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Dernier jour du pape en Terre sainte, en quête d’impossibles équilibres

Publié le 26 mai 2014 par Francoisjost

Jérusalem, envoyée spéciale

Le pape François a consacré l’essentiel de la dernière matinée de son voyage en Terre sainte au judaïsme et à Israël, multipliant les gestes destinés à apporter  une forme de réciprocité à la journée de dimanche, passée dans les Territoires palestiniens. Comme ses deux prédécesseurs, le pape a prié au Mur occidental, posant la main sur les pierres blondes et glissant un Notre père en espagnol dans les interstices, sous l’œil de ses amis, un  juif et un musulman, venus d’Argentine. Puis il a rencontré de nouveau le président Shimon Pérès — qui a répondu favorablement à son invitation à venir prier au Vatican pour la paix avec le président palestinien —, et le premier ministre israélien, qui lui n’a pas commenté cette initiative inédite.

Auparavant, une étape imprévue, suscitée par le premier ministre israélien, selon la presse, l’avait amené au mémorial des victimes juives du terrorisme. Il s’agissait de contrebalancer l’image du pape priant dimanche devant le mur de séparation à Bethléem ; un geste, qui aurait provoqué la colère des autorités israéliennes, alors que, selon le Jerusalem Post, « l’Autorité palestinienne a mis une très forte pression sur le pape pour qu’il s’arrête le long de la barrière de sécurité ».

D’’après le quotidien Haaretz, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a expliqué au pape que la décision de construire ce mur avait été prise « pour éviter de nombreuses victimes du terrorisme palestinien, qui continue aujourd’hui ». « Nous n’apprenons pas à nos enfants à poser des bombes, nous leur enseignons la paix… Mais nous devons construire un mur pour nous protéger de ceux qui prônent le contraire », a-t-il aussi déclaré. Le mur, long de 700 km a été construit à partir de 2002, à la suite d’une vague d’attentats-suicides en Israël, mais son tracé empiète largement en Cisjordanie, séparant de fait des Palestiniens d’autres Palestiniens.

Sur place, M. Nétanyahou a montré au pape la section consacrée aux victimes de l’attentat à la bombe contre une association juive de Buenos Aires en 1994, qui avait tué quatre-vingt-cinq personnes. François, dans un geste identique à celui de la veille au mur de Bethléem, a touché les plaques commémoratives de la main et du front, plongé dans une courte prière.
A la demande des Israéliens, le pape s’est aussi rendu sur la tombe de Theodor Herzl, le père du sionisme. Puis, il a rencontré des survivants de la Shoah au mémorial de Yad Vashem. Dans cet endroit, où Benoît XVI, jugé trop froid, avait déçu les Israéliens, le pape François, a baisé les mains de survivants présents. « Ce geste, au-delà du discours [largement inspiré de la Bible] a été apprécié », selon un responsable des relations judéo-chrétiennes.

Au plan politique, alors que le pape venait de répéter devant le président israélien la demande faite dimanche au président palestinien « que l’’on évite de la part de tous des initiatives et des actes qui contredisent la volonté déclarée d’’arriver à un vrai accord », le gouvernement israélien a autorisé, lundi matin, la construction de cinquante nouveaux logements dans la colonie d’Har Homa, située entre Jérusalem-Est et Bethléem. Lors de ses rencontres avec les responsables israéliens, le pape a aussi de nouveau plaidé pour un accès libre de tous aux lieux saints, allusion aux difficultés rencontrées par les Palestiniens de Cisjordanie et plus encore de Gaza pour venir prier à Jérusalem.


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