée est importante, sa vie sociale et familiale en est très altérée (rupture conjugale).

   Le besoin d’uriner est ressenti avec une pesanteur, une douleur pelvienne cotée à 6/10.

   La progression du besoin est urgente avec une dysurie terminale : le jet urinaire est vif et haché.

   Elle présente une pollakiurie diurne de 10-12 mictions et une nycturie avec 3 levers nocturnes en moyenne.

   La sensation de vidange vésicale est complète. L’ECBU présente une leucocyturie sans germes.

   Le sommeil est très altéré et la fatigue importante.

   Madame G. présente toujours des signes de dépression.

   Le transit intestinal est difficile concernant l’exonération et nécessite des manœuvres digitales en plus de l’utilisation de suppositoires.

   Les apports hydriques sont estimés à 1 litre par jour.

Examen neurologique et aspect du périnée :

·   Le périnée présente un important bombement global et un déroulement antérieur franc de la paroi vaginale.

·   Tous les réflexes périnéaux sont retrouvés.

·   On observe une fuite massive sur table à la toux.

·   Absence d’anomalie sensitive dans les territoires sacrés.

·   Testing musculaire périnéal coté 2/5, épuisable.

·   Absence d’anomalie réflexe, sensitive ou motrice.

·   Force musculaire de bonne qualité.

Résultats du bilan urodynamique :

·   Vessie de grande capacité, avec progression rapide du besoin, à l’allure hypertonique mais stable.

·   Valeur élevée du profil urétral.

·   Importante dysurie caractérisée par une courbe polyphasique, un allongement du temps mictionnel et un débit moyen faible.

·   Résidu post-mictionnel significatif.

Propositions :

1.   Prescrire un traitement alpha-bloquant, si la tension artérielle le permet, pour faire disparaitre le résidu post-mictionnel et les levers nocturnes altérant le sommeil,

2.   Prendre un avis urologique pour réaliser une cystoscopie à la recherche d’une éventuelle sténose urétrale et/ou une cystoptose

3.   Mettre en œuvre une rééducation pelvi-périnéale par un kinésithérapeute spécialisé pour améliorer le testing musculaire pelvien,

4.   Adapter, pendant la durée de la rééducation et au-delà le cas échéant, le choix des protections aux activités de la patiente et au moment de la journée (ex : pour les activités de la journée TENA Pants Plus et pour la nuit TENA Pants Super ou Maxi) afin réduire au mieux la gêne sociale et de rétablir la qualité de vie de la patiente.

Auteur : Dr Lamia Fourni Consultation d’urodynamique Unité de Gériatrie Aiguë Hôpital Antoine-Béclère, Clamart (AP-HP)

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