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"La petite boulangerie française et le méchant investisseur"

Par Khatmars
Cela pourrait être un conte où l'on saurait à peine les premières paroles entendues que la fin serait bonne, que le gentil boulanger sortirait vainqueur de son bras de fer contre le méchant investisseur qui veut le mettre à la porte pour relouer son lieu, plus cher… Houla houla, dans la vraie vie c'est un peu plus compliqué que ça et à Berlin les bras de fer investisseurs-locataires ça fait déjà quelques années qu'ils ont lieu et il n'y a pas toujours de happy end…
Mais l'union fait la force et les Berlinois ne baissent pas les bras facilement, même devant plus forts qu'eux…

La devanture de la boulangerie Filou


Dans le cas présent, rien n'est joué… Kreuzberg, quartier encore dans son jus, mais qui peu à peu attirent les "Investoren" qui salivent devant les millions d'euros de bénefs qu'ils pourraient se faire sur le dos de gérants, habitants, activistes mêmes qui occupent leurs lieux depuis 20 ou 30 ans et qui n'auraient jamais pensé qu'ils seraient menacés de devoir quitter leur espace en raison d'une augmentation de leur loyer…

"Filou reste"


Ils s'organisent via les réseaux sociaux, via des rencontres, se solidarisent les uns avec les autres mais parfois cela ne suffit pas.
Comme un jeu de domino, c'est plusieurs lieux qui sont menacés dans un périmètre plus petit qu'un mouchoir de poche, alors ça commence à se voir cette gentrification du quartier à marche forcée.
Samedi 25 février était organisée une manifestation de soutien à tous ces lieux et le parcours en faisait le tour avec à chaque station des discours dénonçant les pratiques douteuses des propriétaires et proclamant haut et fort que tous resteront.

Affiche annonçant la manifestation


Banderoles devant un des lieux menacés la librairie Kish & Co


"Zorn" - "Colère" proclame cette banderole où les immeubles sont comme des pièces de dominos qu'on peut faire sauter


Jeu de mot en allusion à Bizim, un magasin de légumes turcs qui lui aussi à affronter un méchant investisseur


"Taekker", l'un des investisseurs mis en cause dans les mises à la porte prévues


Les organisateurs de cette manifestation attendaient environ 350 personnes, chiffe qu'ils avaient annoncé à la police. En fait c'était plutôt 2 500 personnes et pas seulement des activistes mais des habitants du quartier excédés de voir disparaître les petites boutiques du quartier ou les institutions culturelles pour être remplacées par des marchands de lunettes comme le proclament une carte postale de soutien à la librairie  Kisch & Co ou par des cafés chics pour les touristes qui ne se sentent pas concernés.

le vélo d'un manifestant avec la pancarte "Zorn" / "Colère" sur son panier


"Lause bleibt"


"Stop aux expulsions forcées"


Anarchie et féminisme vont très bien ensemble


Fin de cortège -
Les ramasseurs de bouteilles commencent à collecter leurs trésors dont ils tireront quelques centimes de consigne


Et LA chanson entendue sur le parcours "Das ist unser Haus" du groupe Ton Scheibe Scherben écrite dans les années 70 pour défendre un autre lieu qui était occupé à l'époque Das Rauchhaus, lieu qui a survécu et qui continue à être un lieu emblématique de la scène alternative berlinoise.
Pour en savoir plus et suivre la lutte des différents lieux :
https://www.facebook.com/filoubleibt/   & https://twitter.com/gloreiche36
https://twitter.com/LauseBleibt
https://www.facebook.com/KischUndCo/

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