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"Au principe de toute action révolutionnaire il y a un acte de foi " (Roger Garaudy)

Par Roger Garaudy A Contre-Nuit

La véritable alternative à une religion opium du peuple, ce n'est pas un athéisme positiviste, car le positivisme ce n'est pas seulement le monde sans Dieu mais le monde sans l'homme. La véritable alternative c’est une foi militante et créatrice pour laquelle le réel ce n'est pas seulement ce qui est, mais tous les possibles d'un avenir qui apparaît toujours impossible à qui n'a pas la puissance de l'espoir. Ernst Bloch a eu le mérite de redécouvrir le fondement nécessaire de tout marxisme vivant qu'il appelle : « le principe de l'espoir ». […] Il n'est pas vrai que l'on devient révolutionnaire simplement parce qu'on est malheureux, ou simplement parce qu'on nous a prouvé par voie démonstrative, « scientifique », la nécessité du socialisme. Il est fort utile au révolutionnaire d'avoir fait l'expérience vitale du malheur, comme d'être capable d'esprit scientifique, mais ni sa misère ni sa science ne l'ont rendu révolutionnaire. Au principe de toute action révolutionnaire il y a un acte de foi : la certitude que le monde peut être transformé, que l'homme a le pouvoir de créer du1 nouveau et que nous sommes personnellement responsables de ce changement. Pour Ernst Bloch, la certitude que la réalité n'est pas seulement ce qui est mais ce qui naît d'un océan de possibles est un héritage des religions. Ce qu'il appelle une « métareligion ». […]Avoir la foi, c'est espérer. C'est-à-dire percevoir les possibilités au-delà du réel immédiat. « L'espoir de l'homme, c'est la chair de Dieu », disait Barbusse. […] Car si l'homme n'a pas de nature, mais une histoire, cette histoire n'est jamais finie. Nous ne pouvons jamais être satisfaits. La foi ne peut donc pas être justification de l'histoire mais ouverture de l'histoire. Elle est cette question qui maintient l'histoire en suspens. La vie du Christ est l'exemple d'une vie de cette qualité. Faite de décisions portant non sur tel ou tel aspect de l'ordre social ou de la vie personnelle, mais sur le problème unique des fins. Jésus n'est pas un révolutionnaire cherchant à transformer les structures, comme les zélotes de Bar Kochba. Il n'est pas non plus un prêcheur de repentance comme Jean-Baptiste qui agirait seulement sur les consciences. Il est l'homme pleinement homme qui, en chaque action, nous enseigne à viser les fins lointaines.
Roger GARAUDY L’alternative
pages 122-123 Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur FacebookPartager sur Pinterest Libellés : Marx, Roger Garaudy, Théologie de la libération

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