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Obsèques laïques : une mesure controversée mais symbolique ?

Publié le 06 février 2017 par Daniel Leprecheur

Adoptée, la mesure, actuellement en attente de validation par le Sénat, a suscité plusieurs remous dans l’hémicycle comme chez les professionnels du funéraire.

De quoi s’agit-il exactement ? Pourquoi pareille mesure ? Quelle est sa véritable portée ?

Que dit la loi ?

Elle repose sur un seul article qui stipule que « chaque commune, dès qu’elle dispose d’une salle municipale adaptable, met celle-ci à disposition des familles qui le demandent et garantit ainsi l’organisation de funérailles républicaines qui leur permettront de se recueillir ».

Cette offre est gratuite, n’engage aucun coût et n’est pas facturable. Il est aussi possible de requérir la présence d’un officier d’état civil afin de conduire la cérémonie.

Les origines de cette mesure

Il faut savoir que les obsèques républicaines sont reconnues depuis 1887, mais les communes n’y étaient pas obligées officiellement jusqu’alors.

Faute de moyens mis à disposition, n’étant pas informées de cette option, les familles n’avaient d’autres ressources que de s’orienter vers des cérémonies religieuses.

Par la suite, les opérateurs funéraires ont proposé des prestations de ce genre, dans le cadre des funérariums, où des salles sont spécialement installées pour exposer les corps, accueillir les proches et orchestrer des cérémonies hors de la sphère ecclésiastique.

Une démarche contestée

Aussi, l’annonce de ce vote a entraîné une vague de contestation de la part des acteurs du secteur. Ces derniers s’étonnent de pareille volonté, dans la mesure où ils orchestrent ce type de rituel agnostique depuis longtemps, et sont initiés pour gérer le déroulement de ce cérémonial en prenant en compte la douleur des proches, leurs attentes.

De plus ils ont équipé leurs installations en conséquence, investissant dans du matériel adapté, alliant technologie (afin d’assurer la conservation des corps par exemple) et confort (pour permettre le recueillement des invités, assurer leur bien-être en cas instants pénibles).

De nombreux députés ont par ailleurs questionné le coût supplémentaire (entretien, frais de fonctionnement) que cette décision allait représenter pour des communes souvent alourdies par les charges liées au fonctionnement, à l’entretien.

Ils s’inquiètent également de la mobilisation d’un agent municipal qui n’aura pas forcément les réflexes ni le temps pour ce type de prestation dont il ne maîtrisera pas les arcanes.

Une volonté d’égalité et de laïcité

C’est oublier la valeur profonde de cette loi qui va dans le sens de la laïcité, inscrite au fronton de notre Constitution.

Le principe en est à la fois simple et profondément républicain : il s’agit pour les institutions d’accompagner et d’honorer les citoyens jusque dans leur dernière demeure, tout comme ils sont épaulés dans le mariage, le parrainage, le baptême civil, et cela en dehors de la signature d’un simple registre, la délivrance d’un acte de décès purement administratif.

Le geste est fort, symbolique ; il prend en compte les attentes de près de la moitié de la population qui ne se rattache à aucune confession religieuse, et désire être officiellement reconnue dans ce choix de conscience.

En 2015 déjà, l’Association des Maires de France exprimait cette aspiration dans son vade-mecum sur la laïcité, allant jusqu’à conseiller aux élus qui en avaient la possibilité de « mettre à disposition des familles qui le souhaitent une salle communale, lorsque c’est possible, aux fins de célébrer des funérailles non religieuses ».


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