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Ca a chauffé!

Publié le 24 juin 2008 par Jacqueline Favez & Yves Blanc

Alors là, moi je dis chapeau! Chapeau très bas, même, aux courageux spectateurs qui sont venus admirer les prouesses des slalomeurs suisses, sur la place d'armes de Chamblon, ce week-end. Non qu'un quelconque danger les guettait mais, par ces températures caniculaires, il fallait vraiment avoir envie de voir de quitter l'ombre et le frais pour venir offrir sa peau aux morsures du soleil.
D'autant que, à Chamblon, la fournaise était totale: sur le parc concurrents (doux mélange de béton, de ciment et de goudron), la température a grimpé jusqu'à plus de 36 degrés. A l'ombre, donc. Et l'endroit du parcours où les spectateurs peuvent se masser sans risque est, lui, situé sur une petite colline. En plein cagnard. Parasols, casquettes, crèmes solaires et bouteilles d'eau à gogo ont donc dû faire partie de l'équipement de base de survie des spectateurs.
Qui, croyez-moi ou non, étaient nombreux. Qu'en déduire? Que le sport automobile attire, toujours et encore, et qu'on ne vient pas voir une course juste parce qu'on n'avait rien de mieux à faire et que le programme télé était à pleurer. Parce que franchement, samedi et dimanche, autant opter pour la sieste...
Pour nous autres, pilotes, il nous a aussi fallu pas mal de cran, au moment de partir à l'assaut de ce parcours. A 7h du mat', première manche essai, ça allait encore. Mais dès la deuxième ronde, aux environs de 9h30-10h, la torture a commencé. Enfiler le pull "gni-gni-fugé", bien moulant, à manches longues, était la première étape pénible. Passer ensuite par-dessus la combinaison tout aussi "gni-gni-fugée", manches longues, trois couches, était à peine moins pénible. Mais le coup d'assomoir, c'était de se mettre sur le visage la cagoule  (oui, elle aussi "gni-gni") et de rajouter encore le casque. Quand tout ça était limite au point d'ébullition, il s'agissait ensuite de mettre les gants... Notez que l'idée m'a traversé l'esprit que la pénibilité d'enfiler des gants sur des mains déjà moites de chaleur était compensée par le fait que ça évitait de se cramer les paumes sur le volant brûlant...
A la manche suivante, la canicule ayant encore grimpé d'une vingtaine de crans, j'ai testé la technique du congélateur. Où j'avais relegué les pulls et les cagoules. Effet kiss cool garanti!!! Génial. Jusqu'à ce que tout ce petit monde, moi, le pull, la combi et le reste passe du congélateur au four, j'ai nommé: ma voiture. Effet kiss cool annulé, en à peine dix secondes. Gasp.
A la dernière pause, passée avec un linge mouillé autour de la nuque, j'ai cru défaillir au moment où il fallait y retourner. Et là, je me suis dit que si le linge mouillé faisait son petit effet rafraîchissant (grâce à une minusculette brise d'air)... Et là, le cerveau de la fille a fait "hésite-hésite-hésite", avant de disjoncter... J'ai tout jeté sous le robinet! La rafraîchissante humidité du pull n'a, de nouveau, pas eu un effet particulièrement durable. Mais la cagoule.... Ah.... la cagoule.... ! Quand il a été l'heure de la mettre, le frais sur les joues et la tête a duré juste ce qu'il faut pour tenir le coup jusqu'au moment du départ.
Et après, ben on est en course. Et là, chaud, pas chaud, froid, pas froid, on ne sent plus rien: toute la concentration est sur la piste. Et sur le plaisir de faire glisser la voiture et "d'enrouler" les portes du slalom. Les résultats? Quels résultats? Nous sommes sortis de cette fournaise sans insolation, nous avons bien rigolé, pris beaucoup de plaisir au volant. Mais si c'est des chronos que vous parlez, alors c'est par ici...
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Sinon, pendant que nous nous faisions des coups de chaleur, les "p'tits" se bagarraient sur le circuit de Magny-Cours, en GP2. Vous l'avez sans doute déjà lu mais je vous résume l'affaire. La première course a été fatale aussi bien à Romain Grosjean (rageant, il avait la victoire à portée de moustache) qu'à Sébastien Buemi. Le Genevois et le Vaudois ont tous deux été lâchés par la mécanique. Parti 19e le lendemain, Romain Grosjean a de nouveau été contraint à l'abandon. Parti 21e, Sébastien Buemi a... gagné!!!
A ce qu'il paraît, son ingénieur a décidé que les pilotes de l'écurie partiraient en pneus slicks (lisses) alors que la pluie venait juste de cesser. Il semble que les premiers tours de course aient été plutôt "sport" pour les équipiers du team Arden. Mais quand la piste a commencé à sécher et que tous leurs petits camarades sont rentrés aux stands changer de pneus, ils ont eu piste libre pour remonter tout le peloton. Ne restait plus à Sébastien Buemi qu'à dépasser son coéquipier, Yelmer Buurman, parti devant lui, pour aller décrocher une magnifique victoire. Laquelle le fait remonter au troisième rang du classement général, à quinze points de Pantano et à huit points de Senna. Romain Grosjean, lui, pointe au 4e rang, à un point derrière Sébastien Buemi. Rien n'est donc perdu! D'autant qu'il reste six rendez-vous, donc douze courses remplies de bons points à prendre...
Jacqueline


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