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IMMUNITÉ : Pourquoi une infection persistante peut présenter aussi un avantage – PNAS

Publié le 22 janvier 2017 par Santelog @santelog

IMMUNITÉ : Pourquoi une infection persistante peut présenter aussi un avantage – PNASL'infection persistante maintient la mémoire immunitaire en alerte, favorisant une protection à long terme, nous explique cette équipe de l'Université de Washington. Des travaux surprenants, présentés dans les Actes de l'Académie des Sciences américaine, qui suggèrent ainsi que ce type d'infections présente des avantages et pas seulement des risques.

Pour un grand nombre de maladies infectieuses, un seul épisode de la maladie va contribuer à créer une immunité en cas de nouvelle exposition au pathogène responsable de l'infection. Mais, dans certains cas, le microbe responsable persiste dans le corps longtemps après les symptômes et, dans ce cas, cette latence peut conférer à l'hôte une immunité à long terme. Bref, cette étude contribue à expliquer le lien a priori paradoxal entre l'infection à long terme et l'immunité à long terme. Les chercheurs de Washington prennent l'exemple de la varicelle, une maladie dans laquelle un petit nombre de microbes persiste dans le corps longtemps après la disparition des symptômes. Des microbes qui peuvent entraîner une récidive de l'infection, par exemple lorsque l'hôte est plus âgé et que son immunité a diminué avec l'âge ou avec la maladie.

Cette étude a été menée précisément sur la , une maladie tropicale qui touche 250 millions de personnes dans le monde dont 12 millions vont développer une maladie active, et des dizaines de milliers de personnes vont décéder. Les personnes infectées vont continuer à héberger le parasite en faible nombre pendant des années, bien après leur récupération. Enfin, des études chez la souris ont déjà montré que la suppression complète du parasite rend souvent les animaux plus sensibles à un autre épisode de maladie en cas de nouvelle exposition au parasite.

Les chercheurs ont mené leurs travaux sur la souris , utilisé des marqueurs fluorescents pour distinguer les différents types de cellules et constatent que la plupart des parasites vivent dans des cellules immunitaires capables de les tuer. Pourtant, malgré leurs hôtes dangereux, les parasites semblent tout à fait normaux en forme et en taille. La plupart d'entre eux continuent à se multiplier, mais le nombre total de parasites reste à peu près stable au fil du temps. En fait, les chercheurs ont été incapables de montrer qu'une partie des parasites étaient éliminés par les cellules immunitaires hôtes, mais en même temps, ils constatent que leur nombre n'augmente pas. Une constatation qui suggère que c'est ce processus, à la fois la multiplication et l'élimination des parasites qui sous-tend l'immunité à long terme associée à une infection persistante.

ces conclusions apportent une explication au lien surprenant, déjà constaté, entre l'infection à long terme et l'immunité à long terme : en rappelant constamment au système immunitaire à quoi ressemble le parasite qui cause la leishmaniose, l'infection persistante maintient le système immunitaire en alerte contre de nouvelles rencontres avec le parasite, même si cela n'élimine pas totalement le risque récidive plus tard dans la vie. " Infection à long terme et immunité à long terme : On avait pensé qu'en cas d'infection persistante, le système immunitaire répondait à tous les agents pathogènes réactivés afin de protéger le corps contre la maladie. On avait oublié un effet dans ce processus, celui d'une stimulation permanente du système immunitaire qui, finalement, développe sa réponse ou sa protection contre la maladie " , explique le Dr Stephen Beverley, professeur de microbiologie moléculaire et auteur principal de l'étude. Car, en cas d'infection chronique, un petit groupe de microbes reste dans le corps longtemps après la disparition des symptômes et cette présence continue à stimuler le système immunitaire. Et ce scenario intervient avec de nombreux types de pathogènes entraînant des infections persistantes (ex : tuberculose, herpès et varicelle).

Une explication de notre mémoire immunitaire : en effet, ce processus contribue à expliquer pourquoi, en général, on ne tombe pas malade 2 fois en cas d'exposition au même pathogène ; comme les parasites persistants se reproduisent et se font tuer, ce cycle stimule en continu le système immunitaire. Ainsi, il y a aussi des avantages associés à l'infection persistante et, pour certains organismes, le développement d'un vaccin apportant une immunité à vie " pourrait " être basé sur une souche vivante ayant la capacité de persister sans rendre malade, bien sûr.

Proceedings of the National Academy of Sciences ( PNAS) (In Press) via Eurekalert (AAAS) 16-Jan-2017 Persistent infection keeps immune memory sharp, leading to long-term protection

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