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Un adolescent découvre la musique de Wagner, une page de " Rouge et blanc" de Maurice Betz (1923)

Publié le 02 janvier 2017 par Luc Roger @munichandco

Un adolescent découvre la musique de Wagner, une page de

"Maurice Betz, né le 10 décembre 1898 et mort le 31 octobre 1946, est un écrivain et traducteur français d'auteurs de langue allemande, dont Frédéric Nietzsche, Rainer Maria Rilke et Thomas Mann.

Maurice Betz voit le jour en 1898 à Colmar, dans une famille bourgeoise protestante et francophile. Il est le fils unique de Georges Jules Betz (Wihr-en-Plaine, 1864 - Colmar, 1902), directeur d'agence à la Société Générale Alsacienne de Banque, et de Marie Minna Hemmerle (Horbourg, 1865 - Munster, 1940), une mère "excellente, mais impressionnable, émotive à l'excès". Le père décède alors que l'enfant n'a que trois ans: au contact de sa mère, le petit Maurice Betz développe cette sensibilité aiguë qui imprégnera dorénavant sa personnalité et son œuvre de poète et de romancier. Son oncle, Paul Betz, était par ailleurs un chirurgien renommé de l'hôpital de Colmar.

En 1904, dans une Alsace devenue depuis plus de trente ans une province du Reich wilhelminien, il entre au gymnasium de Colmar (aujourd'hui lycée Bartholdi) où les enseignements s'effectuent en allemand: Gustav Gneisse, le proviseur, un Allemand professeur de grec, est un pangermaniste farouche, ardent défenseur d'un enseignement exclusivement en allemand (Hansi, qui fréquenta quelques années avant Betz le lycée de Colmar et en conserva de mauvais souvenirs, caricatura Gneisse en 1909 sous les traits du fameux "Professor Knatschké"). Betz retracera sa scolarité tiraillée entre l'influence française et la tutelle germanique dans son premier grand roman, Rouge et Blanc (Albin Michel, 1923). Alors qu'il n'a que dix ans, Maurice Betz démontre déjà un goût assuré pour l'écriture : il compose des nouvelles en allemand qu'il broche lui-même et signe Maurice von Betz. Trois ans plus tard, il compose des poèmes. Comme nombre d'Alsaciens, il passe quotidiennement de l'allemand, la langue officielle du Reichsland d'Alsace, au français, la langue du cercle familial et des vraies racines. L'enfant partage au demeurant son existence entre les lectures de littérature française (Victor Hugo, Alexandre Dumas, Jules Verne, Pierre Loti, mais aussi Jean Richepin, Paul Bourget, Anatole France, etc.) et l'activité au grand air qu'il affectionnera toute sa vie durant (marche dans les Vosges, natation, ski, etc.).

En 1915, alors que la guerre vient d'éclater, Maurice Betz, qui ne veut pas se soumettre aux obligations militaires allemandes, franchit sans passeport la frontière suisse près de Constance. Sa mère l'accompagne à Berne, Genève et finalement Neuchâtel, où il fréquente désormais le gymnase puis la faculté des Lettres.[...] "

[Rouge et blanc...], consacré à la situation de l'Alsace sous la coupe wilhelminienne porte le même titre qu'un recueil de poèmes de l'Alsacien René Schickele ( Weiß und Rot, 1920). Il a pour cadre le lycée de Colmar et retrace la trajectoire de deux lycéens, l'un Alsacien, l'autre Allemand, dont l'amitié se trouve mise à rude épreuve à la fois par la direction de l'école (le proviseur Neise est une réminiscence à peine masquée du fameux Gustav Gneisse), par les parents des deux familles, les mentalités revanchardes et les aléas de l'Histoire (le déclenchement de la Grande Guerre).[...]

(Source de cette première partie: Wikipedia à l'article Maurice Betz)

Pour les lecteurs wagnériens, à noter qu'on doit à Maurice Betz une traduction de La chanson des Niebelungen. (A l'Enseigne du Pot Cassé, 1944)

Rouge et Blanc est à la fois une peinture légèrement satirique des mœurs alsaciennes et l étude de la répercussion dans l 'esprit d'un adolescent partagé entre les cultures germanique et et latine, du heurt de races et de civilisations qui est le drame éternel des "marches" franco-allemandes. Jacques, le protagoniste de famille francophile assiste pour la première fois en compagnie de son ami allemand à un drame wagnérien et, troublé, sous le charme, entre en confusion des sentiments.

C'était la première fois que Jacques allait assister à la représentation d'un drame musical.

Le rideau se leva.



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