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The Legend of Zelda : Breath of the Wild est meilleur qu’Ocarina of Time

Publié le 02 mars 2017 par _nicolas @BranchezVous
The Legend of Zelda : Breath of the Wild est meilleur qu’Ocarina of Time Exclusif

Le plus récent chapitre de The Legend of Zelda se présenterait-il comme le jeu correspondant à la vision originale de son créateur?

Shigeru Miyamoto, cocréateur du premier The Legend of Zelda en collaboration avec Takashi Tezuka (dont le rôle est trop souvent ignoré), a déjà expliqué que l’idée fondatrice du jeu avait été puisée de son expérience personnelle, alors qu’il était enfant et s’amusait à explorer la région de Kyoto, découvrant forêts, grottes, et un jour même un lac, le tout sans l’aide d’une carte. C’est ce sentiment de découverte après exploration qu’il voulait offrir sous la forme d’un jeu vidéo, d’une aventure.

Link peut explorer comme bon lui semble, et le territoire est beaucoup plus vaste que ce que vous pouvez imaginer.

Tel un George Lucas du jeu vidéo, un côté de Miyamoto n’a sans doute jamais été pleinement satisfait de l’œuvre finale, et sa forme évolua à travers les consoles et nouvelles incarnations du héros. Mais l’exploration, elle, se butait constamment aux limitations technologiques.

Aujourd’hui, manifestement, ce temps est révolu. Avec Breath of the Wild (maintenant entre les mains de Hidemaro Fujibayashi et Eiji Aonuma), Link peut explorer comme bon lui semble, et le territoire est beaucoup plus vaste que ce que vous pouvez imaginer.

Un héros, une princesse, un méchant

Le jeu débute alors que vous vous réveillez dans une grotte mystérieuse, essentiellement nu, alors qu’une voix vous appelle. Vous êtes bien Link, ou en réalité l’une des innombrables incarnations du héros, l’élu, celui-là même qui doit sauver le royaume d’Hyrule une fois de plus.

On vous apprend à l’intérieur de la première heure que Ganon, le fléau, menace la paix du royaume depuis une éternité, et que vous devez à tout prix partir à la rencontre des chefs de quatre villages pour obtenir l’aide de gigantesques bêtes mécaniques divines lors de votre combat final contre l’incontournable antagoniste.

La mystérieuse tablette Sheikah fonctionne essentiellement comme un iPad ou une tablette Android survitaminés.

La mystérieuse tablette Sheikah fonctionne essentiellement comme un iPad ou une tablette Android survitaminés.

Heureusement, dans votre lutte contre le mal, vous obtenez dès le départ un outil précieux : la tablette Sheikah, un mystérieux outil tout-en-un qui vous servira de guide, et hébergera les modules essentiels pour poursuivre votre quête. Vous trouverez également une vieille chemise et des pantalons que vous avez intérêt à porter pour ne pas traumatiser vos futures rencontres.

Pour éviter les divulgâcheurs, je vous épargne volontairement les détails du scénario, qui s’avère être le plus riche de toute la série. Enfin, Nintendo nous offre certains personnages troublés et déchirés par le poids de l’incommensurable responsabilité qui leur est affligée.

Avez-vous dit «monde ouvert»?

À la base, Ocarina of Time était l’archétype de ce que l’on nomme aujourd’hui les jeux open world. On vous offrait d’explorer les lieux d’un vaste environnement, et de compléter accessoirement diverses quêtes parallèles. Vous pouviez aussi choisir un tant soit peu l’ordre dans lequel vous souhaitiez compléter les donjons, mais l’accès à ceux-ci exigeait généralement un outil uniquement disponible dans le précédent. Le terrain de jeu était également délimité par des montagnes infranchissables que tout joueur a d’abord voulu grimper.

Si cette montagne ne bloquait pas la vue, vous verriez à quel point le territoire est immense.

Si cette montagne ne bloquait pas la vue, vous verriez à quel point le territoire est immense.

Vous voulez escalader des montagnes? Dans Breath of the Wild, vous pouvez escalader des montagnes. Vous pouvez aussi (et enfin) sauter par votre seule volonté, une première dans la série. Vous pouvez courir à toute vitesse, et nager naturellement, mais tous ces efforts viendront réduire votre endurance, illustrée par une jauge circulaire qui pourra augmenter en capacité, mais en conservant une limite. Cette contrainte permet à Nintendo de ne pas avoir à ériger de mur invisible pour vous empêcher d’aller au-delà des environnements conçus pour le jeu. Si l’idée de fuir à la nage vous prend, inutile de vous imposer ici des requins qui feront une seule bouchée de vous comme dans Grand Theft Auto V.

D’ailleurs, parlant de GTA V, laissez-moi vous présenter un jeu dont le territoire, j’en suis convaincu, est plus vaste. Je l’ai dit, je le répète, et je vais certainement le répéter à nouveau : le territoire de Breath of the Wild est tout simplement gigantesque. Dans mes 40 heures de jeu, je ne suis toujours pas arrivé à bout de son exploration.

