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L’abattage change-t-il la donne?

Publié le 11 décembre 2016 par Lecoloblog @lecoloblog

Je viens de lire un article, paru dans le Society de fin Novembre, qui parle d’un éleveur de viande suisse, qui est le seul du pays, à avoir obtenu une licence pour abattre ses animaux par balle, sur son exploitation. En ne m’en tenant qu’à ces quelques lignes, j’étais choquée de cette méthode. Abattre de sang froid un de ses animaux, en laissant le hasard décider, selon la bête qui regarderait son meurtrier le plus longtemps, pour lui permettre de viser correctement. C’est finalement assez archaïque…

Et puis j’ai continué de lire l’article. Il est question de morale, d’émotions, d’amour pour ses bêtes. Cet éleveur a passé 20 années de sa vie sans manger un seul morceau de viande. Alors pourquoi devenir éleveur et décider d’abattre soi-même son cheptel? Eh bien tout simplement parce qu’au moins, cet éleveur est capable d’apporter une mort digne à ses animaux, une mort sans stress, sans traumatismes, sans loupés, pas comme ce qu’a récemment encore, filmé l’association de protection des droits des animaux, L214.

J’ai moi-même tendance à me définir comme une fléxitarienne à tendance végétarienne, comprendre que je mange de la viande quand je suis invitée mais que je ne cuisine jamais de viande chez moi. Et finalement, à bien y réfléchir, je pense que ce qui me dérange le plus par rapport à la consommation de viande, ce n’est pas tellement de tuer l’animal. C’est quelque chose qui se fait chaque jour dans la nature, c’est une partie de la chaine alimentaire et nous avons besoins de certains éléments fournis par la viande pour être en bonne santé.

Non, ce qui me dérange c’est l’excès. Manger de la viande midi et soir, parfois même au petit-déjeuner. Imaginez la surface nécessaire à l’élevage, à la culture de la nourriture, les rejets de polluants divers qui en découlent… Il n’y a tout simplement pas assez de Terre pour permettre à toute l’humanité de se nourrir de viande midi et soir. Et de fait, ce qui me dérange, c’est ce côté très industrialisé. Nous parlons d’être vivants et pourtant ils sont élevés et abattus à la chaine, comme de vulgaires produits inertes.

J’ai moi-même un chat, ce qui m’aide tous les jours à comprendre à quel point les animaux ressentent les choses. Et je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi? Pourquoi tue-t-on autant d’animaux simplement pour le plaisir, car ce n’est pas une nécessité pour notre survie. Et pourquoi le faire dans de telles conditions? Pourquoi faire souffrir inutilement? Pourquoi gaspiller?

Encore aujourd’hui, j’avais mon père et sa compagne à déjeuner et je leur ai servi un repas végétarien, comme à mon habitude. La discussion a inévitablement dévié sur ce sujet et ils m’ont avoués qu’eux aussi se posaient des questions parfois sur leur consommation de viande. On était tous d’accord pour dire qu’il est inutile et néfaste d’en consommer autant.

Toutes ces digressions pour me ramener au sujet initial, à savoir, est-ce que les conditions d’abattage change la donne? Je pense que oui. Il est impossible d’avoir recours à cette méthode « douce » d’abattage pour une quantité comme celle produite en France aujourd’hui. Si les consommateurs que nous sommes se limitaient à acheter moins de viande mais de meilleure qualité et issus d’élevage et d’abattage de ce type, le monde ne s’en porterait-il pas mieux? Je pense sincèrement que oui.

Pour autant, comme mentionné dans l’article, cet éleveur, Nils Müller, est le seul à disposer d’une telle autorisation. En France c’est totalement illégal dès lors que cela sort du cadre de la consommation personnelle. Autrement dit, tuer vos poules pour le congélateur, oui, mais pas pour le marché. Et pourtant, il semblerait, toujours selon cet article, que de plus en plus d’éleveurs ont recours à cette méthode, qu’ils jugent plus humaine et plus en adéquation avec leurs valeurs. Ils ont vu naitre, grandir leur bête et veulent lui offrir une mort dans la dignité. Alors que doit-on faire? Légaliser cette méthode d’abattage tout en restreignant le nombre de bêtes concernées? Ce serait une bonne solution, a minima pour permettre au consommateur de choisir en connaissance de cause.

Malgré tout, je ne suis pas sur que ma consommation de viande augmenterait, mais au moins, je me sentirais plus à l’aise à n’en manger qu’une fois de temps en temps, en sachant que la bête n’a pas souffert comme elle aurait pu dans un abattoir standard.

Mon seul appel, consommateurs du monde, réveillez-vous et alertez vos politiques pour faire progresser ce sujet!

Pour ma part, ce soir, ce sera coquillettes, sauce tomate, mais sans jambon!


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