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Pour Claude Cornu, l'orthographe n'est pas seulement un jeu d'écritures

Publié le 29 novembre 2016 par Gezale

Lors d’une conférence récente donnée dans le cadre de l’université populaire que s’efforce d’animer la municipalité de Louviers, Claude Cornu, lui-même responsable du programme de conférences de la société d’études diverses de Louviers et sa région, a brossé l’histoire de l’orthographe, cette matière aussi mystérieuse que traumatisante pour de nombreux petits et grands Français.

Pour Claude Cornu, l'orthographe n'est pas seulement un jeu d'écritures

Claude Cornu en action.

Savoir lire, écrire et compter compose le panel des instructions dites basiques. Mais l’orthographe, cette science qui se voudrait exacte, et que l’on enseigne pourtant très tôt, que de crimes on commet en son nom ! Les fautes d’accord, la présence de lettres étranges (le g de vingt, de doigt) des accents surprenants (le circonflexe) des conjugaisons complexes avec la concordance des temps…que de subtilités, de finesse, pour bien écrire une langue française inscrite dans la longue tradition aussi bien orale qu’écrite. Depuis des années, on cherche le moyen de simplifier notre orthographe au prix, parfois, de caricatures. Songeons que l’orthographe compose un ensemble de règles du jeu lesquelles, respectées par tous, permettraient de mieux comprendre et de mieux se comprendre. C’est comme en tout, il y a ceux qui apprennent les règles et les appliquent et ceux qui y dérogent, le plus souvent à leur corps défendant il est vrai.
En s’appuyant sur de nombreux textes lus lors de la conférence, Claude Cornu a su montrer comment, d’une orthographe phonique, le Français avait progressé de façon plus savante en tenant compte de l’origine latine des mots notamment. Il eût été étonnant d’entendre Claude Cornu, professeur agrégé de lettres classiques, accepter sans barguigner une simplification outrancière de l’orthographe. Sa complexité relative entre dans le champ des compétences acquises, fruit d’un long processus de mémorisation et de compréhension des règles pas si évolutives que cela même si l’usage a conduit l’Académie à quelques entorses… Ce qui est formidable dans l’orthographe, c’est la nécessité de la rigueur et de l’application. Une vraie école de bonne conduite de la langue. Quiconque ne se relit pas (ou s’il se relit, se relit trop vite) est condamné au jugement impitoyable des enseignants, des employeurs, des lecteurs. Car ce qui saute aux yeux, d’abord, c’est la faute d’orthographe glissée ici, oubliée là.
Pour étayer son récit et intéresser son auditoire, Claude Cornu s’est inspiré des grands auteurs que furent Ronsard, Vaugelas, Molière, Voltaire (souvent en délicatesse avec son époque et les académiciens) narrant comment au fil des siècles et en 1990, encore, les maîtres à penser et à écrire avaient édicté des conseils en forme d’ordres suscitant une polémique toujours actuelle.
En ce qui me concerne, je tente d’éviter au maximum les fautes d’orthographe même si je suis conscient que, de temps à autre, je peux ne pas être exempt d’erreurs. Mais quand on pense qu’à l’époque de Molière, grammaire se prononçait grand-mère, on comprend les quiproquos comiques engendrés par une écriture musicale aujourd’hui dépassée. En fin lettré, Claude Cornu a ravi les quarante personnes présentes. Elles ne se lassent pas d’apprendre, quel que soit leur âge et leur seuil de tolérance à l’égard de l’orthographe.

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