Ennuyeux? Aucunement! J’ai croisé sur mon chemin des ennemis, trésors, sanctuaires, relais et villages peuplés de personnages, dont certains étaient dignes de Twin Peaks – l’excentricité des personnages de David Lynch a d’ailleurs déjà été citée comme une autre source d’inspiration pour Nintendo dans cette série. Les cinéphiles croiseront également des éléments rappelant les films de Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Princesse Mononoké). Enfin, les adeptes de quêtes parallèles et de divertissements qui n’ont rien à voir avec votre mission seront également comblés.

Une expérience de jeu pleine de liberté

C’est bien beau un monde ouvert, mais à quoi ça rime dans le cadre de Breath of the Wild? Link peut s’équiper et se vêtir comme bon lui semble. Chaque adversaire vaincu laisse derrière lui son arme, parfois même un bouclier, des éléments qui pourront intégrer votre arsenal, mais qui finiront par briser à l’usage. L’espace de votre inventaire n’est pas sans limites, mais vous aurez progressivement l’occasion de l’agrandir en récoltant des noix de Korogu, de mignons personnages cachés partout sur le territoire d’Hyrule, qui pourront être inchangées pour ce faire.

Je vais prendre un cœur de plus, et un trio du chef.

Je vais prendre un cœur de plus, et un trio du chef.

Comme le veut la tradition, Link commence sa quête avec trois cœurs, la jauge représentant son énergie. Pour la prolonger, il faut accumuler des réceptacles, une récompense octroyée suite à votre victoire contre le gardien d’un donjon. Il vous sera aussi possible d’obtenir une telle faveur auprès de statues en échange de quatre emblèmes du triomphe, qui eux sont distribués en surmontant les épreuves des nombreux sanctuaires – plus d’une centaine dans le jeu – que vous rencontrerez sur votre route.

Ah ben! Un sanctuaire…

Ah ben! Un sanctuaire…

Le premier module à intégrer la tablette Sheikah, Polaris, est drôlement pratique pour certaines énigmes.

Le premier module à intégrer la tablette Sheikah, Polaris, est drôlement pratique pour certaines énigmes.

La tâche imposée ici varie d’un puzzle typique de la série, qui vous demandera de maîtriser l’un des modules de votre tablette Sheikah (en utilisant parfois les capteurs de mouvements des Joy-Con), à une confrontation avec un ennemi mécanique, vous permettant de découvrir de nouvelles techniques de combats. Voilà pourquoi je n’ai toujours pas terminé le jeu : je suis carrément obsédé à l’idée de découvrir tous ces sanctuaires.

Pourquoi? Parce qu’en activant l’un d’eux, on obtient un point de téléportation. Et puisque le territoire est (encore une fois) immense, l’idée de se téléporter à un village pour reprendre des forces avant de poursuivre son exploration au même endroit, sans avoir à refaire tout le chemin parcouru, est un incitatif hautement attirant. La tablette Sheikah vous viendra à nouveau en aide, munie de son détecteur de sanctuaire fonctionnant tel un sonar.

La paravoile, un autre outil drôlement pratique.

La paravoile, un autre outil drôlement pratique.

Des points de téléportation se retrouvent également au sommet des tours associées à l’une des 15 régions du royaume, et en les escaladant, vous serez récompensé par la carte géographique de la région en question. Une fois au sommet, vous pouvez planer dans la direction de votre choix à l’aide de votre paravoile, autre item précieux que vous obtiendrez heureusement à l’intérieur de la première heure de votre aventure.

Mais ces tours sont souvent bien cachées, et pour y accéder, les intempéries s’en mêleront. Par exemple, il vous sera impossible d’escalader une paroi rocheuse sous la pluie battante (Link glissera après un certain temps). Heureusement, les prévisions météorologiques des prochaines heures vous sont fournies par votre tablette Sheikah, tout comme la température ambiante, qui se doit de ne pas être ni trop chaude, ni trop froide, au risque de perdre un cœur d’énergie après un délai qui variera selon vos capacités. Votre accoutrement ici comptera pour beaucoup (des habits peuvent être magasinés dans certains villages), et vous pouvez toujours compenser votre perte d’énergie par les repas que vous aurez préparés au préalable.

Pour reprendre des forces lorsqu'il fait froid : mangez.

Pour reprendre des forces lorsqu’il fait froid : mangez.

Tiens, une combinaison plutôt gagnante en cuisine.

Tiens, une combinaison plutôt gagnante en cuisine.

Car Breath of the Wild met un terme à la collecte de cœurs. Cette fois, vous devez cuisiner le gibier que vous aurez chassé et les fruits et légumes que vous aurez recueillis lors de votre exploration. Diverses combinaisons donneront différents effets : un nombre de cœurs élevé avec certains aliments, des pouvoirs temporaires avec d’autres, incluant parfois l’augmentation temporaire de la jauge d’énergie (les cœurs jaunes) ou une résistance aux températures extrêmes. Ces effets peuvent aussi être le résultat de potions préparées par vous en mélangeant des entrailles, cornes, carcasses des ennemis qui auront tenté de vous barrer la route. Quoi qu’il en soit, ces préparations doivent se faire autour d’une marmite (ou plutôt un wok) située pour la plupart dans les relais et villages. Bien sûr, il vous est possible de manger ces aliments crus, mais le nombre de cœurs qu’ils vous procureront sera moindre.

