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Le jardin d'hiver du Roi Maximilien II dans la Résidence de Munich

Publié le 06 février 2017 par Luc Roger @munichandco

Le jardin d'hiver du Roi Maximilien  II dans la Résidence de Munich

Franz Jakob Kreuter, la place Max-Joseph, 3e projet pour le jardin d'hiver.
La façade extérieure du jardin d'hier fait l'angle entre le Théâtre et la Résidence.


A la suite de ses études, l'architecte Franz Jakob Kreuter (1813-1899), qui fut aussi le premier ingénieur civil bavarois, avait débuté sa carrière dans le prestigieux bureau d'architectes de Friedrich von Gärtner, qui avait conçu les principaux bâtiments de la Ludwigsstraße. Il fit ensuite un voyage dans l'Angleterre industrialisée et à son retour se distingua dans la construction de ponts et dans la construction ferroviaire.
Le Roi Maximilien II, qui régna de 1848 à 1864, lui confia la conception d'un projet de jardin d'hiver à ériger au-dessus du Théâtre de la Résidence. L'idée d'un tel projet remontait à 'époque où Maximilien était encore Prince héritier. Le rêve du Prince devenu Roi prit enfin forme: le jardin d'hiver fut terminé en 1854 dans le goût moderne d'une époque qui découvrit les possibilités d'une architecture utilisant le verre et l'acier et dont le Crystal Palace de l'exposition universelle (Great Exhibition of the Works of Industry of all Nations / grande exposition universelle des travaux de l'industrie de toutes les nations) de Londres en 1851 est l'exemple-type. 
Le projet de Reuter fut réalisé par l'architecte August von Voit, un spécialiste des techniques nouvelles. C'est au même architecte qui construisit à l'emplacement de l'ancien jardin botanique le Palais des Glaces, dont il ne reste plus rien car il fut détruit dans un grand incendie en 1931. Le Palais des Glaces, construit sur le modèle du Crystal Palace, servit pendant de décennie de palais des expositions (tant industrielles qu'artistiques). Le jardin proprement dit fut conçu par le directeur des jardins de la Cour Carl Effner, qui réalisa une pelouse terminée par des fontaines et entourées d'arbustes subtropicaux et de plantes aériennes, le tout étant orné de sculptures.
Le jardin d'hiver, qui mêlait l'ancien au moderne, était alors avant-gardiste et  ne manqua pas de faire controverse; il rencontra l'ire d'une partie de la population. Hier comme aujourd'hui l'interpénétration de l'ancien et du moderne dans l'espace public fait débat. Le Roi, souvent souffrant, aimait quant à lui profiter de l'atmosphère tropicale de son jardin et y fit de fréquentes haltes.
Le bâtiment fut démantelé en 1922. Le théâtre qui lui servait de sous-bassement fut détruit par les bombardements de la deuxième guerre mondiale. Il fut reconstruit après-guerre et ouvrit à nouveau se portes en 1950. Tout ce qu'il reste du jardin d'hiver du Roi Maximilien II fait l'objet d'une exposition dans une des salles du musée de la Résidence.
Lorsque Louis II succéda à son Père, il se fit construire son propre jardin d'hiver dans la Résidence, mais à un autre emplacement, au-dessus des bâtiments de la Résidence faisant l'angle du Hofgarten et de la place de l'Odéon.

Le jardin d'hiver du Roi Maximilien  II dans la Résidence de Munich

Franz Jakob Kreuter, 3e projet pour le jardin d'hiver de Maximilien II (1850)

Le jardin d'hiver du Roi Maximilien  II dans la Résidence de Munich

F.J. Kreuter, 3e projet, coupe longitudinale (1850)


Le jardin d'hiver du Roi Maximilien  II dans la Résidence de Munich

Joseph Albert, photographie de la place Max-Joseph II(entre 1859 et 1861)
De gauche à droite la Résidence, le jardin d'hiver et le Théâatre national)


Le jardin d'hiver du Roi Maximilien  II dans la Résidence de Munich

Intérieur du jardin d'hiver avec pelouse et fontaine.
Photo Joseph Albert (1859/1861)

Le jardin d'hiver du Roi Maximilien  II dans la Résidence de Munich

Le jardin d'hiver de Louis II faisait  l'angle, donnant sur le Hofgarten
et la place de l'Odéon. Photo Joseph Albert 1869/1871.

Source des photographies: München / Stadtmuseum, Graphische Sammlung, München / Staatliche Verwaltung der Schlösse et München / Bildarchiv Bruckmann-Verlag via Artigo.


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