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Décès : Quand la mort devient une problématique environnementale

Publié le 15 janvier 2017 par Daniel Leprecheur

Car le cadavre et les différentes manières dont il était jusqu’à présent traité s’avèrent des sources de pollution particulièrement inquiétantes auxquelles il convient de remédier. Les compagnies d’assurances commencent même d’ailleurs à étoffer leurs offres en proposant des cercueils ou des urnes écologiques dans leur contrat de convention obsèques.

De quoi s’agit-il exactement ? Quelles sont les solutions envisageables ? Comment organiser des funérailles écologiques tout en respectant la législation ?

Quand mourir pollue

Difficilement concevable, la chose est pourtant avérée, le cadavre est source de dégradation au même titre que les deux méthodes généralement utilisées que sont l’inhumation et la crémation.

Le corps

  • Le corps d’une personne décédée est chargée des métaux lourds absorbés au cours de l’existence ; lors de la décomposition, ces matériaux vont se dégager dans le sous-sol ou l’atmosphère, contaminant ainsi la terre et les sources.
  • Par ailleurs les prothèses et implants sont également cause de pollution.
  • La dépouille est traitée avec des produits chimiques qui en assurent la conservation. Parmi ces substances, on trouve du méthanol, du glycol, de l’éosine … autant de liquides particulièrement nocifs.

L’inhumation

  • Cette pratique suppose l’emploi d’un cercueil, la plupart du temps en bois. Ce sont 100 000 stères qui sont ainsi utilisés par an en France, pour couvrir les besoins funéraires, d’où une exploitation intensive qui accroit la déforestation.
  • Érigés en marbre, en granit ou en pierre, les monuments pèsent dans la surconsommation de minéraux et l’appauvrissement des carrières.
  • L’entretien des terrains communaux suppose l’usage de pesticides et de produits chimiques dangereux pour la qualité des sols.

La crémation

  • Il faut environ une trentaine de litres d’essence pour assurer 1h30 d’incinération, d’où un dégagement de CO2 conséquent.
  • A cela s’ajoutent les résidus du bois du cercueil et des vêtements du défunt.
  • Par ailleurs le formol utilisé pour conserver le corps ainsi que les métaux lourds qu’il contient vont dégager des dioxines très agressives.

Pour des funérailles « durables »

La législation française est encore très sévère en la matière, limitant la marge d’action des individus au choix entre l’enterrement et l’incinération, cette dernière étant considérée comme la méthode la moins polluante. Il existe pourtant d’autres possibilités, actuellement à l’étude dans les pays anglo-saxons qui se sont emparés de la question il y a déjà plusieurs années et qui devraient ultérieurement modifier les comportements.

Il est aussi envisageable d’adopter des gestes simples permettant d’orchestrer des obsèques plus écologiques.

Des solutions venues d’ailleurs

  • Aquamation, promession, réduction du corps en compost, assainissement des chairs par des champignons, … les scientifiques étrangers rivalisent d’inventivité pour proposer de nouveaux processus qui neutralisent la pollution générée par les cadavres.
  • Cercueils en carton, urnes bios, capsules et linceuls biodégradables ont le vent en poupe qui permettent au corps de  progressivement se fondre dans l’humus pour retourner au cycle de nature.
  • Les lieux mortuaires sont de plus en plus orientés vers cette volonté de se fondre avec le monde, la terre, le végétal. Les cimetières bios similaires à des parcs ou des forêts se développent en Angleterre, tandis que les américains privilégient les récifs commémoratifs où les cendres des disparus deviennent récifs coralliens pour assurer la sauvegarde du milieu marin.

Des gestes simples

  • Si la France n’est pour l’instant pas encore prête à ce type de pratiques, il est cependant possible aujourd’hui d’orchestrer des funérailles respectueuses de l’environnement en suivant quelques principes simples.
  • Il faut avant tout éviter les traitements thanatopraxiques et les soins du corps, dont nous avons vu précédemment qu’ils nécessitent des produits chimiques nocifs.
  • Le cercueil sera biodégradable, en carton ou en bambou par exemple ; idem pour l’urne (qui peuvent même se « transformer en arbre » dans certains cas : voir ici).
  • Il convient de s’attarder sur le lieu d’inhumation. Bénéficie-t-il d’un aménagement bio ? Les espaces végétaux sont-ils entretenus sans pesticides ? Est-il proche et bien desservi, cela afin d’y aller à pied ou en transports en commun, sans utiliser de voiture ?
  • Quant au caveau, on peut s’orienter vers une dalle végétalisée, avec des plantes adaptées.
  • Pour les funérailles proprement dites, on enverra les faire part par mail afin de ne pas gâcher de papier.
  • Les invités pourront faire des dons à des associations caritatives plutôt que d’amener des gerbes et des couronnes.

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