Qu’entends-je? Des voix?

Il y a bel et bien des cinématiques, avec un doublage en français s’il vous plaît, dans Breath of the Wild. Elles ne surviennent qu’à des moments clés, et je dois admettre que les voix contribuent drôlement au plaisir d’en apprendre plus sur le scénario du jeu.

On peut rencontrer un personnage important d’abord muet, pour soudainement l’entendre nous parler pour la première fois dans le cadre d’une cinématique plus tard.

Un grave bémol cependant : Nintendo fait preuve de trop de parcimonie dans son offre. Ainsi, on peut rencontrer un personnage important dont les dialogues ne sont offerts que sous la forme de texte, pour soudainement l’entendre nous parler pour la première fois dans le cadre d’une cinématique ou d’un combat important qui se déclenchera plusieurs minutes plus tard. Cet irritant n’est pas la fin du monde, et je peux comprendre que la quantité de dialogues proposée ici aurait nécessité un nombre interminable de séances d’enregistrement pour les acteurs, et ce dans plusieurs langues. Il n’en demeure pas moins que le résultat paraît quelque peu maladroit.

En ce qui concerne la qualité du jeu des acteurs, outre Link qui est et restera manifestement toujours muet, elle tient la route. Rien d’extravagant pour ce que j’ai pu entendre jusqu’à présent, mais rien de terriblement agaçant non plus. Comme je l’ai mentionné précédemment, Nintendo nous offre ici des personnages tragiques dont l’humanité est parfaitement ressentie. J’ai aimé que l’on quitte légèrement cet univers fantastique d’une simplicité parfois déconcertante, dans lequel tout le monde est convaincu sans l’ombre d’un doute que le héros peut triompher à lui seul et sans problème les forces du mal. Tout n’est pas aussi simple ici.

Qu’en est-il de la musique? Elle est soumise également à une certaine parcimonie, mais grandement appréciée cette fois. On peut ainsi entendre l’ambiance offerte par les divers environnements que l’on explore, et la musique ne viendra que souligner les moments importants, voire donner des indices sur ce qui se retrouve à proximité. Lorsqu’elle est présente, la musique de Breath of the Wild est fidèle aux orchestrations grandioses des plus récents chapitres de The Legend of Zelda. Ce n’est pas une surprise : le contraire aurait été étonnant.

Des paysages magnifiques

Breath of the Wild est un jeu magnifique… pour du celshading. Soyons honnête, sans enlever la qualité artistique derrière l’œuvre, on ne peut pas prétendre que son esthétisme se compare à celle de Horizon : Zero Dawn, qui vient justement de paraître il y a quelques jours sur PlayStation 4, et en 4K (mais à 30 i/s) pour la PS4 Pro par-dessus le marché.

L'une des cinématiques que propose Breath of the Wild. Étrange silhouette, n'est-ce pas?

L’une des cinématiques que propose Breath of the Wild. Étrange silhouette, n’est-ce pas?

Mais ça ne change pas qu’il s’agit ici du plus beau Zelda jamais produit par Nintendo. L’étendue de son terrain de jeu compense largement pour l’absence d’un look réaliste comme ce que proposent les Naughty Dogs, Ubisoft, et 343 Industries de ce monde. On nous propose ici tout de même des effets visuels plus poussés (lumière, eau, brouillard) qui contribue significativement à réduire l’aspect artificiel de notre protagoniste et de son environnement.

D’un point de vue plus technique, j’ai été témoin de quelques baisses du taux de rafraîchissement sur la version Nintendo Switch, particulièrement lorsque mon point de vue a changé brutalement de direction pour pointer un paysage vaste présentant de nombreux adversaires agités. Ces rares moments, survenus alors que la Switch était insérée dans la station d’accueil, ne m’ont pas dérangé au point de décrocher de ma zone de confort cela dit.

Un chef d’œuvre

Malgré ces quelques défauts, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est ni plus ni moins qu’un chef d’œuvre. Si vous étiez inquiet de ne pas être suffisamment diverti pour votre argent en voyant Nintendo annoncer des contenus supplémentaires payants le mois dernier, laissez-moi vous dire que votre scepticisme est injustifié.

Ben oui, ben oui, ça doit être ça…

Ben oui, ben oui, ça doit être ça…

Mais voilà, cette critique s’appuie sur 40 heures de jeu – bien plus que ce que j’avais anticipé, et bien plus que ce que la moyenne des jeux modernes offre, mais je n’ai toujours pas terminé la quête principale. J’ose écrire qu’à moins d’un incroyable revirement de situation, tout indique que Breath of the Wild est de loin le meilleur de la série, déclassant ainsi Ocarina of Time.

Si vous possédez une Wii U ou que vous avez l’intention de vous procurer une Nintendo Switch, je vois difficilement comment vous pouvez ne pas succomber à son achat. J’ai moi même du mal à continuer de travailler comme si de rien n’était, sachant que Ganon, le fléau, menace toujours mon royaume d’Hyrule.


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