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L'accouchement à domicile pousse ses premiers cris

Publié le 28 février 2017 par Podcastjournal @Podcast_Journal
Rédacteurs et stagiaires: cliquez sur cette barre pour vous connecter en back-office de la rédaction! Recherche par tags (mots-clés) Recherche d'évènements (agenda) "Aux Pays-Bas, accoucher à domicile n'est pas un projet alternatif, c'est juste normal". Franka Cadée, sage-femme néerlandaise, défend le système périnatal traditionnel, qui favorise les naissances hors structures hospitalières souvent trop surmédicalisées.
Bien entendu, chaque femme qui souhaite accoucher à son domicile doit répondre à plusieurs critères médicaux très strictes pour éviter tout danger à la future maman et à son bébé.

Manque d'empathie du personnel hospitalier pour certaines, besoin d'intimité pour d'autres, la grossesse, l’accouchement et l’allaitement sont avant tout des processus physiologiques naturels. Notamment en raison de l'assurance pour la responsabilité civile professionnelle, bien trop coûteuse, autour de 20.000€ par an, certaines sages-femmes comme Chantal continue de pratiquer l'AAD par éthique personnelle. "Les femmes qu’on refuse et celles dans les régions où il n’y a pas de sage-femme accouchent toutes seules. C’est un problème de santé publique", souligne Chantal.

Tandis que pour d'autres, c'est une pratique irresponsable et une forme de régression idéologique. Valérie Denais, présidente du Conseil de l'Ordre Départemental des Sages-Femmes explique qu'"une sage-femme peut faire un accouchement inopiné hors des murs d'une structure hospitalière..., mais s'il est programmé au domicile, la sage-femme n'est pas couverte par les assurances, et selon la loi Kouchner, tout professionnel libéral doit avoir souscrit une assurance pour exercer. Ainsi, si l'accouchement à domicile n'est pas interdit en France, nous n'avons pas les moyens de le pratiquer".

Laurie Maffre, une orthophoniste de 28 ans, est maman de deux enfants, le premier, né à l'hôpital tandis que le second est venu au monde à domicile.

Laurie avait des projets de naissance pour ses deux enfants. Le premier a eu lieu à l'hôpital, elle s'est sentie stressée et choquée par le manque d'informations, l'absence de choix dans la position entre autres et l'infantilisation du personnel hospitalier à son égard. "Je ne me suis pas sentie considérée. Je n'ai pas eu le choix de la position, les étudiants qui ont assisté à l'accouchement étaient nombreux, il n'y avait rien d'intime". Le plus dur pour elle a été lorsque le bébé est né et qu'il lui a été retiré quelques minutes, des minutes trop longues et un délai d'une heure et demi d'attente avant de commencer l'allaitement, ce qui n'a pas favoriser le lien immédiat entre la maman et son bébé.

Malgré une pression de l'hôpital pour qu'elle accouche en milieu hospitalier, Laurie a souhaité accoucher à domicile pour le second. Cela s'est fait en toute intimité, le lien a été immédiat, et "cette pratique a favorisé la place du papa". Elle ne regrette vraiment pas son choix d'avoir accouchée à domicile. Sans pour autant faire l'apologie de l'AAD, Laurie estime que chaque femme a le droit de choisir le lieu de son accouchement, de disposer de son corps comme elle le souhaite, avant, pendant et après ce moment unique, dans la vie d'une femme.


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