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2017, l'année des plates-formes

Publié le 01 janvier 2017 par Patriceb @cestpasmonidee
2017 Outre la rétrospective de fin d'année, une autre tradition incontournable des médias est la prédiction du nouvel an. Après les dérives de la blockchain qui ont dominé 2016 (ainsi que je l'avais presque prophétisé), je pense que 2017 devrait voir émerger et s'affirmer l'ère des « banques plates-formes », dont les premiers signes sont déjà visibles.
Depuis quelques mois, voire quelques années pour les pionniers, les API (« interfaces de programmation applicative ») sont devenues un enjeu critique de l'ensemble du secteur financier. En Europe, la directive des services de paiement (PSD2) – qui doit entrer en vigueur à partir de 2018 – constitue un facteur important de cet intérêt soudain, mais une prise de conscience de l'importance d'une ouverture au monde « digital » s'est aussi progressivement imposée dans toutes les régions du monde.
Les opportunités que promet d'offrir un accès libéré aux services bancaires n'ont pas manqué d'attiser la convoitise d'une myriade de nouveaux acteurs (mais peu d'institutions historiques, ce qui est aussi regrettable qu'inquiétant). En dehors des startups naturellement conquises aux vertus des API, telles que les leaders du PFM, les entreprises proposant des solutions techniques d'exposition d'interfaces (par exemple l'Open Bank Project) ont renforcé leur présence et leur visibilité a beaucoup progressé.
Tout est désormais prêt pour le déclenchement d'une nouvelle étape dans le cycle de l'évolution : la « banque plate-forme », bâtie sur des services devenus universellement accessibles sous la forme d'API. La vision proposée est celle d'une offre fédérée et intégrée, assemblée à partir des produits de fournisseurs divers et variés, permettant au client non seulement de disposer d'une vue à 360° de ses finances personnelles mais également d'ajuster précisément son portefeuille à ses besoins et ses préférences.
Banque « plate-forme »
Les prémices d'une telle plate-forme sont déjà à l'œuvre dans plusieurs jeunes pousses. Même s'il faut (hélas) émettre quelques réserves sur son modèle opérationnel (entre l'accumulation des retards au lancement européen et les révélations inquiétantes sur la sécurité de son infrastructure), N26, en Allemagne, fait partie de cette tendance, en intégrant des solutions d'autres startups de la FinTech, qui ajoutent des fonctions de transferts internationaux et de conseil patrimonial à son modèle de néo-banque basique. U Account, en Grande-Bretagne, veut maintenant généraliser cette approche.
Dans un registre différent, commencent à apparaître des plates-formes destinées à supporter les nouvelles entreprises de la finance, en leur donnant accès de manière simple – « en 5 lignes de code » promet l'une d'entre elles – à une palette de services issus de différentes banques et prenant en charge les aspects réglementaires. SolarisBank avait ouvert la voie au début de 2016, elle sera suivie très rapidement par d'autres, à l'instar de RailsBank, dont le démarrage est prévu prochainement.
Derrière cette vague initiale un peu désordonnée, je vois arriver, bientôt, une deuxième génération de plate-formes décuplant la valeur délivrée en introduisant une dimension de conseil automatisé au-dessus de ce qui n'est, pour l'instant, qu'un catalogue étendu de produits. Ces futures banques seront alors capables de fournir, peut-être par l'intermédiaire d'assistants virtuels intelligents, les solutions adaptées aux besoins de chaque individu, en toute transparence, sans effort et à moindre coût…
Excellente année 2017 à tous !

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