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Pourquoi ne pas retirer son REER avant la retraite

Publié le 06 février 2017 par Fabien Major @fabienmajor

Voici un exemple d’une situation commune:

Kevin a perdu son emploi. Cette situation est très déstabilisante. À 32 ans, il va sûrement se retrouver un boulot, mais, là il est fatigué et veut juste s’aérer l’esprit pour quelques semaines. Alors, pourquoi ne pas s’offrir un petit deux semaines dans l’sud? Comme Kevin n’a pas de fonds d’urgence et ses cartes de crédit sont « loadées », il va retirer 5000$ de ses REER. MAUVAISE IDÉE. Très mauvaise idée même. Voici pourquoi.

Comparativement aux fonds de pension, il est effectivement possible d’accéder à son argent investi dans un REER avant ses vieux jours, mais les agences du revenu du Canada et du Québec voudront leur part respective. Un rachat d’un montant inférieur à 5000$, occasionnera une retenue fiscale à la source de 21%. Entre 5 000 et 15 000$ du REER, cela entraînera une retenue d’impôt de 26%.  Au-delà de 15 000$, c’est 31% qui sera prélevé automatiquement.

Hypothéquer son avenir

Donc dans notre cas, Kevin ne recevra que 3 700$. Mais ça ne s’arrête pas là.  Il est possible que son institution financière lui charge des pénalités de retrait. Ce sera le cas, si ces produits d’investissements en sont assujettis. Ça peut aller jusqu’à 5,5% du montant brut. De plus à la fin de l’année, ce retrait sera comptabilisé comme un revenu. Si Kevin se retrouve un boulot et son taux d’impôt change d’échelon, il pourrait recevoir une facture fiscale additionnelle. Voilà pour les bonnes nouvelles. Parce que la suite est encore plus désastreuse…

En retirant la somme de 5 000$ de ses REER, Kevin hypothèque dangereusement son avenir. Il renonce à la croissance cumulative de son capital et de l’effet des intérêts composés dans le temps. Si 5 000$ n’est pas une somme importante aux yeux de Kevin aujourd’hui, c’est qu’il n’a pas conscience de sa valeur future! Alors, calculons-la. En supposant que son REER était investi dans un fonds équilibré diversifié mondialement qui rapporte en moyenne 7% annuellement, à 65 ans son petit REER de 5 000 piastres vaudrait 46 627$.

En conclusion, pour le toit qui coule, la transmission brisée, l’ordi à remplacer et les autres aléas de la vie… le REER c’est « pas touche » !

Les exceptions

Si vous souhaitez utiliser vos économies pour l’achat d’une maison ou un retour aux études, ça relève du gros bon sens. Les retraits de REER sans imposition sont possibles dans le cadre du régime d’accès à la propriété (RAP) et du régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP). Ils ne sont pas imposables pourvu que vous respectiez toutes les conditions.

A RETENIR

  • Avant de puiser dans vos REER, servez-vous d’une marge de crédit
  • On ne peut pas emprunter et remettre des sommes dans son REER sans dommage
  • Les rachats REER s’additionnent à tous vos revenus
  • A long terme, le manque à gagner représente des dizaines de milliers de dollars
  • Pour éviter de devoir puiser dans vos REER: dotez-vous d’un fonds d’urgence

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